American Nightmare 5 : Sans limites - critique on purge pépé

Simon Riaux | 4 août 2021
Simon Riaux | 4 août 2021

En Amérique, on ne se refait pas, et pour les amateurs de purge, il est grand temps d'étendre le jeu de massacre institutionnel au-delà de la rituelle nuit qui ensanglante le pays. Sécessionnistes de tous poils décident donc de purifier politiquement et ethniquement leur nation. Toujours scénarisée par son producteur et créateur James DeMonaco, la licence a-t-elle encore assez de munitions pour faire parler la poudre avec American Nightmare 5 : Sans limites ?

MARDI GRAS POUR TOUJOURS

Chez Blumhouse, on ne laisse jamais un bon filon tout seul dans son coin. Saga imaginée, écrite, réalisée et produite à l’économie depuis ses origines, American Nightmare est la tentative rémunératrice de faire se rencontrer série B bourrine et brûlot politique à l’ancienne. Une logique pas fondamentalement déconnante, a fortiori dans un pays où les massacres à l’arme de guerre sont devenus quasi-quotidiens, mais qui passé un troisième épisode sympathiquement radical, a commencé à tourner à vide. 

Cherchant de nouveaux psychopathes amateurs de grosses pétoires, après avoir imaginé le fourvoiement puis l’explosion en vol d’un Parti républicain devenu symboliquement cannibale, la licence s’est logiquement intéressée à recycler les derniers avatars du Trumpisme. En effet, cette description d’une Purge que ses participants refusent d’interrompre pour entamer une guerre civile raciste décrit ses assaillants factieux comme une excroissance des manifestants qui envahirent le Capitole à Washington, quelques jours avant l’investiture de Joe Biden. L'idée n'est pas sur le papier plus bête qu'une autre, et a l'avantage de prolonger le côté pamphlet de sales gosses qui a toujours porté la série.

 

PhotoC'est de la balle ce masque

 

Malheureusement, ce concept voisin des précédents ne va pas sans un siphonnage des codes de la saga. Les grands méchants n'étant plus ni les politiciens fétichistes, ni de grands malades adeptes de la récup, du carnaval et des clips de Marilyn Manson, un des rares éléments distinctifs de sa "mythologie" se fait rapidement la malle.

En effet, hormis une paire de pièges ou d'embuscades lors de la première demi-heure, on ne croisera plus les costumes typiques de American Nightmare, ces petites incartades clipesques, ô combien superficielles, mais néanmoins consubstantielles de l'identité générale de la chose. Or, quand on retire à cette interminable fusillade ses modestes atours... elle a les douilles molles.

 

photoEverything is darker in Texas

 

PLAN PLAN DOUM DOUM

Privé d'un semblant de direction artistique, le malheureux Everardo Gout fait ce qu'il peut, c'est à dire à peu près rien. On suit ainsi l'action, via une caméra flottante jamais inspirée, baignant dans une photographie tantôt tristement terne, tantôt artificiellement surexposée.

On voudrait nous faire croire à une traque impitoyable au coeur d'un Texas retournant à la barbarie, mais il faudra plisser sévèrement ses paupières pour ne pas plutôt voir là un barbecue noyé dans le fioul entre deux pelés et trois tondus. Car si la fournée annuelle d'American Nightmare s'intitule cette fois Sans limites, elle est surtout sans budget.

 

photoCoco lapin a un peu forcé

 

La mise en scène tente bien, ici et là, de masquer son manque de figurants, surenchérir de gros plans, jouer avec la focale pour préserver la plus grande partie du cadre dans un flou "artistique"... l'inspiration manque au moins autant que les biffetons. La pilule est d'autant plus amère que quand le récit se veut plus symbolique et politique, il traîne la patte, ou sombre dans le Z.

Qu'il s'agisse de l'alliance rédemptrice d'un rancher et d'un immigré mexicain sur fond d'attaque au lasso, ou de l'idée d'inverser les rapports Mexique/USA (comme le faisait déjà Le Jour d'après il y a... 20 ans), tout manque de coeur, de hargne, et d'invention.

 

Affiche française

Résumé

Trop éloigné de ses racines, politiquement grossier et réalisé sans passion, ce nouveau chapitre ennuie poliment.

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Lecteurs

(2.8)

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commentaires
Sure, Not
14/08/2021 à 11:19

Le film ne serait pas si décrié si cela avait été le numéro 2... mais en arriver là et ne rien proposer de nouveau est très décevant... Reste une histoire de vengeance correctement réalisée.

Virage
08/08/2021 à 22:56

Ça commence comme un mauvais épisode de Walker Texas Rangers et ça finit par une pathétique relecture du genre zombiesque…
Rien à sauver dans ce nanard filmé et joué avec les pieds. Même l’idée originale de renverser la situation migratoire entre les USA et le Mexique est simplement copiée du livre World War Z.
Bref, le genre de film qui nous ferait regretter la réouverture des salles de cinéma…

Pat Rick
08/08/2021 à 22:28

Malgré un début plutôt correct, c'est un effet un film décevant. Le plus faible de la saga.

Toupa
07/08/2021 à 15:24

Olala le vilain raccourci vers les trumpiste qui ont assiégés le capitol. Vous savez, il a été prouvé et démontré que c'était une incursion des black lives matter et non des pro Trump. Info que l'on trouve sur les chaînes us ou anglaise, non française évidemment. L'afp n'a pas communiqué la dessus. A bon entendeur

Lilas
05/08/2021 à 18:25

Ce film est une passion pour moi, mais après l'avoir vu je suis un peu dessus... Dommage. Mais sinon niveau note je mettrais bien 3.5/5

C'est la purge finaaale
05/08/2021 à 18:09

Rater un épisode? Jamais de la vie! et vivement le prochain!

Lou_lou
05/08/2021 à 09:13

Digne d’un téléfilm bas de gamme, sans surprise ni même réellement intéressant, ce 5e opus est une énorme purge.

Beerus
05/08/2021 à 00:11

J'en sors et je trouve le film excellent. Votre critique est complètement à côté de la plaque.

Den the gun
04/08/2021 à 17:55

A part le deux et la classe de Frank Grillo, bof.

Flash
04/08/2021 à 17:46

La bande annonce m’avait laissé espérer une bonne petite péloche agressive et décérébrée.
Dommage.

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