Peur bleue 2 : critique sous l'eau

Christophe Foltzer | 30 avril 2018

Sorti chez nous en 2000, le premier Peur bleue, de Renny Harlin, est rétrospectivement un bon gros délire bien fun avec des requins super-intelligents. Une certaine idée du bonheur cinéphilique comme on en fait plus aujourd'hui. Et on en a la preuve avec sa suite plus que tardive.

Photo Peur Bleue 2
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20.000 LIEUES SOUS L'AMER

On pourrait se demander ce qui a poussé Warner à produire une suite à Peur Bleue, surtout 18 ans après l'original et exclusivement à destination du marché de la vidéo si l'on ne se rappelait pas des succès récents de Instinct de survie et de 47 meters down. Le requin, ça fait vendre, en plus ça coûte pas super cher et donc c'est très facile à produire, surtout que En eaux troubles avec Jason Statham arrive bientôt. C'est probablement le calcul qu'ont fait les mecs en costard de la Warner et on ne sait pas trop comment leur dire que c'était une idée faisandée dès le départ. Car si Instinct de Survie fonctionne en dépit de son budget riquiqui parce que justement son postulat est pensé en fonction de ses moyens, s'attaquer à la suite du délire sous-marin de Renny Harlin quand on ne veut pas lâcher trop de thunes, c'est pas vraiment l'idée du siècle.

 

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Des comédiens impliqués

 

Peur Bleue 2 se pose moins en suite de l'original qu'en variation sur le même thème puisqu'à aucun moment le film de Renny Harlin n'est mentionné, ni même ne semble exister. On se retrouve ici à suivre les pérégrinations de Misty Calhoun, experte en requins qui se voit engagée par le magnat Carl Durant pour aller visiter sa station sous-marine et voir l'expérience révolutionnaire qu'il prépare dans le plus grand secret : modifier génétiquement des requins pour les rendre plus intelligents et ainsi en extraire les cellules pour les transformer en sérum à destination des hommes. Sauf que bien sûr, ça se passe mal, les requins sont réellement intelligents et ils ont un peu l'impression qu'on se fout de leur gueule alors ils décident de tuer tout le monde. Enfin, pas vraiment, en fait. Ouais, c'est compliqué.

 

Photo Peur Bleue 2

Pas forcément la meilleure idée de la journée là

 

LE GLAND BLEU

Si on ne s'attendait pas à un chef-d'oeuvre, on pouvait quand même espérer un minimum une aventure qui assume son statut de série B et parte à fond dans le délire. Las, Peur Bleue 2 se prend très au sérieux du début à la fin parce que, voyez-vous, il a un message à délivrer. Si on lui passera le jeu plus qu'aléatoire de ses comédiens de seconde zone, sa facture visuelle plus proche d'un téléfilm des années 90 que d'un film de 2018, le fait que son décor se résume à deux couloirs qu'on éclaire avec des couleurs différentes pour faire croire qu'on est ailleurs, on pardonnera par contre beaucoup moins son scénario insipide qui nous prend clairement pour des buses.

 

Photo Peur Bleue 2

Dans "Peur Bleue", il y a "Bleue"

 

Les plus attentifs auront reconnu dans le court résumé ci-dessus que Peur Bleue 2 est moins une variation autour du premier film qu'un remake caché, et mal fichu, de Jurassic Park. Et, in situ, ça saute aux yeux : les scientifiques d'horizons différents approchés par un multi-milliardaire qui prépare un projet secret dans un coin perdu de l'océan, la promesse de financer les recherches de chacun en échange d'un petit week-end d'expertise, l'arrivée à la station avec une musique pseudo-symphonique, l'avocat qui se fait bouffer... Pas besoin de faire un dessin, vous avez compris.

 

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"Je suis un héros badass tout autant que sensible. Enfin, il parait."

 

A la limite, ce serait plutôt rigolo si le film en profitait pour plonger dans l'action bourrine et non-stop, dans la terreur pure, d'autant que le décor s'y prête, mais non : le film se borne à étaler des personnages ridicules qui n'ont aucune logique psychologique avec un suspense tellement mou du genou qu'il en devient embarrassant. Le pire étant que dans son action moralisatrice, le scénario en vient à totalement justifier le plan de l'antagoniste. Dès qu'on le voit à l'écran, les héros se chargent de lui tomber dessus en le traitant de pourriture. Partout, tout le temps. Il y a un tel acharnement qu'il en devient sympathique et lorsqu'il dévoile son grand plan (en gros : rendre les humains plus intelligents parce que sinon ils vont se faire dominer par les robots et les ordinateurs, si, si), on se dit qu'au fond il n'a pas tort tant la galerie qui nous est proposée ici est un concentré de teubés qui méritent bien leur sort. Bref, Peur Bleue 2  n'a rien pour lui et on ne va pas perdre plus de temps à en parler.

 

Affiche

Résumé

Ridicule, mal fichu, fauché comme les blés, Peur Bleue 2 est un modèle de ce qu'il ne faut pas faire. Poubelle.

commentaires lecteurs votre commentaire !

YAYON
24/05/2018 à 17:46

JE SUIS TOUT A FAIT D ACCORD AVEC YATZ.....

yatz
23/05/2018 à 19:03

le premier était pas terrible mais le 2 ème est à chier c' est limite honteux de produire ça .
En tant fan de requin je vous conseil the reef , open water ou 47 meters down ou 12 days of terreur le reste ne vaut pas la peine

76
20/05/2018 à 13:58

Je viens de regarder ce film. Que dire? Par quoi commencer... Film de requin le plus pourri que je n'ai jamais vu. Deux scènes parmi tant d'autres les plus risibles c'est lorsque le requin écoute via le hublot et quand la blonde met sa combinaison en s'arrêtant bien au niveau de la poitrine pour mettre en avant ses atouts! Quoi de plus normal lorsqu'on se fait attaquer par des requins! Conseil : ne perdez pas votre temps à regarder ce navet! Le premier était largement mieux!

bill
18/05/2018 à 22:51

je pense que le realisateur n etais pas la... impossible de mettre son de producteur sur une daube pareille

mikegyver
02/05/2018 à 10:40

le 1er etait un etron, vu au ciné a l'epoque, j'etais jeune et j'ai pas aimé, c'est dire la nullité du truc (jeune j'etais pas difficile sur la qualité).

dans le 2 la scene ou le requin ecoute au hublot le plan du patron en lisant sur les levres j'ai failli me pisser dessus !! fallait oser !

Mary helene moffit
01/05/2018 à 08:29

Pendant mon repassage, je vais regardé ça

west666
01/05/2018 à 07:21

rien a rajouté poubelle exactement

Flash
30/04/2018 à 18:57

Le premier était quand même gratiné avec ses requins moisis en image de synthèse.

Zanta
30/04/2018 à 17:35

Quelle bêtise de la part de Warner d'avoir fichu en l'air cette marque... Elle avait sa petite côte de sympathie auprès d'une partie du public, et ils en ont fait un truc bon à passer sur SyFy après Sharknado. Heureusement qu'ils nous préparent Meg pour cet été.

Zombiekush
30/04/2018 à 15:12

Effectivement, c'est nul à chier , on est bien loin du 1 er. Je me demande ou ils trouvent un budjet pour des daubes pareille. Dans la même veine de nullité que le dernier hellraiser oU dernier tremors (enfin les 3 , 4 derniers)

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