Charlize Theron (Braquage à l'italienne)

Didier Verdurand | 27 juillet 2004
Didier Verdurand | 27 juillet 2004

Difficile de ne pas marcher sur sa langue quand vous vous retrouvez face à un canon d'un autre monde tel que Charlize Theron. Mais rapidement, des souvenirs d'excellentes performances dans certains films comme The Yards, Celebrity ou La légende de Bagger Vance reviennent à l'esprit, et cela force le respect. Dans Braquage à l'italienne, elle est la seule femme, et tient tête à toute une bande de mâles qui se battent pour lui voler la vedette. En vain.

N'est-il pas délicat de s'affirmer face à des acteurs comme Mark Wahlberg, Edward Norton, Seth Green et Jason Statham ?
Non, je n'étais pas considérée comme une poupée mais comme leur égal. Ils n'ont rien de macho, se sont tous montrés très respectueux, et c'était réciproque !

Et avec d'autres actrices à Hollywood, y a-t-il une rude compétition entre vous ? Je pense entre autres à Cameron Diaz, avec qui on peut vous comparer…
Il y a en effet une compétition, je ne vais pas le nier. Mais j'ai eu la chance jusqu'à présent de faire ce que je voulais. Je pense que le plus dur est de rentrer dans cette compétition, mais après, il y a du boulot pour chacune d'entre nous. Je suis à la limite plus compétitive dans d'autres domaines, comme par exemple les jeux de société ! Ne jouez jamais au Risk avec moi !


Vous avez vu L'or se barre dont s'inspire Braquage à l'italienne ?
Oui, parce que j'adore Michael Caine, mais vous remarquerez qu'il n'y a que très peu de rapports entre les deux films. Ce n'est pas à proprement parler un remake.

Les retrouvailles avec Mark Wahlberg ?
A vrai dire, c'est l'une des raisons les plus importantes qui m'ont fait accepter d'être de la partie. Nous sommes amis depuis The Yards, et il m'a téléphoné pour me parler du projet. Il était enthousiaste car il me voyait vraiment dans le rôle, c'était très différent de ce que nous avions fait ensemble, et il pensait qu'on allait bien s'amuser !

Vous avez suivi un entrainement spécial pour conduire les Minis ?
Oui, et nous avons fait quelques cascades. Comme notre but était de nous amuser, nous avons été dans une école de conduite pour pouvoir conduire le plus possible. J'ai toujours adoré conduire. Mais dans la réalité, ma voiture est moins sexy qu'une Mini, parce que j'ai plusieurs chiens, donc je possède un truck.

Le fait d'avoir été mannequin vous a-t-il aidé à jouer la comédie ?
Honnêtement, non ! Ce métier m'a aidé à gagner mon indépendance, ce n'est pas donné à tout le monde de gagner sa vie à 16 ans, mais je n'étais pas non plus passionnée ! Aujourd'hui, le métier d'actrice me ravit, mais je me dirige aussi vers la production. C'est un nouveau challenge où il n'est pas facile d'être prise au sérieux, et je ne veux pas être comme d'autres actrices que je ne citerai pas qui créent une maison de production juste pour la frime !


On vous prend au sérieux comme comédienne ?
Cela fait 10 ans que je suis dans ce milieu, donc je suppose que oui ! La longévité n'est pas si fréquente dans notre métier.

Quelles actrices vous inspirent ?
Susan Sarandon, Glenn Close, Jessica Lange sont depuis toujours des modèles pour moi. Je trouve aussi que Julianne Moore a un talent fou, sans oublier Nicole Kidman… Parmi les disparues je citerais Bette Davis et Marlene Dietrich…Mais je ne veux pas me mesurer à elles, chacune est bonne individuellement dans des rôles particuliers.

Braquage à l'italienne est le plus gros succès de votre carrière. Vous pensez que c'est une étape que vous êtes en train de franchir ?
Je ne sais pas combien les films auxquels j'ai participé ont rapporté. Je ne veux pas rentrer dans ce jeu-là. Bien sûr, je sais que Braquage à l'italienne a rapporté beaucoup d'argent, le studio me le fait souvent savoir d'ailleurs ! Ce qui m'importe le plus, c'est que mes films ne perdent pas d'argent ! (Rire.) Mais je ne crois pas qu'une étape soit franchie. Avant même que le film ne sorte, je me suis embarqué dans trois autres projets qui sont probablement ceux qui me tiennent le plus à cœur dans ma carrière, je m'y suis totalement impliquée et cela n'a rien à voir avec l'argent rapporté par Braquage à l'italienne. On ne peut jamais savoir quand ce genre de films vous tombent dessus !


Parmi ces films, il y a Monster, qui vous a offert une pluie de louanges au Festival de Toronto ! Et au passage, votre image en prend un coup.
Je recherchais un personnage différent de ce que j'avais pu faire précédemment. Je suis tombé sur un scénario qui m'a interpellée par son aspect dramatique. C'est une histoire vraie d'une prostituée rescapée d'un serial killer. Elle a eu une vie très dure, elle est tombée enceinte à 13 ans, et a plongé dans la prostitution sur l'autoroute pour survivre. Ces femmes sont la première cible des tueurs en série. Je n'ai pas voulu embellir la vérité, je savais dès le départ qu'il fallait que je m'investisse complètement sans concessions.

Vous avez gardé une relation très forte avec votre pays d'origine, l'Afrique du Sud, et vous militez contre les viols là-bas ?
J'ai appris il y a 7 ans que l'Afrique du Sud est le pays qui a les pires statistiques pour les viols. Le pire, c'est que ces enfants et ces femmes sont violés par des séropositifs, c'est abominable. Depuis, je fais en sorte d'aider tant que je peux une association qui se bat pour la prévention de ce terrible danger. J'ai fait une publicité récemment, avec d'autres célébrités d'Afrique du Sud, surtout des sportifs. Et nous continuerons, car c'est une sorte d'éducation que nous voulons mettre en place, et cela prend du temps.

Vous parlez fréquemment africain. Cela ne vous tenterait pas de jouer dans cette langue ?
Si, bien sûr ! J'ai déjà fait une apparition où je parlais cette langue, c'était dans 15 minutes. Le réalisateur, John Herzfeld, qui était le premier à m'avoir offert ma chance dans 2 jours dans la vallée, était fasciné que je parle africain, et m'avait juré qu'il m'écrirait un jour un rôle où je pourrais m'y employer !


Vous sentez-vous à l'aise à Hollywood ?
Oui ! Les gens pensent que tous les tarés vont s'installer à Hollywood, mais la vérité, c'est que c'est un endroit où l'on peut avoir une véritable vie privée ! Je vis dans les hauteurs, et suis tranquille ! Cela n'a rien à voir avec New York par exemple, c'est immense, et j'ai le sentiment d'être libre, je ne me sens pas oppressée.

Et par rapport au cinéma indépendant, et aux gros budgets ?
Je m'adapte aussi à ces deux facettes d'Hollywood ! Il est agréable de travailler sur un gros budget, quand vous savez que le réalisateur obtiendra ce qu'il recherche, parce qu'il a les moyens pour. Au contraire, sur un indépendant, il règne une certaine excitation du fait que vous devez vous démener avec les moyens du bord.

Propos recueillis par Didier Verdurand en septembre 2003.

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