Signes : critique déshydratée

Mise à jour : 16/01/2019 17:38 - Créé : 16 janvier 2018 - Thomas Messias

Comme dans IncassableM. Night Shyamalan part d'une situation improbable qui engendre du mystère et en tire la substantifique moelle pour appâter le spectateur. Ce qui apparaît dans la première partie de Signes, c'est que Shyamalan construit ses scénarii de manière de plus en plus mécanique. La montée en puissance est bien amenée mais prévisible : le réalisateur étonne, puis fait peur, puis fait réfléchir… avant de recommencer à l'envie son cycle pervers. C'est efficace, mais au bout d'un moment, on tape des pieds.

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FAIS-MOI SIGNE

Il y a deux parties assez distinctes dans Signes. La première, purement shyamalanesque, est une énigme apparemment insoluble (mais qui a bien pu dessiner ces crop circles dans le champ du fermier?) à laquelle une réponse peu renversante est donnée en milieu de film. C'est là que débutent les vrais soucis : cette fois, M. Night Shyamalan a davantage de messages à faire passer que d'histoires à raconter. La deuxième heure nous mène alors vers une sorte de twist final assez téléphoné parce qu'uniquement destiné à faire la leçon au spectateur.

Le message christique du film n'est pas très loin de l'endoctrinement, et en poussant le bouchon un peu loin, ça ferait presque penser à du Ron Hubbard. Une première raison de pouffer, la deuxième étant due à des effets spéciaux particulièrement ratés, qui ôtent toute crédibilité à l'ensemble.

 

SignesMel Gibson


Ce gâchis total est bien regrettable car Signes compte son lot de scènes fortes, toujours transcendées par une mise en scène agile et futée. L'intimité de certaines scènes (il y a très peu de personnages mais ils sont très soudés) renferme une émotion sincère. Joaquin Phoenix campe un formidable benêt, tour à tour drôle et poignant. Et, comme d'habitude, le récit réserve des scènes à suspense vraiment prenantes, parfaitement mises en valeur par l'excellente musique de James Newton Howard, qui s'est visiblement inspiré de Bernard Herrmann. Et par moments, la mise en scène de M. Night Shyamalan ferait presque oublier le contenu du film. Par moments seulement.

 

Signes poster

Résumé

Au fil des films, Shyamalan a voulu conserver son style (on le comprend) tout en donnant du corps à son discours (le Bien et le Mal dans Incassable, la foi ici, l'insécurité dans Le village). Étant donné son immense talent de conteur d'histoires, on préfèrerait presque qu'il mette sa conscience morale de côté pour continuer à nous livrer des divertissements malins, tordus et innocents. On a beau triturer ce Signes dans tous les sens, il laisse dans la bouche un goût désespérément douteux.

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