Mortal Engines : critique qui Mad un Max

Mise à jour : 08/12/2018 12:46 - Créé : 7 décembre 2018 - Simon Riaux

Acquis avant que Peter Jackson ne se jette dans la course effrénée du Hobbit, les droits du quartet littéraire Mécaniques Fatales étaient sur le point d’expirer. C’est donc quasiment en catastrophe, alors qu’il sort exténué du tournage de La Bataille des cinq armées, que le réalisateur met en branle une autre entreprise colossale, qui débarque pour Noël sur nos écrans.

photo, Hera Hilmar
189 réactions

MA 6-T VA CRACK-ER

C’est à l’inconnu Christian Rivers qu’échoit la mission de mettre en scène Mortal Engines. Storyboarder de talent et animateur de haut vol sur des productions telles que King Kong ou Un voyage inattendu, l’homme avait tout du yes man embarqué à la tête d’une choucroute cosmique devenue ingérable, lancée dans la précipitation et condamnée à repomper les tendances actuelles pour assurer sa survie au box-office.

Mais grâce à sa collaboration avec Jackson, et sans doute la présence de ce dernier au poste de producteur, Mortal Engines jouit de l’expérience de ces deux artistes. Dès l’ouverture du film, c’est le vertige qui saisit le spectateur, devant l’ampleur et la ludicité d’un univers post-apocalyptique lorgnant volontiers du côté du Steampunk. De débauche de textures en perpectives folles, il n'est pas une image dont la richesse et le sens n'étourdissent l'amateur d'univers déments, comme si s'entrechoquaient soudain face à lui Mad Max : Fury Road et Le Château ambulant.

 

Photo Hera HilmarHera Hilmar

 

De gigantesques cités prédatrices foulent les plaines désertiques d’une Europe morcelée pour y ingérer de plus petites locomopoles, perpétuant un cycle d’entropie cauchemardesque. Se contentant d’effleurer la réflexion économique, ne creusant pas non plus la veine écologique, le film met toute son énergie dans la bataille d’un spectacle pharaonique. Grâce à une direction artistique dont la profusion demeure constante, mais surtout à la faveur d’effets spéciaux intégralement maîtrisés, aux finitions exemplaires, Mortal Engines dilate durablement les pupilles.

 

photo T-dans le 1000

 

TERMINALOVE

Non content de proposer un décorum riche et fastueux, le blockbuster, fait suffisamment rare pour être apprécié, s’évertue à multiplier les morceaux de bravoure. Démembrement d’une ville autrichienne, poursuite dans les Outreterres, affrontements sur terre et dans les airs, jusqu’à une réinterprétation du final du Retour du Jedi, Jackson et Rivers ont tout donné pour s’assurer de vous décrocher décemment la mâchoire.

 

photo, Hugo Weaving Hugo Weaving

 

Heureusement, car le scénario ne nous épargne pas hélas quelques scories typiques de la production « young adult ». Si le couple de héros se révèle suffisamment attachant pour que leur happening hormonal n’agace pas outre mesure, on regrette que quantité de seconds rôles (et leurs sous-intrigues) dégagent un fort parfum de superflu, voire de lessive bon marché.

Ainsi, on comprend mal pourquoi tant d’emphase est mise sur le personnage de Hanna Fang (Jihae), terriblement fonctionnel et sous-écrit, ou encore celui de Katherine Valentine, interprété par Leila George, dont on se dit qu'elle serait plus à sa place dans un reboot helvète de Gossip Girl.

 

photoEngine Wars

 

Pour autant, et on reconnaît là la patte de Jackson, Mortal Engines sait se ménager de véritables moments d’émotion et de poésie suspendue, et pas seulement quand il dévoile de délirants panoramas, ou une énième abomination mécanique, à la manière d'un gamin faisant profiter à sa famille des dernières trouvailles de son coffre à jouets. En témoigne le personnage de Shrike (Stephen Lang), faux Terminator et véritable cœur du récit, qui incarne en une poignée de plans iconiques tous les dilemmes et paradoxes d’un monde funeste et passionnant, où donner la mort peut devenir l’ultime geste d’amour.

 

photo, Hera Hilmar

Résumé

S'il n'évite pas tous les écueils de la fiction industrielle à destination des ados, Peter Jackson muscle le jeu de Mortal Engines au point d'en faire un des blockbusters les plus riches et généreux de cette année.

commentaires

gege 16/12/2018 à 19:25

genre de film qu'on a déjà vu au moins 15 fois sans grand intérêt comme tous les blockbuster d’aujourd’hui aussitôt vu aussitôt oublié

Julien 13/12/2018 à 16:08

Vu hier...J savais que j serai déçu hélas : c est le genre de film et d histoire qu on a déjà vu ailleurs hélas, même si le côté steampunck est top. Il ne vaut a mon sens que pour les visuels...les acteurs sont plutôt transparents , pas aidé par l histoire...Et mon dieux, faut arrêter avec les metrosexuels dans un univers post apocalptique...C est un décalage qui te sort complètement du film j trouvé alors que tous le reste est très bien fait...Dommage...

Dans l'oeil du balrog 13/12/2018 à 10:49

J'ai trouvé ce film vraiment sympa. Un histoire un peu condensée mais très intéressante. Un univers riche et des effets spéciaux magnifiques. 4 livre 4 films? Ma critique à cette adresse https://www.youtube.com/watch?v=nd4q1Hk-6e8

Simon Riaux - Rédaction 11/12/2018 à 18:16

@sylvinception

C'est Rivers, collaborateur de longue date de Jackson, qui bosse ici dans un cadre pensé, organisé, décidé, financé par Jackson.
Dans ses studios;
Entouré de ses techniciens.
Donc oui, reconnaître l'élan et l'influence de Jackson c'est une évidence.

eric 11/12/2018 à 18:14

@ecranlarge

Ok merci

sylvinception 11/12/2018 à 11:06

"critique qui Mad un Max"
"MA 6-T VA CRACK-ER"
"T-dans le 1000"... l'humour vu par Simon Riaux.

"Peter Jackson muscle le jeu de Mortal Engines"
C'est Jackson ou Rivers à la réal ?? Mettez-vous d'accord bordel.

Simon Riaux - Rédaction 10/12/2018 à 10:21

@eric

Le film nous a été montré en 2D.

Satan La Teube 09/12/2018 à 09:29

RIP Peter Jackson, dont la carrière s'est malheureusement arrêtée à Fantômes Contre Fantômes.
Encore un grand parti trop tôt.

Hank Hulé 08/12/2018 à 18:47

Ça a surtout l'air complètement con mais c'edt Jackson. Donc c'est forcément intouchable...
La critique internationale est franchement moins positive...

eric 08/12/2018 à 15:40

@ecranlarge

Bonjour , est ce que le film a été tourné en camera 3D ? Et si vous l'avez vu en 3d ?
Merci !

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