Overlord : critique qui mange des fritz

Simon Riaux | 30 octobre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 30 octobre 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Des sévices d’Ilsa, la louve des SS au gradé de cuir immortel qui hante Blood Creek, l’Histoire du cinéma regorge de productions dans lesquels nos bons amis américains affrontent des allemands aux déviances inhumaines et aux pouvoirs surnaturels. Forcément, quand un geek comme J.J. Abrams, fin connaisseur de sous-genres et autres curiosités, proclame qu’il veut produire un film de guerre horrifique en pleine Seconde Guerre mondiale avec plein de fritz et d’expérimentations secrètes, on frétille.

LE JOUR LE PLUS NAZE

La recette du pulp ou du film bis revisitant la Seconde Guerre mondiale est relativement simple et pourrait s’articuler autour de trois concepts : outrance, violence et irrévérence. Si leur équilibre et la distance nécessaire peuvent s’avérer complexe à agencer, voilà bien les trois piliers, qui firent (en son temps) de Planète Terreur une réussite internationale, capable de (re)démocratiser ce cinéma crapoteux et gorasse.

Manque de pot ni le producteur J.J. Abrams, ni le réalisateur Julius Avery ne semblent conscient de la nature profonde d’Overlord, tant ils se contentent de maquiller à la truelle un mauvais film de guerre. Amateurs d’écarts de conduite mutants, rebroussez chemin, car avant que le récit ne daigne s’énerver (durant son ultime bobine) il vous faudra survivre à un sous-Il faut sauver le soldat Ryan, qui trouvera moyen de pomper comme un malpropre l’ouverture d’Edge of Tomorrow, à coup de barbouillages numériques embarrassants.

 

photo, Jovan AdepoAttention, ça n'aide pas la médecine à couler

 

C’était à craindre avec les scénaristes de Volcano (Billy Ray) et du remake de Martyrs (Mark L. Smith), mais le scénario ne sait comment se dépatouiller de ses intentions. La première vertu des pelloches où sévissaient nazis et monstres de foire était leur vélocité. Quand on raconte ouvertement n’importe quoi, on a la politesse de ne pas s’attarder.

Rien de tel ici, puisque Overlord attend patiemment la soixante-quatorzième minutes pour daigner étaler un peu de barbaque à l’image. Point d’accélération ici, le script tentant toutes les cinq minutes de justifier son abracadabrante bêtise, incarnée par plusieurs allers-retours au sein de trois misérables décors (quand le concept même appelait à une descente aux enfers linéaire et allant crescendo).

 

photo, Mathilde Ollivier, John Magaro, Dominic Applewhite, Wyatt Russell"Toujours rien d'intéressant à l'horizon chef"

 

IL FAUVER LE SOLDAT ABRAMS

Du côté du cœur du projet, le constat est tout aussi amer. Si on n’a probablement jamais vu savant fou plus transparent à l’image, ses recherches sont tout aussi fades. Avec une timidité absurde étant donné le sujet du film, nos héros finiront par affronter une poignée de super soldats (quelle inventivité), dont ils se débarrasseront à coup de bonnes bastos américaines (quelle violence).

Limitant ses sursauts viandards à une demi-douzaine de faciès maquillés pendant de mauvaises scènes de guerilla rurale et à une grosse crise d’eczéma dans son climax, Overlord n’impressionnera guère que les enfants végétariens.

 

photo, Jovan AdepoLes knackis revisitées par les nazis

 

Pour qui n’aura pas sombré dans le coma, reste alors des maquillages reposant le plus souvent sur des prothèses particulièrement réussies. Et peu importe finalement que le casting soit peuplé de limandes inexpressives, puisque la pulvérisation de leur trogne devient en soi source de satisfaction. Seule consolation, l'interprète du très vilain Wafner, Pilou Asbæk, qui prend manifestement son pied, nous offre quelques moments de veulerie musclée plutôt délectables.

Et heureusement que les chefs opérateurs Laurie Rose et Fabian Wagner ont soigné mouvements d’appareil et lumière, car le métrage s’avère plus timoré qu’un séminariste vegan au salon de la tripe de Caen. Entre le vilain soldat qui se découvrira une âme de babysitter sur le tard, le lâche que la chasse au nazi transcende et virilise soudain, il ne reste rien de l’irrévérence salvatrice de ces prods fauchées où l’on décimait des créatures de latex au kilo.

