The Silence : critique qui bat de l'aile

Camille Vignes | 12 avril 2019 - MAJ : 13/04/2019 21:21
Camille Vignes | 12 avril 2019 - MAJ : 13/04/2019 21:21

Le réalisateur John R. Leonetti a décidé de matraquer une nouvelle fois le cinéma d’horreur. Il s’était déjà attaqué à la poupée hantée en 2014 dans Annabelle, avec The Silence, qui rappelle clairement Bird Box et Sans un Bruit, c’est le survival post-apocalyptique qui en prend pour son grade.

MUET COMME UNE CARPE

Depuis quelques années le cinéma d’horreur tente de se réinventer avec des films high-concept. Faire surgir à l’écran trois pauvres monstres n’excite plus vraiment un public qui a soif d’idées toujours plus radicales. Dans l’optique d’offrir un divertissement original, on a vu fleurir des scénarios qui tente de mettre nos sens à l'épreuve. Comme Sans un Bruit avant lui, The Silence structure sa peur autour de l’ouïe, dans un monde où faire du bruit (plus fort qu’un chuchotement) rameute instantanément une horde de vespidés assoiffée de sang.

Centré sur Ally Andrews (Kiernan Shipka), une jeune fille de 16 ans devenue sourde suite à un accident de voiture, et sa famille, The Silence revient sur la progression d’une menace inconnue et meurtrière, personnifiée par les vespidés, de mystérieuses créatures volantes libérées des entrailles par des chercheurs un peu trop téméraires.

 

photoEt elles sont légion ces petites bestioles

 

Premier constat : un sentiment désagréable d’artefact se fait très rapidement sentir. The Silence n’est pas une vague copie des phénomènes Sans un Bruit (John Krasinski) et Bird Box (Susanne Bier) puisqu’il est adapté du roman éponyme de Tim Lebbon (2015) mais nul doute qu’avec ses créatures à l’ouïe surdéveloppée et ses protagonistes qui font route vers un refuge, le nouveau long-métrage Netflix est une tentative ratée de surfer sur une tendance.

Preuve en est, son exploitation du son est purement et simplement à côté de la plaque. À part quelques rares moments intelligents où le son se focalise sur le bourdonnement constant qu’entend Ally, le film est complètement anecdotique. Les silences sont mal exploités et Stanley Tucci est le seul personnage qui semble vraiment croire à l’histoire. Seule idée pas trop stupide : faire en sorte que les personnages puisse faire d’infimes bruits pour que les bruits de respirations et autres bruits de pas restent crédibles.

 

photoDirection le nord

 

BEAUCOUP DE BRUIT POUR PAS GRAND CHOSE

The Silence emprunte maladroitement tous les codes du survival moderne sans jamais proposer d’arc narratif ou de séquence originale. Pire, John R. Leonetti se débat avec son récit et son incapacité à lui donner un rythme. Les quelques moments de tensions sont noyés dans un amas de lieux communs : serpent qui débarque au mauvais moment, téléphones qui sonnent, blessure qui s’infecte ou encore accident de voiture.

Très timide dans ce qu’il décide de montrer, le film ne réussit jamais à susciter un véritable effroi. Deux des trois morts montrées à l’écran (et encore, à peine) ne sont pas tragiques mais volontaires, l’une comme l’autre sont des sacrifices pour que la famille puisse continuer sa route. Les corps déchiquetés laissés par les vespidés derrière eux ne sont jamais montrés (ou alors dans la pénombre), les situations vraiment problématiques se dénouent avec une facilité déconcertante (la déchiqueteuse à bois qui tombe à point nommé) et les créatures, montrées dès le début, ne sont jamais terrifiantes.

On en viendrait presque à se demander pourquoi le long-métrage est interdit aux moins de 16 ans.

 

photoVachement envie de rejoindre ton Église du Silence...

