Mortal Engines : critique qui Mad un Max

Simon Riaux | 24 août 2022 - MAJ : 07/09/2022 18:27
Simon Riaux | 24 août 2022 - MAJ : 07/09/2022 18:27

Acquis avant que Peter Jackson ne se jette dans la course effrénée du Hobbit, les droits du quartet littéraire Mécaniques Fatales étaient sur le point d’expirer. C’est donc quasiment en catastrophe, alors qu’il sortait exténué du tournage de La Bataille des cinq armées, que le réalisateur  a mis en branle une autre entreprise colossale, Mortal Engines.

MA 6-T VA CRACK-ER

C’est à l’inconnu Christian Rivers qu’échoit la mission de mettre en scène Mortal Engines. Storyboarder de talent et animateur de haut vol sur des productions telles que King Kong ou Un voyage inattendu, l’homme avait tout du yes man embarqué à la tête d’une choucroute cosmique devenue ingérable, lancée dans la précipitation et condamnée à repomper les tendances actuelles pour assurer sa survie au box-office.

Mais grâce à sa collaboration avec Jackson, et sans doute la présence de ce dernier au poste de producteur, Mortal Engines jouit de l’expérience de ces deux artistes. Dès l’ouverture du film, c’est le vertige qui saisit le spectateur, devant l’ampleur et l'aspect ludique d’un univers post-apocalyptique lorgnant volontiers du côté du Steampunk. De débauche de textures en perspectives folles, il n'est pas une image dont la richesse et le sens n'étourdissent l'amateur d'univers déments, comme si s'entrechoquaient soudain face à lui Mad Max : Fury Road et Le Château ambulant.

 

Photo Hera HilmarHera Hilmar

 

De gigantesques cités prédatrices foulent les plaines désertiques d’une Europe morcelée pour y ingérer de plus petites locomopoles, perpétuant un cycle d’entropie cauchemardesque. Se contentant d’effleurer la réflexion économique, ne creusant pas non plus la veine écologique, le film met toute son énergie dans la bataille d’un spectacle pharaonique. Grâce à une direction artistique dont la profusion demeure constante, mais surtout à la faveur d’effets spéciaux intégralement maîtrisés, aux finitions exemplaires, Mortal Engines dilate durablement les pupilles.

 

photo T-dans le 1000

 

TERMINALOVE

Non content de proposer un décorum riche et fastueux, le blockbuster, fait suffisamment rare pour être apprécié, s’évertue à multiplier les morceaux de bravoure. Démembrement d’une ville autrichienne, poursuite dans les Outreterres, affrontements sur terre et dans les airs, jusqu’à une réinterprétation du final du Retour du Jedi, Jackson et Rivers ont tout donné pour s’assurer de vous décrocher décemment la mâchoire.

 

photo, Hugo Weaving Hugo Weaving

 

Heureusement, car le scénario ne nous épargne pas hélas quelques scories typiques de la production « young adult ». Si le couple de héros se révèle suffisamment attachant pour que leur happening hormonal n’agace pas outre mesure, on regrette que quantité de seconds rôles (et leurs sous-intrigues) dégagent un fort parfum de superflu, voire de lessive bon marché.

Ainsi, on comprend mal pourquoi tant d’emphase est mise sur le personnage de Hanna Fang (Jihae), terriblement fonctionnel et sous-écrit, ou encore celui de Katherine Valentine, interprété par Leila George, dont on se dit qu'elle serait plus à sa place dans un reboot helvète de Gossip Girl.

 

photoEngine Wars

 

Pour autant, et on reconnaît là la patte de Jackson, Mortal Engines sait se ménager de véritables moments d’émotion et de poésie suspendue, et pas seulement quand il dévoile de délirants panoramas, ou une énième abomination mécanique, à la manière d'un gamin faisant profiter à sa famille des dernières trouvailles de son coffre à jouets. En témoigne le personnage de Shrike (Stephen Lang), faux Terminator et véritable cœur du récit, qui incarne en une poignée de plans iconiques tous les dilemmes et paradoxes d’un monde funeste et passionnant, où donner la mort peut devenir l’ultime geste d’amour.

 

photo, Hera Hilmar

Résumé

S'il n'évite pas tous les écueils de la fiction industrielle à destination des ados, Peter Jackson muscle le jeu de Mortal Engines au point d'en faire un des blockbusters les plus riches et généreux de 2018.

Autre avis Geoffrey Crété
Avoir un bel univers un peu fou et grandiloquent ne suffit pas. Il manque à Mortal Engines une intrigue et des personnages plus solides, et une maîtrise dans la narration et l'action, pour être autre chose qu'un young adult pâle et bancal.
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Lecteurs

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commentaires
DAUBE
26/08/2022 à 12:02

YES UNE DAUBE

neuneu
25/08/2022 à 17:37

Entièrement d'accord avec Simon, vu au ciné à l'époque et on avait passé un très bon moment.

