••• Christophe Lambert


27 déc 2006 Par Laurent Pécha

Pour la sortie du Lièvre de Vatanen, Christophe Lambert s'est transformé en VRP de renom. Multipliant les apparitions télévisuelles (si, si, vous l'avez forcement vu ces derniers jours si vous avez allumé votre poste), le comédien assure une promo d'enfer avec une gentillesse et une disponibilité confondante. L'homme est conforme à l'image de ce que l'on fait de lui. Pas de langue de bois, une totale lucidité, sincérité et passion dans ses propos. Une occasion rare de faire le point sur une carrière unique en France. Rencontre avec notre immortel préféré qui revient avec une franchise rafraîchissante sur une filmographie certes en dents de scie mais ô combien passionnante à décortiquer.

 

Cela fait des années que Marc Rivière cherche à monter Le Lièvre de Vatanen et vous êtes lié au projet depuis le début. Pourquoi une telle conviction et une telle fidélité ?
Marc a acheté les droits il y a quinze ans et m'a proposé un premier scénario il y a sept ans. C'est une adaptation très difficile. Le livre a des connotations très noires et très négatives que Marc voulait positiver. Quand Marc m'a proposé le scénario, j'ai lu le livre et je lui ai dit que je pensais qu'il y avait encore du travail à faire sur le script. Marc est donc reparti. De toute façon, à cette époque, il était très occupé et moi aussi. On s'est retrouvé cinq ans plus tard et il m'a donné une nouvelle version en me disant : « Voilà, je pense que le scénario est abouti, qu'il est prêt ». Je l'ai lu, j'ai tout de suite été d'accord et on est parti dans l'aventure. Ce n'est donc pas le montage (financier) du film qui fut difficile mais tout simplement l'adaptation d'un roman extraordinaire mais très noir et très négatif que Marc voulait positiver. Et je pense qu'il a eu raison de le faire.

 

 

Pourquoi ?
Quand je vois que 40% des français aimeraient changer leur vie, ça veut dire qu'il y a une compréhension et un ras le bol quotidien par rapport à tout ce que représente le stress de la vie d'aujourd'hui. Désormais, au lieu d'aller s'installer en ville comme ce fut le cas auparavant, les gens aspirent à en sortir. Est-ce que l'on peut parler d'un désir de retour à la nature ? Peut être ! Je pense surtout qu'il y a une simplification d'une vie qui va amener une grande liberté. C'est en fin de compte ce que vit mon personnage. En se débarrassant de tout ce qui le dérange dans sa vie quotidienne, il va tout d'un coup commencer à respirer. Il va se remplir, il va se nourrir, il va avoir un sourire, il va être heureux parce qu'il est libre. 

 

On ne peut donc pas vous taxer d'opportuniste, comme certains aimeraient le faire à une époque où les problèmes liés à l'écologie sont sur toutes les lèvres ?
Non.

 

