Chrysalis : critique

Laurent Pécha | 6 novembre 2007 - MAJ : 22/08/2018 15:53
Laurent Pécha | 6 novembre 2007 - MAJ : 22/08/2018 15:53

Ambitieux, Chrysalis l'est assurément ; abouti,c'est une autre histoire. Pourtant, malgré les nombreux défauts et maladresses - essentiellement dans une seconde partie bien trop vite expédiée - il surnage de ce film de SF, genre toujours autant rarement abordé dans notre cinéma hexagonal, une vraie ambiance, un vrai désir de créer un univers sous influence.

La liste de films référents ne désemplit jamais au cours du récit et l'on va ainsi d'un Blade runner - forcement on n'y échappe pas quand on s'attaque au sujet de la mémoire et de la quête identitaire - à un Minority report - à travers une police européenne high tech - en passant par un environnement froid et déshumanisé qui n'est pas sans rappeler un certain Bienvenue à Gattaca.

 

 

La force du débutant Julien Leclercq est d'avoir su s'en inspirer sans pour autant se contenter d'un simple collage façon best of qui aurait forcement été raté. En solide artisan, le cinéaste s'évertue à magnifier constamment son budget de 8 millions d'euros et parvient à rendre crédible et plus d'une fois fascinant - magnifique séquence de l'opération chirurgicale virtuelle - son futur pas si lointain (un saut d'une vingtaine d'années). Il soigne ses images, offre quelques plans techniquement étonnants (le long plan séquence de la course poursuite dans le hangar) et se montre généreux dans les combats (violents et solidement chorégraphiés).

 

 

Il a aussi l'excellent goût d'avoir choisi une brochette de comédiens qui parviennent à maximiser le peu de psychologie laissé par une intrigue mal exploitée. Du monolithe et très physique Dupontel au joli minois de Mélanie Thierry en passant par la surprenante Estelle Lefebure à qui le mystère sied joliment bien, tous tentent d'apporter un supplément d'âme salvateur. Si le final n'est vraiment pas à la hauteur des jolies ambitions artistiques du début, nous laissant un sentiment mitigé, on gardera le souvenir d'une œuvre formaliste peu commune dans notre production française. C'est déjà beaucoup !     

 

Résumé

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