Fox82
25/08/2022 à 13:14

Une daube.

Geoffrey Crété - Rédaction
25/08/2022 à 10:37

@Mikolo

Allez donc voir mon avis en bas, vous verrez que ce film a divisé dans l'équipe.

Mikolo
25/08/2022 à 08:33

Non mais 3.5 étoiles ????
Le scénario, mais alors indigne, avec une histoire banale !!
Pas plus de 2 étoiles pour ce film.
A l aide écran large.

Galawar
25/08/2022 à 07:24

Je l'ai trouvé mauvais d'un bout à l'autre. Mis à part l'acteur principal que j'aime beaucoup, le reste ma laissé complétement froid. Le concept de base est rigolo (bien que complètement con) et donne droit à 2 où 3 scènes sympas mais pour le reste, quel calvaire...
Et j'ai pas trouvé les FX si bons que ça. Ça dégueule de numérique et d'écrans verts, quoi.

Après, a sa décharge, je pense que j'aurai un peu plus apprécié sur grand écran...

Mais bon. Très, très dispensable et oubliable, pour ma part.

Kyle Reese
24/08/2022 à 23:34

J'ai regardé pour la forme. Le film ne m'intéressait pas à cause de son concept beaucoup trop énorme pour moi. Des villes mobiles qui se font la guerre et se bouffent entres elles ... non mais sérieux ! Et puis j'ai repensé à certains animes du genre et voilà que le design Steampunk complètement réussi de cette univers m'emporte. Avec ça une mise en scène dynamique et des effets généreux j'avoue avoir passé un bon moment.
Par contre en effet le scénario est cousu de gros fils blanc, les persos secondaires très clichés pas assez développés, mais les 2 persos principaux sont intéressants (un peu naif le héro tout de même, façon Luke Skywalker). On ressent quelques coupures vers la fin qui me semble un peu précipité. J'ai aussi beaucoup aimé le cotés poétiques de certaines situation, un peu moins d'action n'aurait pas été plus mal. C'est une tentative intéressante assez réussei d'adaptation du genre Steampunk, après le truc c'est que c'est un peu déjà une niche en BD et anime .

Et c'est là que je me dit qu'un Arcane live pourrait donner quelque chose de vraiment dingue une fois la série terminé.

Matpalala
24/08/2022 à 22:24

Euh couka couka tu ne penses pas qu’au contraire le young adult était enterré depuis longtemps (avec strategie of enders, le dernier volet de divergente qui n’a jamais vu le jour, celui du monde de narnia non plus, la catastrophe critique du 3ème volet de labyrinthe et bien d’autres échecs et déception ?) au contraire je dirais que mortal engine est arrivée bien trop tard et que si il était sortie avant le hobbit, comme apparemment c’était prévu selon l’article (les droits en tout cas avaient été acquis avant) alors il aurait cartonné et même peut-être relancé le young adult qui était déjà balbutiant à l’époque…là ils ont trop traîné et ça n’a pas pris pourtant nous sommes face à un film que je préfère au loupé alita produit par Cameron (quel tâcheron aussi ce Rodriguez : il y a qu’à voir les épisodes catastrophiques qu’il a réalisé pour bobba fett, pourtant son début de carrière était prometteur)
Bref moi j’aime bien ce film et suis déçu qu’il arrive après la guerre sinon nous aurions sûrement eu le droit à une saga mieux que divergente, Hunger game et consort….

Juanlo
24/08/2022 à 21:09

Ce film est du gâchis , vu et revu quel dommage avec un tel univers.
Comment vous pouvez mettre une telle note ?

Couka coula
24/08/2022 à 21:01

Tous les ingrédients de cette mayonnaise semblait délicieux et frais, les jaunes d'oeufs étaient bien crémeux, avec de la fleur de sel de Guérande et le tout légèrement vinaigré, mais... Il y a un truc qu'a foiré !! Quoi ? Mais comment ça il y a un truc qu'a foiré ?

Ce film, dans l'histoire du cinéma, sera retenu comme l'oeuvre qui a définitivement mis fin à l'air des sagas young adulte de notre récente époque cinématographique.

Les raisons de cette échec sont toujours flou et bien heureux les pauvres gens qui essaieront de les trouver... Mais pour ma part je n'ai jamais été emballé, quand bien même le nom de Peter Jackson apparaissait à l'écran, j'ignore vraiment pourquoi normalement j'aurais dû sauter de jouer à l'époque.

Si en France on peut se permettre de faire des films qui n'intéressent pas le public de la conception à la sortie en salle, c'est un peu plus compliqué pour ded studio américain quand il s'agit de faire de l'argent, mais bon ils ont voulu croire au projet, dans un sens tant mieux.

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