Passengers : Critique tiédasse

Mise à jour : 21/11/2017 18:24 - Créé : 30 décembre 2016 - Geoffrey Crété

Chris Pratt et Jennifer Lawrence amoureux à bord d'un gigantesque vaisseau spatial high tech. Chris Pratt et Jennifer Lawrence réunis pour affronter un danger terrible dans l'espace. Chris Pratt et Jennifer Lawrence dans une superproduction à 110 millions réalisée par Morten Tyldum, nommé aux Oscars pour The Imitation Game. Chris Pratt et Jennifer Lawrence : le film.

Photo Jennifer Lawrence, Chris Pratt
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LA FOLLE HISTOIRE DE L'ESPACE

Passengers ressemble à un fantasme de studio hollywoodien : Chris Pratt et Jennifer Lawrence, deux superstars et parfaits soldats de marathon promo, dans une histoire d'amour et d'aventure truffée d'effets spéciaux. Il y a de la romance, de l'humour, de l'action. Public féminin et masculin, adolescents et fans de films de genre, coeurs tendres et amateurs de sensations fortes, la superproduction coche de nombreuses cases.

A l'écran, il y a moins de raisons de s'enthousiasmer. D'un pitch amusant qui aurait presque pu donner un épisode de luxe de La Quatrième Dimension ou Au-delà du réel : L'aventure continue, la superproduction tire une aventure cousue de fil blanc et construite sur une formule trop connue pour embarquer sans réserve. En partie parce que la promo a grillé de nombreuses cartouches pour attirer l'attention, Passengers se révèle par ailleurs très mou dans sa première partie, qui passe un temps considérable à installer un univers et des éléments à la fois classiques et acquis.

 

Photo Jennifer Lawrence, Chris Pratt

 

NO GRAVITY

Cette première partie qui s'éternise confirme vite un soupçon : Passengers est plus une histoire d'amour qu'une aventure spatiale avec de l'action. L'attention toute relative apportée aux éléments de science-fiction (de l'aspect du vaisseau à la gravité dans l'espace, en passant par un passage serré près d'une géante rouge) le démontre au fil des deux heures. Le soin parfois incongru apporté aux acteurs et plus particulièrement à Jennifer Lawrence, de ses chaussures branchées à sa coiffure, le confirme.

La voir débarquer en robe avec un maquillage de soirée face à Chris Pratt en costume cintré prête à sourire : derrière la légèreté assumée de cette vie à bord d'un gigantesque vaisseau de luxe qui offre quantité de services, il y a l'ennui poli d'une bonne heure consacrée à leur histoire. Leur premier baiser après une escapade spatiale pompeuse embraye sur un montage attendu de leur quotidien, entre sexe et sketchs, qui n'apporte rien d'autre au film qu'une poignée de moments avec les stars - plus que les personnages.

 

Photo Jennifer Lawrence, Chris Pratt

 

SPACE LOVERS

Passengers serait donc un film d'amour plus qu'un film de science-fiction : ce n'est ni un problème ni une hérésie. Même si les ficelles sont très, très grosses. Même si la promo a largement vendu un spectacle digne d'un blockbuster. Sauf que c'est précisément cet aspect qui pose les limites de l'entreprise.

Dans son dernier acte, Passengers s'emballe subitement avec un événement qui force l'intrigue à se recentrer. La romance et ses conséquences repasse au second plan pour laisser place à l'action et l'aventure. En quelques scènes, la situation vire à la catastrophe absolue, après une heure de mélodrame émaillé de quelques pannes, qui semblent avoir été posées ça et là par obligation narrative mais sans envie. 

 

Photo Jennifer Lawrence, Chris Pratt

 

Aucun crescendo : sitôt que le film approche de son climax, il compile sans finesse et avec une fausse efficacité plusieurs twists et scènes spectaculaires. Après une grosse heure consacrée à l'histoire un peu niaise des héros, Passengers fonce tête baissée, de manière arbitraire, sans avoir pris la peine de construire une quelconque tension. La caméra complaisante aura tourné longuement autour des belles gueules hollywoodiennes pour capter leurs larmes et sourires, mais il leur suffira d'une minute pour dénicher le grand mystère du film caché derrière une porte suspecte.

Ce dernier acte semble sorti d'un autre blockbuster, collé à cette superproduction romantique pour garantir les sensations fortes promises par les bandes-annonces et le pitch. Mais la manoeuvre est grossière.

 

Photo Chris Pratt, Jennifer Lawrence

 

SPACEBORED

Il a fallu des années à Passengers pour exister, après avoir failli se faire avec Keanu Reeves et Emily Blunt en 2007, puis le réalisateur Gabriele Muccino (A la poursuite du bonheur), puis Reese Witherspoon. Le scénario de Jon Spaihts a même été classé dans la fameuse blacklist censée répertorier les meilleurs scénario non-produits. Tout ça pour ça ?

L'une des explications est que le scénario original a été en grande partie modifié. Spaihts a connu le même sort avec Prometheus, dont il a écrit une première version clairement connectée à la mythologie que Ridley Scott a ensuite fait reprendre par Damon Lindelof. La version originale de Passengers avait un troisième acte très différent avec des enjeux plus grands au-delà du duo, et une fin qui donnait un autre sens à la décision contestable du héros au début de l'histoire - qui rend la fameuse romance très douteuse.

 

Photo Chris Pratt, Michael Sheen

 

Mais au-delà de cette réécriture, le film de Morten Tyldum est terriblement fade et dénué de passion et inventivité. Chris Pratt et Jennifer Lawrence assurent confortablement le service attendu, aidé par des dialogues simplets et terriblement explicatifs pour que l'intrigue avance. Le scénario maltraite un certain nombre d'éléments, et notamment ce robot barman qui a un rôle central dans l'intrigue, et dont l'éveil émotionnel est évoqué.

