Bronx : critique french Putréfaction sur Netflix

Simon Riaux | 30 octobre 2020
Simon Riaux | 30 octobre 2020

Il y a les gros trafiquants. Il y a les petites mains du crimes, gouailleuses et toujours le doigt sur la détente. Et il y a les flics. Les filles. L'alcool. Le soleil. C'est Marseille, c'est le Bronx et c'est le nouveau film d'Olivier Marchal, disponible sur Netflix.

C’EST UNE PÉTOIRE QU’IL NOUS FAUT  

Dès son premier long-métrage, Gangsters, Olivier Marchal a imposé un style instantanément reconnaissable, une patte présente dans toutes ses créations. Dès ce huis-clos resserré jusque dans ses propositions les plus ambitieuses (36 quai des Orfèvres), les plus énervées (Braquo) ou franchement foirées (MR 73), le réalisateur tisse la toile tangible d’un univers aussi personnel que référencé, peuplé de flics intérieur cuir, de gros balèzes à qui on ne la fait pas, de commissariats qui sentent la clope froide et de pourris qu’on dessoude. Un univers bourrin, régressif, attachant jusque dans ses outrances. 

C’est donc avec curiosité qu’on découvre sa nouvelle création, Bronx, produite par Gaumont, initialement programmée pour une sortie estivale, que la crise sanitaire actuelle a poussé dans le jeune port de Netflix. Et pour le coup, on serait tenté de croire que le studio français a dû soupirer de soulagement en réalisant cette transaction, tant le dernier film d’Olivier Marchal paraît incompatible avec le grand écran. 

 

Photo David Belle, Jean Reno, Lannick GautryC'est dur d'être un dur

 

Tout ce qui constituait jusqu’à aujourd’hui la marque de son réalisateur s’y retrouve simultanément caricaturé et rabougri. Toutes ses figures de policier borderline ou de truands matamores sont dévitalisées, à peine caractérisées, tant la caméra et le scénario semblent en roue libre totale.

On ne comprend jamais qui fait quoi, comment ou pourquoi, tandis que la mise en scène peine à capturer à coups de champ-contrechamp flingués des dialogues oscillant entre le néant et les vers de mirliton. Restent alors les trognes, celles d'Alain Figlarz, de Francis Renaud, ou encore Patrick Catalifo, parfois sympathiques, quand elles ne sont pas encombrées de seconds couteaux souffreteux.

 

photoManiac Cops

 

MDR 73 

Devenu caricatural et insignifiant, le style Marchal devient totalement inopérant, du fait de l’indigence technique et d’une absence de générosité embarrassante. En l’état, on a bien du mal à comprendre comment celui qui goûtait un cinéma sous-influence américaine, trempé dans l’acier et parfumé à la cordite, peut aboutir à un étalonnage à ce point infect. L’image, baveuse, oscille entre teintes verdâtres et orangées, retirant tout semblant d’authenticité à cette vendetta marseillaise.   

En témoigne une scène de fusillade nocturne à l’indigence stupéfiante, qui laisse à penser que celui qui se rêvait en Michael Mann hexagonal aurait désormais du mal à emballer un épisode de vidéo-gag. Signe de la désagrégation de ce cinéma populaire et souvent excitant : la quasi-disparition de l’action. Ça parle, ça bavasse et ça panouille, mais en dépit de multiples occasions, jamais la fièvre ne s’empare de l’image. Et le spectateur d’oublier instantanément ce qu’il voit, plutôt que d’en tenir rigueur à un réalisateur qu’on espère retrouver un jour au mieux de sa forme. 

Bronx est disponible sur Netflix depuis le 30 octobre 2020 en France

 

Affiche française

Résumé

Comme une cuite au pastis, Bronx fait mal par où il passe, mais a la décence de ne pas laisser le moindre souvenir à sa victime.

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(2.8)

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commentaires


11/11/2020 à 19:09

Pour moi ce n'est pas son meilleur film.
L'action est un peu rapide certains personnages secondaires pas assez fouillés.
La fin bizarre.
Un bon moment quand même.

Sebz
07/11/2020 à 01:23

J'ai hésité mais vu tous les commentaires fallait que je me fasse mon opinion car Marchal est le seul a bien décrire l'univers policier a la française mais là non scénario bâclé, tout va trop vite et du coup pas d'empathie avec les perso. Les trognes se succèdent mais il se passe pas grand chose, il utilise tellement toutes les ficelles des histoires de flics, ripoux, mafieux qu'a la fin c'est beaucoup trop avec le flic black et ses potes qui vengent le flic en butant tout le monde (enfin je pense avoir compris ça au moins quand je vois certains qui se posent la question c'est que c'est foiré lol). Niveau réalisation et photo, c'est clair qu'il pompe sur le style de Michael Mann mais c'est
super fadasse à côté car même si Heat ou autre ca peut être un peu longuet parfois, au moins y avait une recherche esthétique qui servait l'aspect dramatique et pas que du sang qui gicle pour pas grand-chose....

Degeulasse
06/11/2020 à 00:16

Le niveau est très bas même braquage et chouf que je trouves minable passer mieu

verodrome
04/11/2020 à 11:15

Si on aime l'univers des films d'Olivier Marchal, on ne peut qu'aimer ce film. Pour ma part, c'est un homme qui est droit dans ses bottes et qui dit ce qu'il fait, et qui fait ce qu'il dit contrairement à bien d'autres pseudo intello du cinéma français. Bravo M. Marchal. Continuez encore. Mon mari et moi-même nous vous suivrons toujours. Mais mon film préféré ce sera toujours MR73 qui est très sombre mais tellement bien joué !!!!

Badis
04/11/2020 à 00:59

Incroyablement nul, j’ai été stupéfait par des détails comme le flic qui envoie un message par téléphone pour dire que c’est l’arme de Willy qui a tué le flic infiltré ????????????????????????

Sam anco
03/11/2020 à 18:55

Nulissime... Absence de cohérence tout sonne faux. Et quel tristesse ce kaaris dans son pseudo rôle... Ça mérite minimum un octogone avec booba ????

Maurice
03/11/2020 à 12:15

C’est...nul !????????????????‍♂️????????‍♀️????????????????‍♂️

nilox
03/11/2020 à 07:08

Quelle bouse ! Tout sonne faux. Comment les acteurs peuvent-ils accepter de jouer là dedans ?

Moricet
03/11/2020 à 03:01

Chapeau bas Mr Marchal le seul bémol est cette fusillade sur la plage beaucoup trop sombre.Bravo à Catalifo superbe acteur.

Radjeldz
02/11/2020 à 18:07

Film poussif , dialogues nuls, acteurs, toujours les mêmes, qui sur joues et qui ne sont mal exploités.
A quand un nouveau '' Braquo ''

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