Los Angeles 2013 : critique

Sébastien de Sainte Croix | 13 août 2004 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Sébastien de Sainte Croix | 13 août 2004 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Carpenter joue là sa dernière grosse cartouche auprès des grands studios. Le temps a fait son œuvre : New York 1997, par le biais de la vidéo, est devenu un film culte et Snake Plissken, son héros, un personnage de légende. Depuis 1981, Kurt Russell a acquis ses galons de star hollywoodienne alors que Carpenter a connu une carrière en dents de scie (économiquement parlant). Sa dernière expérience avec un grand studio s'étant avérée douloureuse (Les Mémoires d'un homme invisible, pour la Warner), il met des conditions à la mise en chantier de la suite du seul véritable blockbuster de sa carrière (avec Halloween).

 

photo

 

La suite tant attendue de New York 1997 va enfin pouvoir voir le jour. Carpenter écrit le scénario avec Debra Hill et Kurt Russell – à qui l'on doit notamment tout le dernier tiers du film, le plus caustique politiquement –, et s'entoure de fidèles parmi les fidèles afin de s'attaquer à un tournage marathon qui le laissera exsangue, alimentant les rumeurs quant à son état de santé. Tournage de nuit à rallonge, postproduction chaotique : Paramount décide d'avancer la sortie du film pour contrer la sortie de Independance day par la Fox. Le film sortira inachevé, voire bâclé, selon les dires de Carpenter – on parlera longtemps d'une version longue exploitée en vidéo –, dans l'indifférence la plus totale.

 

photo, Valeria Golino, Kurt Russell

 

Ce qui ne semble guère étonnant au vu du résultat : Snake Plissken est aussi fatigué et désabusé que Carpenter, et déambule dans un Los Angeles / prison en ruines – seul îlot de libre pensée face au pouvoir totalitaire exercé par le président élu à vie –, reproduisant à l'image près les gestes qu'il avait accompli quinze ans auparavant, tout en ayant une conscience aigue de n'être qu'un pion au sein d'une suite. « On te croyait plus grand », n'ont de cesse de lui répeter les différents personnages qu'il croise et qui ont, semble-t-il , tous vu le premier épisode à la télé. Même Cuervo Jones n'est qu'une pâle imitation médiatique du Che Guevarra. En lieu et place du combat de catch destroy du premier, on trouve une variation quasi pathétique sur un terrain de basket où Plissken joue sa vie à coups de paniers à trois points (le cinéaste étant un grand de ce sport). John Carpenter fait intervenir dans des apparitions stupéfiantes des vieilles gloires d'antan : Peter Fonda en surfer barré, Bruce Campbell en chirurgien zèlé, Pam Grier en transsexuel ancien associé(e) de Snake.

 

photo, Kurt Russell

 

« Plus les choses changent, plus elles restent les mêmes », dira Plissken avant de renvoyer les États Unis rejoindre le tiers-monde, dans une dernière séquence hallucinante de violence où Carpenter tire sa révérence. Scorsese avait déclaré avoir tout dit avec La Dernière Tentation du Christ, le reste n'étant que du rabe. On aurait tendance à penser la même chose de Carpenter au vu de ce film terriblement désabusé. La lumière s'arrête, le film aussi, se concluant par un regard camera de Snake Plissken au spectateur : « Bienvenue à la race humaine. » Il ne reste plus qu'à laisser la place aux autres.

 

Affiche fr

Résumé

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(2.1)

Votre note ?

commentaires
Neji
19/01/2021 à 01:34

après visionnage je me suis effondré descente d'organe.
Mon idole du badass fuck

Gally
28/07/2020 à 15:25

LoL

votre commentaire