La direction artistique se contente de recycler les images et couleurs habituelles du genre, avec des effets spéciaux au mieux ordinaires - et au pire très plats, comme lorsque les personnages sont dans l'espace. Rien n'est déplaisant ou affreux dans Passengers : tout est banal et terne. C'est presque pire.

 

Résumé

Plus de romance que d'aventures et de science-fiction dans ce produit très hollywoodien et très calibré, qui passe aussi vite qu'il s'évanouit dans l'esprit du spectateur.

commentaires lecteurs votre commentaire !

cepheide 10/08/2017 à 12:38

Ben moi j ai adoré ce film et les sentiments simples. C est fou...

Prometheus 08/02/2017 à 03:39

J'attendais beaucoup de Passengers avec son pitch original et sa brochette d'acteurs cools et tendance.
Au final c'est plutôt une déception.
L'intrigue se focalise sur les 2 persos principaux sans réellement creuser le contexte. On ne sait par exemple rien de l'année de départ du vaisseau, rien ou presque sur les colonies ou le vaisseau. Tout ça est rapidement expédié en 1 phrase ou 2. Le perso de Chris Pratt n'a aucune consistance. C'est pas beaucoup mieux pour celui de Jennifer Lawrence.
Leur relation est sympa ok mais ça ronronne sévère. La mise en scène ne profite jamais des décors qu'offre le blockbuster. Spielberg aurait sans doute sublimé tout ça or la c'est zéro pointé.
La fin aurait pu au moins transformer cette romance SF en film dramatique mais les producteurs ont joué la sécurité avec un Happy end convenu et écrit d'avance.
Dommage...

Riku 03/01/2017 à 00:54

@corleone

Euh, 'mec", tu passes juste à côté de ce que je raconte. Mais ok. Pendant des années DiCaprio était perçu comme le beau gosse de Titanic. Qu'on se l'arrache ne signifie en rien que c'est une star hollywoodienne dans le sens où l'expliquait Séverine (Ou alors Séverine n'a pas de discours cohérent : Gosling est une pure star sinon, puisque fantasme pour les femmes et modèle de cool pour les mecs depuis minimum Drive, et ça va s'accélérer avec Blade Runner par ex). Mais un poster boy et un fantasme pour midinettes n'est pas une star prestigieuse. Brad Pitt et les autres ont dépassé cette étiquette pour construire une vraie aura. DiCaprio a bâti ça sur plusieurs années, en grande partie grâce à Scorsese.
Matt Damon ? C'est plus subtile dans l'évolution. Mais ça a mis du temps, ce qui est normal.

Mais vraiment tu as loupé le sens de mon commentaire. A la base je répondais à quelqu'un qui dit qu'on a plus de "vraies stars" car Chris Pratt ou Ryan Gosling ou Liam Hemswoth (remarquons déjà les comparaisons). Je rétorque que c'est impossible de dire si Chris Pratt ne sera pas à la tête d'une filmo passionnante dans 10 ans, vu qu'il est né virtuellement y'a deux ou trois ans. Et que deux ou trois ans Titanic, DiCaprio dans La Plage, après L'homme au masque de fer, ça ne laissait pas forcément espérer une futur muse de Scorsese dans la lignée de DeNiro (à mes yeux, bankable et idole de l'époque ne veut pas forcément dire qu'on parle d'une véritable star hollywoodienne au sens large et historique). J'ai cité DiCaprio, McConaughey, Affleck et d'autres pour démontrer qu'on ne peut prédire.

Melki 02/01/2017 à 19:20

Non mais la blague, si maintenant un site se fait taper dessus pour avoir écrit une critique un peu négative d'une énorme merdasse que même son studio abandonne en le sortant au milieu des fêtes, on est où ?

Les gens sont des putains de tarés. Montez des sites, allez voir des trucs à la Melty qui vous intéressent et s'adressent et laissez les gens normaux en paix.

corleone 02/01/2017 à 18:58

@Riku "Il y'a encore 10 ans, beaucoup auraient dit que Matt Damon, Ben Affleck ou Dicaprio n'étaient pas des "stars" dignes de ce nom ..." Non mais de quoi parles tu là ? Où alors à cette époque t'etais juste encore un gamin? Damon créait carrement l'hystérie depuis le Soldat Ryan et DiCaprio est la définition même du mot star à la fin des années 90 et pendant les années 2000, tous se l'arrachaient depuis Titanic mec! Je vois encore d'ici ma cousine Gertrude avec son poster grand modèle dans sa chambre! Assez d'accord quand même pour le cas Affleck, même si lui aussi n'était pas en reste, depuis Armageddon.

King 02/01/2017 à 18:38

@Olivier Hi hi hi

Olivier 02/01/2017 à 16:03

Valerian de Besson : lol !!

Alan Smithee 02/01/2017 à 15:21

@Severine

TOM HARDY - JAKE GYLLENHAAL.

Kobé 02/01/2017 à 13:50

C'est bien bien de la merde. Et puis c'est laid...

Totempkof 31/12/2016 à 19:36

@Polio

Malheureusement c'est en train de devenir incroyable...
Quand j'en lis certains parler d'un film et défendre leur avis (càd attaquer ceux qui ont un autre avis), j'ai plus l'impression d'entendre parler un ego froissé qu'un cinéphile plein d'entrain qui partage son avis. Un avis différent du mien ? Diable, quelle horreur. C'est forcément qu'un truc cloche, et comme c'est pas loin, c'est l'autre.
Mais bon, heureusement qu'il en a rien à foutre comme il dit

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