Inside man - L'Homme de l'intérieur : critique infiltrée

Mise à jour : 13/01/2019 16:25 - Créé : 6 janvier 2018 - Ilan Ferry

Cela a la couleur et la saveur du film de braquage et pourtant Inside man - L'Homme de l'intérieur, dernier bijou de Spike Lee, n'a pas fini de vous surprendre. Quand le réalisateur de Jungle fever s'essaye au polar pur, le résultat forcément hors normes, est une invitation à scruter au-delà des apparences. Ouvrez l'œoeil et le bon car sous ses dehors d'exercice de style, Inside man - L'Homme de l'intérieur nous offre une belle leçon de cinoche.

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BRAQUAGE MAIS PAS QUE

Porté par un casting quatre étoiles, Spike Lee dévoile peu à peu des enjeux qui dépassent sa simple fonction de film de braquage. Un constat qui ne l'empêche cependant pas de témoigner d'un profond respect pour le genre et en particulier Un après midi de chien dont il reprend partiellement la trame principale. C'est ainsi que le film s'axe essentiellement sur les personnages, transformant ainsi progressivement l'affrontement entre l'incontournable Denzel Washington et le toujours très charismatique Clive Owen en une dangereuse partie d'échecs à laquelle vient s'adjoindre une Jodie Foster géniale d'ambiguïté.

 

photoDenzel Washington et Chiwetel Ejiofor

 

Fermement décidé à ne rien faire comme tout le monde, Spike Lee déstructure son récit avec l'enthousiasme d'un enfant devant un jeu de Lego, accordant ainsi autant d'importance aux différents tenants et aboutissants du braquage qu'à sa lente mais sûre mise en place dans l'action. Le pendant et l'après sont ainsi judicieusement mis en parallèle par le jeu du montage et des lumières et la tension monte crescendo jusqu'à culminer dans de fulgurantes scènes clés. Le scénario aussi malin que prenant, nous mène habilement par le bout du nez et invite le spectateur à identifier les multiples rouages d'une machine parfaitement huilée.

 

photoClive Owen

 

INSIDE NEW-YORK

Spike Lee a toujours fait preuve d'un vif intérêt pour les minorités et a trouvé en New York, ville multi ethnique par excellence, le point de convergence idéal de toutes ses obsessions. À travers ses personnages secondaires, Inside man - L'Homme de l'intérieur dissèque les peurs d'une ville encore hantée par les fantômes du 11 septembre, insufflant ainsi au récit une étonnante dimension sociale. Si le cinéaste a su montrer les dents à travers une filmographie composée d'œuvres aussi virulentes que visuellement travaillées (du choral Do the right Thing au crépusculaire La 25ème heure) force est de constater qu'il surgit cette fois là où l'on attendait le moins.

 

photoUn gang bien Kool

 

En effet, demander à Spike Lee de signer une œoeuvre de commande sans y mettre son grain de sel relève de la gageure, et c'est pourquoi le réalisateur, à défaut de réellement s'assagir, décide d'assimiler les règles du genre pour mieux les intégrer à un propos plus implicite qu'à l'accoutumé. Si le résultat privilégie l'intrigue policière par rapport à un discours politique sous-jacent, ce dernier n'en demeure pas moins bien présent et exprimé avec plus (l'interrogatoire du vigil pakistanais) ou moins (la critique un peu grossière du jeu vidéo comme vecteur de violence) de pertinence.

 

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Résumé

ŒOeuvre complexe et protéiforme, Inside man déconcerte de par son utilisation particulière du genre autant qu'il interpelle tout en confirmant la position de son auteur comme témoin capital de son époque. Au final, Spike Lee réalise un polar cérébral comme on en voit peu, alliant parfaitement fond et forme, pour se fondre en un divertissement d'excellente facture doublé d'une brillante réflexion sur la notion de pouvoir. Il ne faut jamais juger un livre à sa couverture, un adage qui sied parfaitement au film.

commentaires

Blason 07/01/2019 à 11:54

pour des toilettes.

fleur 07/01/2019 à 10:41

pourquoi ils ont creuses untrou ?,

fleur 07/01/2019 à 10:39

,j ai pas compris ,pourquoi,ils ont creusés un trou,?

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