Live by Night : Critique gangsta

Mise à jour : 17/10/2017 20:13 - Créé : 18 janvier 2017 - Simon Riaux

Live By Night est l’adaptation de Ils Vivent la Nuit de Dennis Lehane (auteur adoré d’Hollywood) et deuxième tome de la trilogie historique et criminelle consacrée au clan Coughlin. Roman criminel situé en pleine prohibition, c’est l’épisode le plus lisse et convenu d’une fresque aux ambitions démesurées et à la puissance évocation, on était donc très étonné de voir Ben Affleck s’atteler à l’adaptation de ce récit, coincé entre les deux extrémités d’une saga à succès.

Affiche française
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Ben Effect

Et c’est probablement ce qui mine son film dans sa première partie. Obligé de contextualiser son récit, la généalogie de ses personnages et leurs motivations à coups de scénettes précipitées et de voix off explicative empêche Live by Night de trouver son rythme et de nous immerger dans son impeccable reconstitution.

L’autre limite évidente de ce film de gangster, c’est justement son sujet. Bootleggers, chapeaux feutres, tommy-guns, costumes trois-pièces, speakeasies, trahisons et gros bras… Cet univers est connu, déjà iconisé à outrance par d’autres qu’Affleck, qui ont traité cet univers mythologique avec bien plus de finesse ou d’énergie. Visiblement limité par le portrait de bad boy au grand cœur qu’il veut dépeindre de lui-même, le réalisateur n’a pas grand-chose à apporter au monument du cinéma hors-la-loi, thème récemment intelligemment autopsié par Boardwalk Empire.

 

Photo Ben Affleck, Zoe Saldana

 

Son of a Gun

Pour autant, suivre Joe Coughlin dans les tripots de Floride n’a rien d’une torture, notamment grâce aux excellents dialogues du film. Si les personnages de Live By Night manquent souvent d’épaisseurs, leurs joutes oratoires sont souvent un pur plaisir, tant les répliques claquent, porté par des voix rocailleuses, des inflexions sanglantes et une tripotée d’échanges musclés.

De même, si cette hsitoire ne brille pas par son originalité, elle bénéficie d’une exécution de première classe. La direction artistique est généreuse, jamais prise en défaut, qu’elle nous plonge dans les bas-fonds glacés de Boston ou les ruelles fangeuses de Tampa, elle autorise même Affleck à emballer quelques très belles scènes d’action.

 

Photo Ben Affleck

 

Ainsi, Live By Night gagne en force et en impact dès qu’il échappe à la traditionnelle confrontation entre faction rivale et prend le pouls de ses anti-héros, catholiques écrasés par les contradictions inhérentes à leur condition de criminels. C’est dans les échanges torturés entre Coughlin et la famille Figgis (notamment la troublante Elle Fanning), que ses crimes pousseront littéralement en enfer, que le projet – inabouti – de l’ensemble se dévoile et révèle qu’il aurait pu être un déchirant requiem, plutôt qu’un sermon trop sage.

 

Affiche française

 

Résumé

Film de gangster exécuté dans les règles, Live By Night est trop propre sur lui pour nous atteindre en plein coeur.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Puparo 18/01/2017 à 10:31

@jj: ne soit pas triste, il commencé par le trés bon Gone Baby Gone

jj 11/01/2017 à 23:43

le bouquin est moins lourd que le film, c'est de loin le moins bon de l'auteur, c'est dommage d'avoir commencé par celui ci... tant pis mais c'est une déception

Rahan les tape 11/01/2017 à 22:49

Nan mais franchement Ben Affleck...
Vous avez vu les photos? Endive by night.

Faboloss 11/01/2017 à 18:56

Bon, The Batman maintenant et plus vite que ça !

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