Critique : Le Skylab

Laurent Pécha | 4 octobre 2011
0 réactions

Sacré bout de femme que cette Julie Delpy ! Il serait grand temps de lui faire les éloges qu'elle mérite tant. A l'heure d'une certaine uniformisation terriblement prévisible et ennuyeuse, voilà une artiste qui ose faire ce qui lui passe par la tête. Et cela ne date pas d'hier quand on se penche sur une carrière aussi atypique que passionnante (jeune première chez Godard, Carax ou Tavernier à réalisatrice éclectique en passant par un long détour à Hollywood). La voir passer d'un drame historique en costumes (La Comtesse) à une chronique familiale rétro avant d'aller poursuivre ces Two days à New York, ne nous surprend pas. Il y a cette boulimie euphorisante qui dicte les désirs (artistiques) d'une femme haute en couleurs et que l'on retrouve tant dans son Skylab.

Hautement autobiographique, son récit nous invite à suivre un long week-end de retrouvailles familiales au moment où une station spatiale américaine menace de s'écraser sur leur tête (d'où le titre du film qui se déroule à l'été 1979) et lui permet surtout de retrouver cette magie enfouie et éternelle de l'enfance où tout est exacerbé mais jamais vraiment trop grave et sérieux. Raconté à hauteur d'enfant (à l'exception, un peu maladroite, de quelques moments sur la fin), Le Skylab se nourrit sans cesse de la vitalité et la truculence des ces repas de famille qui n'en finissent pas et où tout le monde se chamaille pour mieux se rabibocher.

Sur un ton incroyablement libre mais que l'on devine extrêmement réfléchi, Julie Delpy croque avec une infinie tendresse une galerie de personnages truculents qui aurait pu vite agacer si elle n'avait pas été filmée avec autant d'empathie. Et l'ensemble des comédiens (quelle troupe !)  de donner du corps à leur interprétation laissant sans cesse transparaître l'humanité à fleur de peau qui les consume tous. Sans exception aucune, à l'image de leur réalisatrice, ils ont des choses à dire, des sentiments à éprouver et ils n'ont pas peur de les dire et les faire partager. Quitte à ce que cela perturbe quelque peu l'ordre établi du week-end familial. Pour notre plus grand et simple plaisir de spectateur !

Résumé

commentaires lecteurs votre commentaire !

Aucun commentaire.

votre commentaire