 

En plus de ces images édulcorées, les choix scénaristiques du film ont énormément de mal à tenir debout. Si on accepte sans trop poser de questions l’idée d’une invasion massive de mini-ptérodactyles aveugles et meurtriers, le film prend un virage ubuesque aux deux tiers de l'histoire. C'est bien connu, comme un problème n'arrive jamais seul, une secte de gros tarés dont les membres se coupent la langue vient s’ajouter au récit comme un cheveu sur la soupe.

Pas assez présent à l’écran pour provoquer quoi que ce soit, elle ne vole jamais la vedette aux créatures et donne l'impression d’avoir été posé là pour meubler une histoire trop creuse. À la fin, plein de questions restent en suspens : comment se fait-il qu’Internet et les réseaux sociaux fonctionnent encore ? Comment ce groupuscule a pu se développer aussi rapidement ? C’est quoi le truc avec les jeunes filles fertiles ?

Concrètement, The Silence se perd dans une fausse lenteur, des sous-intrigues particulièrement inintéressantes et des situations ubuesques. Les moments d’angoisse se font rares et sont systématiquement étouffés et finalement, le film est anecdotique et oubliable.

 

affiche francaise

Résumé

The Silence veut se la jouer psychose générale en tentant de rendre hommage au chef d’œuvre d’Alfred Hitchcock Les Oiseaux, mais ressemble plus à un crossover raté entre Sans un Bruit et La famille Bélier.

 

commentaires

Kinou
16/04/2019 à 22:45

La scène du métro au début ma mis les nerfs. Limite c'est la seule chose qui m'a choquer dans le film

Plok
14/04/2019 à 19:12

Ou alors aller vivre dans un endroit naturellement bruillant (Chute d'eau) et le tour est jouer, sinon à plus grande échelle, l'armée ordonne ou organise le maintient en marche de toutes les broyeuses du pays et en quelques jours la menace n’existe plus, puis on s'économise un scénario.

Boul
14/04/2019 à 18:51

Il manque une fin à ce film, On les voit aller dans une maison et c'est tous... pourtant il avait bien démarré mais l'idée n'a pas été assez exploité. Déçue...

y
14/04/2019 à 13:38

Les créatures c'est pas seulement l''ouie , les créatures ne voient pas . Dur de vivre sans
la modernité comme le téléphone portable etc... Au départ le religieux indique un piège .
Une fin écourté .

more
14/04/2019 à 10:18

on commence avec une superbe idée, des monstres mis chauve souris mi abeille et on zaap tout pour parler de religion...
Sérieusement netfix c'est sjw ou quoi ?

Thorfinn
14/04/2019 à 09:21

Tu passe un moment sympa en voyant le film. C'est pas une nullité. Et puis kiernan shipka est très jolie. Et puis y a quelques scènes subtilement nanardesques qui m'ont fait sourire...

prof west
13/04/2019 à 06:58

Pas si mauvais ça se regarde une fois tranquille en soirée , ça restera pas dans les anales mais pas pire que Sans un Bruit ou Bird Box je l'ai meme trouvé plus intéressant car Bird Box c'était totalement vide comme film jamais compris l'extase de certain sur ce film.

Karev
13/04/2019 à 03:21

Je vois pas comment le réal' pompe le très surestimé Sans un Bruit ou le médiocre Bird Box vu que le tournage démarre en 2017.

Le film arrive simplement après la bataille.

Le 3e acte est très décevant, dommage car le début est intriguant.

JayT
12/04/2019 à 17:29

Et si on rajoute que les effets spéciaux des bestioles sont au mieux risibles, au pire loupés et que la fin est d'une bêtise sans nom (en gros le réal ne sait absolument pas comment conclure son histoire), on se dit qu'on a passé 90 mn pas trop désagréables mais c'est typiquement le genre de films qu'on oublie aussitôt vu.
Plutôt revoir STAKELAND, un film aussi injustement méconnu qu'excellent dans un thème post apo similaire.

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