 

Affiche française

Résumé

Overlord est un mauvais film hollywoodien qui voudrait s'encanailler du côté du pulp et du bis, mais qui est bien incapable d'en reproduire l'outrance, la folie et la naïveté.

Autre avis Geoffrey Crété
Ça a beau être facile, pas bien méchant ni inventif, et très loin du vrai délire de série B attendu, ça n'en reste pas moins amusant, et suffisamment inoffensif pour être consommé comme un petit plaisir sans conséquence.
Autre avis Mathieu Jaborska
Tout laissait présager une série B cynique baignant dans l'ironie de type Iron Sky, mais Overlord prend le parti de ne pas céder à cette facilité. Vrai film de guerre qui peut se révéler très immersif dans sa première moitié, il ne réussit pas tout ce qu'il entreprend mais a le mérite de proposer un divertissement honnête et surtout sincère.
Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(3.9)

Votre note ?

commentaires
Manontherun33
01/11/2019 à 11:41

Critique très exagérer. Arriver a trouver un plagiat avec edge of tomorrow est très fort. Et dire qu'il y a une forte ressemblance avec le soldat Ryan et pas mal non plus. A votre avis, il s'est passé quoi pendant la seconde guerre mondiale? Il est évident qu'une fois que l'on enlève l'histoire propre a chaque film, la trame repose sur le même fond. On retrouvera donc systématiquement des similitudes. Et aujourd'hui, avec les centaines de milliers de films qui existent, il devient difficile de ne pas plagier ici ou là. Mais peut on considérer ça comme du plagiat si ça s'intègre parfaitement à la création et du moment que ça ne reprend pas l'intégralité de l'idée copiée??

joe Gillian
31/10/2019 à 12:27

"CRITIQUE NON FONDER" en commentaire, mais qui a écrit cet article ? C'est Simon ! Le mieux est de faire un sondage avant que vous ecriviez les articles pour toujours aller dans le sens des gens :)
De ce film je ne retiens que le plan séquence de fin.

Sharko
30/10/2019 à 22:01

Il y'a Dernier train pour Busan sur Arte à 23H30.

cooper
30/10/2019 à 21:55

bon petit film sans prétention, ca change de toute ces merdes meme si on reste sur sa faim.

Sascha
30/10/2019 à 21:03

Vu au ciné à sa sortie. J ai adoré. C est sur c est pas du grand cinéma mais je l'ai pris comme un gros délire bien fun.
Je le reverrai avec plaisir. Et la violence était quand même pas mal haut placé de ce que je me souviens

REMI 4333
03/03/2019 à 08:51

BON FILM . CRITIQUE NON FONDER

Marclo
27/12/2018 à 00:48

Oui, quelle déception, scénario plat, utilisation catastrophique des mutants / zombies / créatures (comme d'hab ils sont super forts, peuvent arracher une tète d'une main mais se contentent de prendre des airs menaçants et de courir dans une pantomime de grand méchant loup bourré ou de jeter leurs victimes par terre jusqu’à qu'ils se fassent descendre pour de bon). La manière même de dévoiler le sujet est gâchée, on évite le malsain pour rester dans l'action et les dialogues vides de sens. J’évite les block buster américain depuis un bon moment, lassé de retrouver une jolie boite vide sur l’écran mais j'avoue que la Bande annonce d'Overlord, entre série B et jeux vidéo m'avait donné envie, Les vrais artistes bossent sur les trailers aujourd'hui... pour vendre la merde des grand studios aussi standardisée et sans surprise qu'un mac Do a Paris ou a Pekin.

Viviane
02/12/2018 à 15:41

-Soldat, le médecin nazi s'est encore évadé !
-Caporal, c'est pas ma faute, il avait enlevé ses petites lunette rondes, comme le reconnaitre ?

Victorien
22/11/2018 à 14:24

Film génial

La Guille
22/11/2018 à 12:14

Critique un peu dur à mon avis.
Ce n est certe pas un grand film ou un chef-d’œuvre mais je l ai trouvé très sympa et très fun.
Je ne comprends pas trop votre critique...

Plus
votre commentaire