Les Chroniques de Spiderwick : critique

Julien Foussereau | 15 avril 2008 - MAJ : 24/01/2019 10:10
Julien Foussereau | 15 avril 2008 - MAJ : 24/01/2019 10:10

Avec le carton Harry Potter, un boulevard s'est ouvert pour les adaptations ciné de littérature fantastique enfantine. Dotée d'une fanbase non négligeable, la série Spiderwick ne pouvait que connaître les honneurs du grand écran. Ce potentiel économique n'aura pas échappé à Paramount. Bien que best-sellers, Les Chroniques de Spiderwick ne sont pas aussi cultes que la saga de J.K. Rowling. Ce détail a, semble-t-il échappé aux scénaristes. Et c'est là tout le problème : le profane peinera à dissimuler son ennui grandissant face à cette variation d'Amityville pour les kids.

 

 

Cela commence un peu comme E.T. : des enfants, perturbés par le divorce de leurs parents et la hausse scandaleuse de l'immobilier new yorkais, déboulent avec leur mère dans une sinistre bâtisse. Créer un pont entre le réalisme des incertitudes juvéniles et un monde alternatif (dans lequel ces troubles seraient dépassés) peut séduire. Encore faut-il que l'on nous donne envie d'y croire. Or, Freddie Highmore (dans un double rôle de jumeaux très yin et yang) et Mark Waters ne convainquent pas pleinement. Que ce soit dans l'écriture ou dans le visuel, chaque point positif est contrebalancé par un choix pas très heureux. 

Le cœur narratif de Spiderwick tient dans la découverte par Jared (le jumeau badass) d'un livre, véritable compilation des us et coutumes d'un monde invisible. Seulement, ce manuel est convoité par Mulgarath, chef d'une armée de gobelins, afin qu'il puisse faire le ménage chez les fées et, accessoirement, les gnards. Pourquoi ? Euh... Parce que ! Ce simple exemple (et il y en a d'autres) reflète ce qu'est réellement Spiderwick : un divertissement pas suffisamment bien verrouillé et réfléchi pour enthousiasmer, trop focalisé sur les détails et pas assez sur la vue d'ensemble.

 

 

D'ailleurs, la superbe photo de Caleb Deschanels et le repaire des fées mis à part, Spiderwick n'est pas habité par l'émerveillement avec ses créatures fantastiques moches, qu'elles soient hostiles ou alliées (Nickelodéon oblige ?) Pire, les scènes d'action inhabituellement violentes, tendues et terrifiantes (osons le mot) pour le public visé risqueraient bien d'effrayer les plus sensibles qui lui préféreront la saga Narnia.

 

 

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