Braquage à l'italienne : critique sur les roues

Laurent Pécha | 16 avril 2015
Laurent Pécha | 16 avril 2015

Du réalisateur du Négociateur mais surtout d'Un homme à part et Le prix à payer (soit un film correcte sans plus et deux daubes), on n'attendait pas forcement grand chose si ce n'est un énième remake fade et formaté démontrant le manque total d'idée neuve en provenance d'Hollywood. Pourtant, si Braquage à l'italienne fait effectivement dans le divertissement sans surprise, les rebondissements et autres séquences de comédie ou d'action n'en demeurent pas moins extrêmement plaisants à regarder.

S'appuyant sur un scénario méticuleusement écrit, même si on le répète on n'y trouve aucune trace d'originalité, F Gary Gray se contente de mettre en boîte le plus efficacement et sobrement possible les incontournables séquences clés d'un film de casse. Cela commence ainsi par une première scène à Venise fort bien emballée où l'on découvre les membres du gang en pleine action (l'incontournable poursuite en hors bord dans les canaux de la cité lacustre n'arrivant toutefois pas au quart de l'impact de la référence dans le genre, à savoir Amsterdamned de Dick Maas). Puis on continue le dépaysement avec un déplacement de l'action vers Los Angeles (rappelons que le casse du film original ne déroulait lui que dans les rues de Turin) où l'équipe devra venger la mort d'un des leurs en récupérant l'or qu'on leur a dérobé. C'est à partir de cet instant que Braquage à l'italienne renoue un peu avec l'intrigue du film original, L'Or se barre puisqu'on y retrouve l'idée brillante d'utiliser des mini cooper pour pouvoir se mouvoir plus facilement et rapidement dans une ville où les bouchons sont légions.

 


Pour le reste, le film de Gray marche bien plus sur les traces de la réussite commerciale et médiatique que fut Ocean's Eleven : même casting estampillé stars, à un degré moindre toutefois. En termes de notoriété, George Clooney en impose à Mark Walhberg tout comme le font Julia Roberts à Charlize Theron et plus encore Brad Pitt à Jason Statham. Seul Edward Norton gagne son duel face à Andy Garcia. Même volonté de nous décortiquer les prémices du casse, même humour décontracté. Sauf que là où un Ocean's Eleven avait pu se montrer frustrant pour ne pas avoir su utiliser au mieux sa pléiade de stars, Braquage à l'italienne parvient à ne laisser aucun personnage de côté, leur offrant au moins une scène, une intrigue pour briller.

 

 

Dommage par contre que tous les comédiens n'en profitent pas de la même façon : Walhberg dans le rôle initialement tenu par Michael Caine est particulièrement insipide, Charlize Theron est en revanche parfaite et n'a peut être jamais été aussi désirable, Jason Statham en dragueur de service certain de son sex-appeal compose un second couteau charismatique, tandis que Edward Norton, forçé par le studio à jouer dans ce film, assure le minimum syndical. Autre motif de déception : certaines séquences auraient mérité un meilleur sort. Ainsi, le casse où les mini devaient pénétrer dans la maison et foncer dans les couloirs est annulé au dernier moment. Quant à la poursuite finale où les même minis deviennent les seules vedettes, elle s'avère bien trop courte et empêche le film de finir sur un note plus positive.

 

Résumé

Faux remake de L'Or se barre (ce que l'on perd en humour et dérision, on le gagne en rythme et rebondissements), Braquage à l'italienne parvient malgré les faiblesses et maladresses précitées, sans trop de mal à rendre une copie largement positive. Bref, il y a largement de quoi se distraire durant deux heures et avec les films des gros studios US, c'est déjà beaucoup par les temps qui courent.

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commentaires
Pulsion73
17/04/2018 à 08:25

Les mini cooper avaient la classe. Une bonne b.o également.

ronron
17/04/2018 à 00:47

Mieux qu'un lexomil

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