Hellboy II - Les légions d'or maudites : critique

Ilan Ferry | 21 août 2008 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Ilan Ferry | 21 août 2008 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Inutile de tergiverser, Hellboy 2 constitue certainement l’une des meilleures suites qu’il nous ait été données de voir depuis longtemps. S'il y a bien une leçon que Del Toro (et plus récemment Zach Snyder) nous a enseigné c’est que les œuvres réputées inadaptables ne donnent pas nécessairement lieu à des fours aussi bien artistiques que publics. 

Hellboy premier du nom en reste l’une des preuves les plus vivaces puisque témoignant, non seulement d’un respect immense pour l’œuvre d’origine, mais aussi et surtout d’une sensibilité propre à son auteur, en totale adéquation avec l’univers de Mike Mignola, comme si toute la filmographie de Del Toro avait jusqu’ici tendue vers cette inévitable et fructueuse rencontre.

Si Hellboy détonnait, c’était tout d’abord par son approche quasi intimiste et psychanalytique. Un parti-pris risqué puisque autant l’amour de Del Toro pour son héros transpirait au détour de chaque plan, autant la frustration était de mise du fait d’un nombre très limité de monstres et de combats, que l’on imaginait pourtant dantesques au vu de la formidable mythologie matricielle. Loin d’inverser la tendance, Hellboy 2 conjugue ces deux ingrédients en un tout harmonieux, palliant ainsi à la perfection les carences d’un premier opus trop introspectif. A la manière d’un Clive Barker light, Del Toro persiste  et signe (grand bien lui en fasse) dans sa peinture de monstres terriblement humains a contrario d’un monde encore trop étriqué pour les accepter. Toutefois si la dualité homme/monstre demeure ici un leitmotiv majeur, l’ampleur n’est plus la même : Del Toro ayant décidé de joindre les actes à la parole.

 

Photo Ron Perlman

 

Exit donc Raspoutine et sa clique de gros lézards méchamment vindicatifs et place au prince Nuada accompagné de sa horde de monstres en tous genres. Car oui, Hellboy 2  est généreux à tous les points de vue et ne cesse de le montrer durant près de deux heures diablement (c’est le cas de le dire) efficaces ! A commencer par un impressionnant bestiaire - prétexte à des scènes d’actions aussi lisibles que démesurées - et une direction artistique à tomber par terre par laquelle Del Toro nous invite à explorer toutes les facettes de cet étrange univers.

 

Photo Ron Perlman, Selma Blair, Doug Jones

 

Le réalisateur offre à son héros fétiche le même traitement qu’à Blade en exploitant le mythe à fond pour le placer un cran au-dessus. Un parallèle loin d’être arbitraire tant certaines similarités avec Blade 2 demeurent frappantes,  en particulier concernant le bad guy (interprété par le même acteur dans les deux films) : un prince parricide entretenant des relations ambigües avec sa sœur et dont le but avoué est d’exterminer la race humaine. Un aspect qui pourra contrarier les puristes, mais ce serait vite oublier ce que Blade 2 a été à la trilogie du célèbre chasseur de vampires.

 

Affiche officielle

Résumé

Un opus donc fortement orienté action, mais tout aussi poétique, comme en témoigne cette magnifique scène où Hellboy traine son spleen au son du Beautiful freak d’Eels. Inventif, beau, profond et sans temps morts, Hellboy 2 peut donc aisément partager avec The Dark Knight le titre de « meilleur film de super-héros de l’année 2008 ». Après une telle réussite, Del Toro nous promet un troisième opus qu'il nous tarde déjà de découvrir.

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