Io : critique Jupiter Boring

Simon Riaux | 22 janvier 2019
Simon Riaux | 22 janvier 2019

On avait découvert Jonathan Helpert en 2016 à l'occasion de House of Time, tentative française de traiter le mythe du voyage temporel, plutôt audacieuse et stimulante sur le papier, malheureusement limitée par ses maladresses et des moyens bien en-deçà de ses ambitions. C'est donc avec curiosité qu'on retrouve le réalisateur avec Io, toujours du côté de la science-fiction, mais sous pavillon Netflix, doté de moyens qui semblent plus conséquents.

 

PLANÈTE ERREUR

A force de pollution et de destruction, les hommes se sont attirés l'ire de leur propre planète, dont l'atmosphère est devenue soudain suffocante, obligeant quelques rares privilégiés à se réfugier sur Io, une lune de Jupiter. Sam n'a pu s'échapper et survit difficilement dans un territoire partiellement épargné. Son existence est bouleversée quand elle  fait la rencontre de Micah, qui tente le tout pour le tout afin de rejoindre une hypothétique ultime navette sur le départ.

 

photo, Margaret Qualley La survie, c'est pas si facile

 

De ce postulat, qui fleure bon le survivalisme SF et le cinéma post-apocalyptique, Helpert entend faire une proposition originale. S'éloignant rapidement du pur argument science-fictionnel, le metteur en scène cherche ainsi à confronter deux personnalités, deux concepts, et à travers eux deux humanités. Celle de Margaret Qualley, qui parcourt telle un fantôme des ruines auxquelles elle rêve d'insuffler la vie, et celle d'Anthony Mackie, désireux de retrouver une humanité qui a renoncé à son berceau originel.

D'où un récit qui bat en brèche les figures attendues de tension, de suspense et autres ressorts dramatiques traditionnels. Ici, nul prédateur ou infectés à fuir, aucun siège à tenir, et à bien des égards, on ne s'inquiète pas tant de nos héros que de leur projet. De même, le cinéaste, comme dans son précédent film, s'efforce d'injecter dans ce bref récit (1h33mn générique compris) une forte dose de symbolique, à coup de références et de petits précis d'histoire de l'art, assénés avec la légèreté d'un thésard en descente de vermouth.

 

photo, Margaret QualleyUne rencontre décisive

 

PLANÈTE BOUGE

Toutes ces intentions sont plaisantes, et nourrissent un univers, une nasse thématique qui ne manque pas de charme. Malheureusement, le film tente de marier ces éléments trop souvent abstraits avec deux écueils majeurs.

Premièrement, le film doit correspondre à l'ADN Netflix de série B de vidéo-club, pas foncièrement déplaisante, et qui a su régulièrement offrir de jolies pépites (comme I Am the Pretty Thing That Lives in the HouseLe Rituel), voire d'étonnantes créations (Aucun homme ni dieu), mais qui ne trouve jamais de point d'équilibre avec les éléments pré-cités. Ainsi, on assiste plus ou moins à un échec comparable à celui de House of Time, à savoir le sentiment frustrant d'observer un fort joli chateau de carte, sur lequel soufflerait en permanence un vent contraire.

Deuxièmement, le duo de comédiens, dernier rempart de l'attention du spectateur, échoue à insuffler un peu de vie au sein du récit. Jamais franchement mauvais, mais toujours à la limite de l'hémiplégie émotionnelle, Margaret Qualley et Anthony Mackie s'observent et interagissent avec l'investissement de deux jolis bovins luttant pour la domination d'une pierre à lécher.

 

Affiche

Résumé

Bourré d'intentions intéressantes, Io, ne parvient pas à les faire cohabiter dans son écosystème précaire de série B post-apocalyptique.

Lecteurs

(2.6)

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commentaires

Zabock
06/03/2019 à 22:51

Réalisateur francais: tout est dit....

I.
27/01/2019 à 21:18

Je suis déçu par ce filme car pour l'histoire qu'il raconte il est très long,mais de plus je n'ai pas vraiment tout compris surtout que je voulais un filme simple pour un dimanche. Mais bon on ne peut pas tout avoir. PS je vous conseille de ne pas le regarder.

captp
23/01/2019 à 07:52

non seulement ennuyeux mais en plus je n'ai pas du tout compris ou l'auteur a voulu nous amener .
Ce film m'a fait l'effet d'un livre mal écrit et vide dont on attend la fin avec impatience tout en espérant une étincelle scénaristique ou poétique qui aurait justifié cette histoire épuré du maximum de chose .
Hélas rien de tout ça ,juste un ennui profond (mais vraiment hein ...) et des interprètes pas au niveau.
Dommage car le coté fin du monde sur un ton réaliste et scientifique était plus qu’intéressant.

Numero99
22/01/2019 à 23:18

Margaret Qualley, spécialiste des bouses Netfric

Thierry
22/01/2019 à 21:01

Comme un rêve gentiment filmé, avec du silence partout, peu de mots et pas de musique. La chose n'est pas déplaisante, pour peu que l'on soit en bonne compagnie dans l'immobilité réparatrice d'une demi sieste de samedi après-midi. Netflix continue de faire grandir sa bibliothèque. :)

M.
22/01/2019 à 20:41

Vraiment long et ennuyeux, je m'attendais à un peu plus d'esprit scientifique pour "sauver le monde" au final rien de tout cela et la fin du film est vraiment claquée... Bref à ne pas regarder si vous ne voulez pas perdre votre temps.

Oscar
22/01/2019 à 16:32

Tellement ennuyeux que tu espère que la fin du monde viendra le plus vite possible

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