Films

Lupin, dans l’ombre d’Arsène saison 1 partie 1 : cambriolage réussi pour Netflix et Omar Sy ?

Par Simon Riaux
8 janvier 2021
MAJ : 12 février 2021
82 commentaires

C’est un des plus grands héros de la culture populaire française. Arsène Lupin, le gentleman cambrioleur imaginé par Maurice Leblanc, débarque sur NetflixLupin – Dans l’ombre d’Arsène narre les aventures d’Assane Diop, adorateur du personnage, décidé à s’en inspirer pour mener à bien un spectaculaire vol de bijoux. Réinventée par Omar Sy, la légende bénéficie-t-elle d’un hommage à sa hauteur, ou d’un indigne sacrilège ? 

Affiche française

LIGUE OF LEGENDE 

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la nouvelle série française produite par Netflix aura été attendue au tournant. Entre les spectateurs refroidis par les précédents poids lourds de la plateforme (de Marseille à La Révolution), les conservateurs voyant d’un mauvais œil cette OPA sur une pierre angulaire de la pop culture hexagonale et les racistes de tous poils hérissés de voir Omar Sy incarner le personnage, ils étaient nombreux à attendre cette production le couteau entre les dents. 

 

 

Mais c’est avec une assurance étonnante que Lupin se joue de ses défiances, pour composer une relecture enthousiasmante de l’œuvre de Leblanc. C’est cette dernière qui constitue le cœur battant du projet, et demeure perpétuellement la clef de voûte de sa structure. Le personnage d’Assane Diop n’est pas seulement un écho réactualisé de notre prince des voleurs, mais avant tout un lecteur fervent. Et c’est par quantité de petites touches, le plus souvent bien senties, que le scénario distille cet amour sincère du matériau original. 

En répartissant une myriade de références directes et citations bien sûr, aussi réjouissantes que superficielles, mais surtout en digérant avec intelligence et simplicité ce qui compose les lignes de force du personnage. Une hérédité contrariée, le désir de laver son honneur, l’adrénaline provoquée par le projet de dérober les biens mal acquis de la vieille bourgeoisie française, la jubilation enfantine du déguisement et enfin la tension amoureuse du trio formé par Arsène, Clarisse et la Cagliostro sont autant de données que la série s’amuse à revisiter, avec malice et un sens de l’efficacité qui fait presque systématiquement mouche. 

 

photo, Omar SyOmar Sy, bientôt roi des rois ?

 

Sans verser dans un discours sociétal attendu, cette nouvelle version dresse des parallèles pertinents entre les origines du cambrioleur venu du Pays de Caux, dont la famille est réduite à néant par le mépris de classe, et le parcours d’Assane, lui aussi déterminé par les rapports de force qui ordonnent la France de la fin des années 90. 

Chose rare, de l’ensemble se dégage un amour sincère de la lecture, et de sa transmission. Et si Lupin ne fait pas franchement dans la subtilité en la matière, la sincérité avec laquelle ses personnages se transmettent les écrits de Leblanc sur plusieurs générations, pour s’émanciper et donner sens au monde qui les entoure, a quelque chose de profondément touchant. D’autant plus pour qui a connu l’émerveillement de découvrir les mésaventures du cambrioleur dans sa jeunesse. 

 

photo, Omar SyLupin contre les gestes barrière

 

SPEED RUN 

En confiant la mise en scène de son premier épisode à Louis Leterrier, la série Netflix a opéré un excellent choix. Plutôt bien produite, l’épopée du voleur n’en est pas moins à de larges encablures de la plupart des blockbusters sériels, d’autant plus qu’elle doit jongler avec un très grand nombre de décors, une alternance soutenue entre des espaces fondamentalement différents, ainsi qu’une vaste galerie de personnages, exigeant une caractérisation percutante et un dynamisme constant. 

Passé par des projets aussi différents que Le Choc des TitansInsaisissables ou Dark Crystal : le Temps de la résistance, le réalisateur maîtrise parfaitement son sujet, qu’il transforme instantanément en plaisant terrain de jeu. Sa caméra jongle avec les codes du divertissement anglo-saxon, les symboles de la culture franchouille, les clichés parisiens et la vélocité de son héros sans aucun temps mort. 

Traçant une ligne claire volontiers naïve, voire candide, le scénario comme la mise en scène dessinent au gré de ces cinq premiers épisodes un univers tout en ligne claire, presque Tintinesque dans ses élans. On appréciera notamment que cette première moitié de saison ne joue jamais les prolongations inutiles. Chaque épisode lance à son héros un nouveau défi, le pousse dans des retranchements inédits, ou le contraint à s’inventer une identité. 

