GoldenEye : critique qui p(i)erce

Ilan Ferry | 15 juillet 2017 - MAJ : 12/01/2020 12:44

Six ans après sa dernière mission, James Bond revient plus en forme que jamais dans Goldeneye. Un temps nécessaire tant la question de savoir si Bond pourrait s'adapter aux années 90 restait grande ouverte alors même que ses prédécesseurs commençaient à accuser un sérieux coup de vieux. 

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REVIVAL/RELEVE

À la trappe donc Timothy Dalton, qui malgré ses nobles efforts ne parvint jamais à réellement convaincre, et place à Pierce Brosnan qui, 13 ans auparavant, faisait déjà preuve d'une prédisposition à arborer le smoking avec classe dans la série Remington Steele, détective malgré lui et croisement improbable entre Arsène Lupin et James Bond !

 

photoRemington Steele, mais avec plus de feu

 

Autre temps, autre moeurs, le Bond nouveau se doit de s'adapter à son époque en faisant preuve d'une maturité qu'on ne lui connaissait plus. Si les bons mots fusent toujours avec un flegme propre au célèbre agent secret, force est de reconnaître que le traitement plus premier degré qu'à l'accoutumée laisse même place à une certaine introspection dont les relations entre Bond et le monde qui l'entoure sont les symptômes les plus flagrants.

Ainsi, les personnages féminins trouvent une position de force qu'elles n'avaient jamais vraiment eu jusqu'ici (Pussy Galore restant la plus belle exception à cette règle), si Moneypenny ne se transit plus d'amour pour James et se plaît à le toiser, M change de sexe et devient une femme forte et obstinée entretenant avec Bond une relation oscillant le mépris et une certaine admiration réciproque. Enfin, le second couteau coriace et increvable accomplissant les plus basses besognes se conjugue au féminin et porte le nom de Xenia Onatopp à laquelle Famke Janssen prête ses traits.

 

photoXenia, faut pas lui baver sur les rouleaux

 

RELIQUE DEPOUSSIEREE

Au milieu de toute cette hargne, l'éventualité d'un repos du guerrier bien mérité semble de l'ordre de l'utopie mais trouve sa parfaite personnification en Natalya, seule bouée de sauvetage raccrochant l'agent secret à son humanité perdue. D'où une remise en question perpétuelle du rôle de Bond (vu comme une « relique de la guerre Froide » dixit M) dans une société en pleine mutation. L'agent secret au service de sa majesté est hanté par ses fantômes tandis que les vestiges de l'ex-URSS planent inlassablement, une métaphore qui trouve sa parfaite cristallisation dans cette première et superbe confrontation entre 007 et son nemesis Alex au milieu d'un champ de ruines des plus symboliques.

 

photo, Pierce BrosnanMort de Sean Bean incoming

 

Toutefois, GoldenEye n'oublie pas sa fonction première et reste avant tout un film d'espionnage dans la plus pure tradition du genre parfaitement servi par la mise en scène ciselée de Martin Campbell. Passé une séquence d'introduction aussi trépidante qu'invraisemblable, le film compile les scènes d'anthologie (dont une hallucinante poursuite en char dans les rues de Saint Petersbourg) et reste un bijou d'efficacité alliant parfaitement retour aux sources (via une iconographie très marquée) et modernité. Synthèse parfaite entre le charme viril de Sean Connery et la décontraction de Roger Moore, Pierce Brosnan est l'incarnation parfaite de Bond dans tout ce qu'il a de plus sophistiqué, ou comment réussir à donner parfaitement corps à une icône qu'on pensait être tombée en désuétude depuis longtemps.

 

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Résumé

À défaut d'être devenu le fer de lance d'une saga en plein renouveau artistique (la faute en incombant à des suites beaucoup moins réussies), Goldeneye demeure le meilleur opus de la période Brosnan... en plus d'être un des meilleurs jeux de la N64.

Autre avis Geoffrey Crété
Certes, GoldenEye a ravivé la flamme 007 grâce à une certaine modernité, et parfois avec style. Mais le film semble finalement bien fade et gris, et a perdu de sa belle avec les années, contrairement à pas mal d'autres épisodes.

commentaires lecteurs votre commentaire !

Hildegarnic
16/07/2018 à 13:25

Famke Janssen a été LE choc de ce film pour moi

Pseudo1
16/07/2018 à 03:30

De mémoire, je crois que ça a été mon premier Bond, mais punaise, quelle baffe pour le gamin que j'étais.
En passant, je soupçonne d'ailleurs Famke Janssen sexy en diable d'avoir influencé mon goût pour les brunes :D

Et loin de ne rayonner que sur N64, ce film a donné lieu à l'une des meilleures adaptations vidéoludiques jamais faites et encore rarement (jamais?) égalée dans son genre, tous supports confondus !

Pulsion73
15/07/2018 à 21:46

Brosnan, la force de Connery........??

Pseudo
15/07/2018 à 21:19

Ce film comporte ce qui restera sans doute l'un des meilleurs échanges de l'histoire du cinéma


Bond: Vodka Martini, shaken, not stirred. And for you?
Xenia: The same!
Bond: How do you take it?
Xenia: Straight up....with a twist! Thank you Mr. ....?
Bond: The name’s Bond, James Bond.
Xenia: Xenia Zaragevna Onatopp.
Bond: Onatopp?
Xenia: Onatopp!!

Bond: Your accent’s Georgian?!
Xenia: Very good Mr. Bond. You been to Russia?
Bond: Not recently. I used to drop in occasionally, shot in and out.
Xenia: It’s very different now. A land of opportunity.
Bond: With a new Ferrari in every garage?
Xenia: No, not quite. That belongs to a friend.
Bond: A tip for your friend. The French registration plates for this years model starts with the letter "L"! Even the counterfeit ones!
Xenia: Ah..., and what rank do you hold with motor vehicles department, Mr. Bond?
Bond: Commander
Xenia: This one is an Admiral!
Bond: I like a woman who enjoys pulling rank.

Baneath88
15/07/2018 à 19:36

Le premier que j'ai vu sur un grand écran. Et quelle entrée fracassante dans le monde du commander!
Pierce Brosnan parvient à conjuguer la force de Connery, le flegme de Moore et la mélancolie de Dalton. Un cocktail délicieux, d'autant plus qu'il a également les honneurs d'utiliser ces armes à tour de rôle, parfois même simultanément.
Il faut aussi remercier Martin Campbell, qui redynamise durablement l'agent 007 avec des séquences d'action remarquables, un iconographie rafraichie et un rythme au cordeau.
Puis évidemment, la réussite passe aussi par le talent du toujours merveilleux Sean Bean, la fougue irresistible de Famke Janssen et la douceur de Izabella Scorupco. Sans oublier le cocasse Alan Cumming, le pétillant Desmond Llewelyn et l'indéboulonnable Judi Dench.
Un retour en fanfare pour l'agent secret au service de sa Majesté.
En plus d'offrir un dépoussiérage en bonne et due forme de la figure cinématographe, on doit aussi à GoldenEye de nous avoir offert l'un des plus beaux jeux sur N64.

Pulsion73
15/07/2018 à 19:04

Charme viril Brosnan......mouais, Dalton davantage quand même. Brosnan, malgré une efficacité certaine, c'était la gravure de mode, le dandy. Et c'était encore l'époque des jeux de mots et de l'humour un peu à 2 balles.

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