Critique : Kagero

Flavien Bellevue | 30 mars 2008
Flavien Bellevue | 30 mars 2008

Avant dernier film de Hideo Gosha, Kagero a pour personnage central une femme surnommée « Orin le feu » qui est une joueuse itinérante. Elle se place dans la lignée des rôles féminins forts que le réalisateur met au premier plan depuis les années 1980. Plongé cette fois dans les années 1930, l'intrigue du film de Gosha se focalise sur un personnage féminin pour y sonder, comme toujours, le sens de l'honneur et comment cet aspect se heurte aux pulsions de l'individu au sein d'un groupe.

 

Avec le personnage d'Orin et son histoire d'amour presque impossible, le metteur en scène japonais dote son scénario d'une dimension romanesque rare dans sa filmographie. La gracieuse Kanako Higuchi promène sa lisse silhouette dans un monde violent, où la rivalité féminine pèse, et a également la lourde tâche d'affronter le regard fiévreux de Tatsuya Nakadai, qui campe ici un énigmatique joueur de cartes à la grande renommée. Toujours radieuse, l'actrice incarne le personnage d'Orin avec une volupté sans pareille, ce qui n'échappe pas à l'œil du réalisateur qui lui réservera le rôle principal de son dernier film Femme dans un enfer d'huile.  

 

Un film d'Hideo Gosha ne serait pas digne de son auteur si la forme n'était pas au rendez vous. Kagero ne déroge pas à la règle et offre des cadres, des mouvements de caméra et un montage (le flashback de l'enfance d'Orin et la rencontre entre Tsugune et Orin sont d'une sublime précision) remarquables, mais sans pour autant atteindre la démesure visuelle de Death Shadows. Les ambiances de couleurs font parfois appel aux couleurs pop des années 70, de même que les effets écarlates des combats de sabre. Ce dernier aspect ne fait pas pour autant tomber l'œuvre dans le vulgaire film de genre, mais ajoute à la vision colorée du film. La musique de Masaru Sato et les marquants seconds rôles sont les derniers éléments qui augmentent l'intensité du film. Celui-ci n'est pas le meilleur de son auteur, mais demeure hautement recommandable.

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