 

photo, Omar SyVers le toit du monde ?

 

LIESSE ET PRÉCIPITATION 

Autant d’occasions pour les différents chapitres d’alterner entre divers épisodes littéraires, de revisiter les hauts-lieux de la mythologie de Lupin, plutôt que de suivre la mauvaise pente de quantité de séries contemporaines, qui préfèrent diluer leur action. Lupin mène son récit tambour battant et ne laisse jamais son spectateur souffler. 

Bien sûr, ces envolées et leur rythmique impitoyable ne va pas sans une collection de petites scories. Certaines séquences, beaucoup trop rapides, contraignent les comédiens au surjeu, on sent ici et là des dialogues qui auraient bénéficié d’une bonne session d’affinage (ce qui est d’autant plus regrettable que l’ensemble se tient bien à ce niveau).

 

photo, Ludivine SagnierUn personnage touchant, qui aurait mérité plus d’attention, plus tôt

 

De même, les personnages féminins campés par Clotilde Hesme et Ludivine Sagnier ne manquent ni de chair ni de piquant, mais sont nuancés et travaillés par l’intrigue un peu trop tardivement. Un constat d’autant plus regrettable que les flashbacks qui leur sont consacrés fonctionnent joliment, tandis que les rebondissements ou sous-intrigues qui les concernent permettent de considérablement nuancer le héros solaire incarné par Sy. Et quand on voit l’énergie communicative que le comédien injecte dans sa performance, on eût aimé que l’ambiguïté que distille le cinquième épisode quant à sa versatilité amoureuse intervienne un peu plus tôt. 

Ces limites ont beau être bien réelles, tout comme les raccourcis ou embardées que s’autorise régulièrement l’intrigue pour maintenir son rythme, elles sont bien indolores devant la dimension réjouissante du spectacle proposé, son amour du matériau original et le plaisir instantané qu’il procure.

La saison 1 partie 1 de Lupin, dans l’ombre d’Arsène est disponible en intégralité sur Netflix depuis le 8 janvier 2021

 

Affiche française

Rédacteurs :
Résumé

Enlevé, malin, mené à un rythme effréné, ce Lupin ne manque ni d'âme, ni de charme, tant et si bien qu'on lui pardonne aisément quelques erreurs de précipitation.

Tout savoir sur Lupin - Dans l'ombre d'Arsène
Rejoignez la communauté pngwing.com
Pictogramme étoile pour les abonnés aux contenus premium de EcranLarge Vous n'êtes pas d'accord avec nous ? Raison de plus pour vous abonner !
Soutenir la liberté critique
Vous aimerez aussi
Commentaires
guest
Trier par:
Le plus récent
Le plus ancien Le plus populaire
icon arrow down
Pictogramme commentaire 82 commentaires
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
LunaImperia

J’ai vu la série. C’est pas mal… mais il y a encore du chemin à faire pour rattraper les séries US et britanniques. Les acteurs jouent plus ou moins bien et l’historie n’est pas inintéressante. En revanche, la série a un côté « antiraciste » bien cliché avec les méchants blancs et le gentil noir (comme d’hab dans les séries et films français).

@Nadja Meuf, ton com est franchement raciste. Arrêtes de t’abreuver aux théories sur l’appropriation culturelle, le privilège blanc,… etc. Tout ça c’est des niaiseries facilement débunkables.

herode

décidément Omar Sy n’est pas acteur, son jeu d’acteur tjrs le même peut importe le film…
La série en soit se laisse regarder mais vite vu, vite oubliée.

Carel34

Bonne série Netflix, peu de temps mort, des personnages intéressants et développés , une intrigue qui nous accroche, Omar Sy en grande forme, juste en bémol quelques incohérences ou facilités , mais sinon foncez !!

star22

J ai adoré la série il y a de l’intrigue et j ai hâte d avoir la saison deux. Omar sy joue très bien dans la série et je ne comprends pas les critiques gratuites.

Rira bien qui rira le dernier

Tout d’abord bonsoir,

C’est deux choses différentes que d’aimer ou pas un film et de critiquer un noir qui joue un rôle (de blanc). Ici omar s’y ne joue pas le rôle d arsene lupin.,il campe un personnage qui le copié pour assouvir sa vengeance. Alors pour les commentaires de racistes qui prennent n’importe quel sujet pour se défouler sur le net. Vous devriez apprendre à décortiquer un écrit pour en saisir le sens et le contexte avant d’essayer je dis bien essayer de sortir un ramassis de conneries. A bon entendeur salut…