Critique : New York Taxi

Patrick Antona | 29 août 2005
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De Vanilla sky à Dark water, il est maintenant commun de voir, venant des USA, nombre de remakes se basant sur des succès du cinéma étranger. Mais on peut rester dubitatif devant l'idée de distribuer sous nos latitudes des versions-ketchup de films récents bien de chez nous, peut-être pour faire plaisir à son producteur à savoir l'omnipotent Luc Besson ? Autant dire de suite que, à l'image des Visiteurs en Amérique, il y a quelque temps, ce New York taxi se pose comme La sortie inutile de l'été.

N'apportant strictement rien au film original, mais dire qu'il en retranche serait faire beaucoup d'honneur à son modèle qui n'en méritait pas tant, ce remake américain se borne uniquement à rouler dans les traces de pneus déjà balisés, le bitume new-yorkais remplaçant celui de Marseille. Si l'histoire est rigoureusement la même, la seule originalité est d'avoir troqué le couple masculin pour un duo hétéro, la chanteuse Queen Latifah remplaçant Samy Nacéri (l'argot du Bronx devant être le pendant de la tchatche marseillaise pour les producteurs ?). Dans le même ordre d'idée, les braqueurs teutons se sont avantageusement mués en un gang de top models internationales, (aussi bien carrossées que les BMW qu'elles pilotent !) et la latina girl Jennifer Esposito (Summer of Sam, Dracula 2001) prend le rôle de Bernard Farcy (mais là on y perd forcement en ce qui concerne l'humour).

Alors, à part la scène de fouille au corps entre la sculpturale Giselle Bündchen et Jennifer Esposito et quelques cascades automobiles plus gonflées (la production a bénéficié de moyens confortables), le reste du film rentre dans la catégorie de l'anecdotique. Queen Latifah nous fait son numéro habituel de la grande fille nature et intarissable, comprenant bien que le fait d'avoir un « side-kick » blanc sous la main est du pain béni pour elle (comme dans Bronx à Bel-Air) alors que la prestation piteuse de Jimmy Fallon nous fait regretter le temps où le Saturday Night Live produisait des acteurs tels que John Belushi et Bill Murray, voir Adam Sandler. Même le bêtisier proposé au générique final est raté, c'est dire le niveau d'échec de l'entreprise… La seule véritable surprise du film résiderait peut-être dans la personnalité de son réalisateur, Tim Story, dont les 4 Fantastiques, postérieur à New York Story, montre que ce yes-man a réussi à faire un peu de progrès en quelques mois, sans atteindre le nirvana des cinéastes d'action non plus !

Résumé

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