Sahara : critique Indiana Bof

Stéphane Argentin | 30 mai 2005 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Stéphane Argentin | 30 mai 2005 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Prenez Indiana Jones, ôtez-lui son chapeau et son fouet, laissez-lui son sidekick (Steve Zahn) et sa compagne de voyage (Penélope Cruz), belle de formes et d'esprit, transposez le tout à notre époque (exit les nazis à la recherche d'artefacts bibliques) et vous obtenez Dirk Pitt alias Matthew McConaughey. Si la formule est connue et éprouvée, les aventuriers de Sahara ont néanmoins tendance à se perdre en chemin, contrairement au célèbre archéologue interprété par Harrison Ford.

Sur le fond, la croisade en elle-même n'a rien de vraiment défectueuse puisque le récit, simple prétexte à une succession de périples mêlant action et humour (il y a pourtant quatre personnes créditées au scénario !), nous conduit à un final sans surprise où le héros empoche la belle et le magot. La traversée du désert est plutôt à chercher du côté de la mise en scène, confuse et paresseuse. L'exemple le plus flagrant survient d'ailleurs dès la première grosse scène d'action : une poursuite en hors-bord que l'on jugerait filmée par la huitième équipe de tournage d'un James Bond (dixit Laurent Pécha). En gros : filmer un maximum de tirs et d'explosions avec un maximum de caméras histoire de couvrir un maximum d'angles, agiter le tout au montage et espérer que le cocktail soit au goût du spectateur à l'arrivée.

 

photo, Matthew McConaughey

 

La volonté de privilégier les cascades aux effets numériques est certes fort louable, mais il n'en demeure pas moins vrai qu'avec une telle façon de procéder, les différentes scènes d'action sont, au mieux divertissantes, mais certainement pas palpitantes. La réalisation a beau avoir été confiée à Breck Eisner, à qui l'on doit un épisode de Disparition (Taken en VO), série produite par Steven Spielberg, n'est pas Spielberg qui veut. Dans de telles conditions, autant dire que les 125 minutes du film sont par endroits aussi étouffantes que les chaleurs du désert.

Au milieu de cette mollesse technique, les interprètes font ce qu'ils peuvent pour tenter de dynamiser le spectacle, y parvenant notamment grâce aux innombrables punchlines humoristiques qui parsèment le film et à l'alchimie unissant le trio Matthew McConaughey – Penélope Cruz – Steve Zahn. Dans un registre plus solitaire, le toujours excellent William H. Macy, venu là sans doute histoire de collecter quelques revenus substantiels entre deux productions indépendantes, joue le parfait contrepoids de ce trio par téléphone interposé. Enfin, impossible de passer sous silence la performance (comique) de Lambert Wilson, désormais abonné aux rôles hollywoodiens du frenchy de service à l'accent outrancier (Matrix Reloaded, Prisonniers du temps) et qui, une fois encore, donne tout ce qu'il a pour nous convaincre dans son rôle de bad guy.

 

photo, Matthew McConaughey, Penelope Cruz, Steve Zahn

 

Sahara reste donc un divertissement estival regardable mais pas forcément recommandable. Et si la volonté de renouer avec les bons vieux serials des années 30-40 semble à nouveau d'actualité, avec plus (Capitaine Sky et le monde de demain) ou moins (Benjamin Gates et le trésor des Templiers) de réussite, il conviendra sans doute d'attendre le retour du célèbre archéologue au fouet et au chapeau mou (prévu sur les écrans pour l'été 2007 aux dernières nouvelles) pour renouer avec un spectacle digne de ce nom. En espérant que lui aussi n'aura pas pris un méchant coup de vieux….

 

Affiche officielle

 

Résumé

Un divertissement estival regardable... mais pas forcément recommandable.

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