Sentinelle : critique qui met le Olga sur Netflix

Simon Riaux | 5 mars 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 5 mars 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58

De Chrysalis à L'Assaut, de Braqueurs en passant par LukasJulien Leclercq est un des rares réalisateurs français à œuvrer spécifiquement dans le cinéma de genre, et plus spécifiquement dans les eaux peu fréquentées du polar et de l’action. Quelques mois après La Terre et le Sang, voici venir Sentinelle, son second long-métrage produit pour Netflix, où Olga Kurylenko entreprend de venger sa petite sœur, violée et laissée pour morte par un oligarque russe. 

SUPER OLGA 

James Bond Girl vengeresse, femme solaire dans À la merveille de Terrence Malick, Olga Kurylenko s’est illustrée ces dernières années en passagère de séries B plutôt économes de son talent. Mais s’il y a bien une qualité évidente dans Sentinelle, c’est le désir du film d’embrasser totalement l’aura de son actrice principale. La caméra scrute perpétuellement le visage gracile, mais saturé de tension de la comédienne, comme pour prendre le pouls de son bouillonnement intérieur. 

 

photo, Olga KurylenkoUne méthode d'aiguisage traditionnel

 

Toujours en quête de son regard, cherchant sans cesse à incarner son trouble ou sa rage, la mise en scène reste rivée à elle, et le fait bien. Il faut dire que Kurylenko a rapidement des airs d’effet spécial à elle seule, tant sa présence mutique, presque minérale, sied à ce récit de vengeance. Physiquement investie, aussi crédible quand l’émotion la submerge progressivement que quand elle laisse exploser une violence sèche, l’actrice est la clef de voûte du récit et lui permet de tenir bon jusqu’à sa conclusion. 

Son interprétation sobre d’une militaire au bord de la crise de nerfs, initialement marquée par un carnage en Syrie, et anesthésiée par un traitement complété de quelques sympathiques stupéfiants s’accorde également avec certains tics du réalisateur. On sait Leclercq amateur d’une photo désaturée et d’une caméra portée assez libre, et cette équation correspond très bien aux déchaînements du film, mais surtout à l’aura de l’actrice, toute en électricité contenue. 

 

photo, Olga KurylenkoNice, c'est nice

 

SHOOT TO THRILL 

Malheureusement, pour une comédienne magnétique, le spectateur devra tenir bon face à une armada de seconds rôles découpés à la tronçonneuse dans un bloc de saindoux. De l’oligarque libidineux à une tripotée de militaires aussi redoutables qu’un teckel souffrant de coliques néphrétiques, tous font pâle figure et entament l’intérêt du récit. Pas assez hauts en couleur pour nous porter sur les rives de la bourrinerie qui tâche, ils confèrent à l’ensemble une fadeur regrettable. 

 

photo, Olga KurylenkoLa mariée était en rouge

 

Et si on ignore dans quelle mesure la crise sanitaire a impacté la fabrication du film au-delà de sa post-production, plusieurs séquences paraissent étrangement heurtées, ou articulées en dépit du bon sens, tel l’épilogue du film, qui arrive comme un moignon sur la soupe. À plusieurs reprises, Julien Leclercq et son scénariste Matthieu Serveau donnent le sentiment de s’emmêler les pinceaux, quitte à rendre incompréhensible une situation aussi simple que l’introduction d’une infirmière louche, amoindrissant la sympathique confrontation qui s’ensuit. 

Un constat d’autant plus regrettable qu’avec son intrigue simple, son scénario fonctionnel, une Olga Kurylenko impeccable en casseuse de bouches et un rythme soutenu (75 minutes, hors générique), tout était réuni pour nous occasionner une solide fracture de la rétine, plutôt qu’un bâillement bienveillant.

Sentinelle est disponible sur Netflix depuis le 5 mars 2021 en France

 

photo, Olga Kurylenko

Résumé

Grâce à l'investissement d'Olga Kurylenko et à un tempo resserré, Sentinelle divertit, à défaut de masquer les failles de sa narration et de son montage.

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commentaires
Jamel Binouze
24/03/2021 à 20:11

Oligarqurylenko.

Chingui788
23/03/2021 à 02:49

Un navet incroyable, quel insulte a tout les anciens combattants, un béret c'est pas fait pour avoir des corde de ninja qui pendouille... c'est l'élément de base de la tenue militaire... quand je vois ce genre de conneries avec des berets sortie du QM avec des formes horribles.... non mais franchement

Papounet
11/03/2021 à 22:32

Un navet. Vigipirate ou sentinelle ce n'est pas ça, pas d'adjudant ni de lieutenant dans les patrouilles, on ne quitte jamais SZ section pour aller visiter des demeures, et surtout, jamais de doigt sur la détente, les armes sont plombées, les chargeurs dans un étui plombe, on ne fait pas ses coups de sécurité devant l'armurerie et si on rentre de mission avec des problèmes psy, on ne reprend pas le service, bref truffé d'erreur, j'ai arrêté avant la fin, seules les 10 premières minutes étaient valables.

Kateryna
09/03/2021 à 22:38

Une actrisse d'origine qui parle russe dans ce film. Quelle honte!!!!!

PierreG84
09/03/2021 à 22:22

Un navet comme rarement vu ! Mal filmé, scénario sans queue ni tête, acteurs largués, j'ai tenu jusqu'au bout juste pour voir jusqu'où pouvait aller la médiocrité... Comment peut-on trouver des budgets pour faire de tels désastres ?

Richie
09/03/2021 à 11:34

Incohérent, peu crédible, soporifique, un film de classe Z, même pas bon à louer en vidéo club.
L'actrice nous a habitué à de bien meilleurs rôles.
Dans l' évidence le réalisateur ne connaît ni l' armée et encore moins la mission " Sentinelle "
A fuir !!

Omegaton
09/03/2021 à 10:03

Vu et finalement une fois le film finit bah je me suis dis boff, encore un truc de netflix pas mieux qu un autre comme 90% du catalogue mad in netflix comme les exclus deja vu 106 fois ailleurs quils achètent que tlm se fiche car c deja vu et revu.

SimaoDoBrasil
08/03/2021 à 09:05

Dommage...
J'ai de la peine pour Olga Kurylenko car je trouve que c'est une actrice complètement sous-exploitée. Ses premiers rôles de "jolie potiche" sur la scène internationale lui collent à la peau, et pas grand monde ne semble vouloir lui proposer autre chose, alors qu'elle a, je pense, largement le talent pour de plus grands rôles.

Teric
07/03/2021 à 20:45

On voit d'entrée que ni le réalisateur ni le scénariste n'ont fait l'expérience de Vigipirate, même pas en immersion pour les besoins du film. Pas crédible d'un bout à l'autre et le script est somme toute encore plus microscopique qu'un film de série de Luc Besson. On s'en passe volontiers.

UGOLIN
07/03/2021 à 10:59

bien parti pour une moisson de parpaings aux Gerars 2021

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