C'est un film militant donc. Ayant vu récemment Rocky Balboa où Stallone nous parle indirectement de lui à travers son film, j'ai eu le même genre de sentiment en voyant Le Lièvre de Vatanen où l'on se dit que c'est vraiment Lambert au naturel.
Quand on voit mes débuts, je ne parle pas du Bar du téléphone mais de Greystoke, de Paroles et musique et de Subway, on identifie toujours ce que je fais et ce que je suis à des films d'action. Je n'ai pas fait que des films d'action. C'est vrai qu'un film comme Highlander a certainement marqué plusieurs générations. C'est un film extrêmement moderne qui est encore aujourd'hui en avance sur son temps visuellement. Je pense que chaque acteur a une appartenance. Si on parle d'Harrison Ford, on dira Indiana Jones, si on parle de Mel Gibson, on dira Mad Max. Moi, je reviens en fin de compte à un cinéma qui était beaucoup plus proche de moi au début avant la connotation Highlander, Fortress, et tous ces films d'action. Je reviens en fin de compte avec le cinéma avec lequel j'ai commencé. Parce que quand on regarde Greystoke et Le Lièvre de Vatanen, attention je ne fais pas de comparaison, il y a d'un côté un mec qui sort de la jungle pour prendre le risque d'aller voir ce qu'est la civilisation et de l'autre un mec qui sort de la civilisation pour retourner dans la jungle en se disant, parce qu'il faut du courage dans un sens ou dans l'autre, qu'il va prendre le risque d'aller voir ce qui se passe dans la jungle. On n'est pas en tant qu'être humain adapté à la forêt, à la jungle, à vivre comme un « homme des bois ». C'est, à la limite, encore plus difficile, je dirais, que de partir de la jungle pour aller vers la civilisation. Donc, en fin de compte, je reviens à ce que je faisais il y a vingt ans. Ce n'est pas du tout un calcul, ça s'est trouvé comme ça. En plus il y a de nouveau une connotation animalière puisqu'il y a ce rapport avec un lièvre qui n'a rien à voir avec un singe, sauf que ce sont tous les deux des animaux sauvages donc imprévisibles, extrêmement naturels, constamment sur le fil d'un rasoir où l'on ne peut basculer ni à gauche ni à droite parce que sinon on peut très vite tomber dans le ridicule. En fin de compte, je suis très content parce que c'est un peu comme si la boucle était bouclée. C'est Dominique Besnehard (NDR/ l'ex-agent grand découvreur de talents) qui l'a très bien dit : « Ce film est pour Christophe, c'est le démarrage de la deuxième partie de sa vie ou de sa carrière. » C'est assez juste. Maintenant, je rentre dans des personnages différents et aussi dans d'autres envies. Tant mieux, parce qu'à un moment donné, à l'époque d'Highlander : Endgame, j'en avais ras le bol et c'était la première fois que cela m'arrivait vraiment.

 


Ça tombe bien puisque vous mourrez dans le film.
Oui exactement. J'en avais tellement marre que j'avais même plus envie de faire les combats. Alors que sur Highlander et ses deux suites, je faisais toutes les chorégraphies, toutes les répétitions,Â…Sur le 4, j'ai souvent demandé à ce que ce soit ma doublure qui fasse les combats. Un vrai ras le bol ! Il y a un moment donné où il faut se réveiller. Parce que j'aime ce métier passionnément, je me suis posé des questions : qu'est ce qui me passionne aujourd'hui ?. La réponse : un changement de personnage, une originalité dans l'histoire. Et là, je ne pouvais pas mieux tomber parce que plus original que Le Lièvre de Vatanen, c'est dur à faire. Je n'ai jamais vu de film comme ça. Il se trouve qu'à partir de Janis et John, il y a eu une succession de personnages différents, originaux, qui sont plus basés sur une sensibilité, sur une naïveté, sur une fraîcheur, et sur une détermination affective qui fait que quoiqu'il arrive, on ne les détournera pas de ce qu'ils pensent avec leur cœur.

 

C'est assez paradoxal que vous citiez Janis et John comme un révélateur, parce que c'est le seul film dans votre filmographie, depuis Greystoke, où vous n'êtes pas la tête d'affiche.
Absolument mais moi je n'ai jamais eu d'à priori là-dessus. Ce qui m'intéresse, ce n'est pas la longueur du rôle, ce n'est pas le fait que j'interprète le rôle principal, c'est la qualité du rôle. Vous savez, je pense qu'il y a des grands, que ce soit des Sean Connery, ou des Jack Nicholson, qui ont compris ça depuis longtemps. Quand on voit Jack Nicholson dans certains films, il a trois scènes et il explose parce qu'il a de la matière pour exploser.

 


Mais vous, vous ne l'avez pas fait.
Je ne l'ai pas fait mais quand j'ai lu le personnage de Janis et John, je me suis dit que je ne pouvais pas refuser un tel rôle, il fallait que je le fasse.


Une nouvelle carrière s'offre donc à vous. Comme vous vous êtes bien débrouillés financièrement en tournant énormément avec des cachets toujours importants, vous pouvez désormais être plus libre dans vos choix artistiques.
Oui vous savez c'est vrai que l'argent amène une certaine sécurité qui permet en tout cas de choisir. C'est à dire de se dire : si je ne tourne pas pendant deux ou trois ans, ça ne change pas grand-chose à ma vie. J'ai eu des plages de repos où je me suis posé des questions, où je me suis dit comment est ce que je peux retrouver la passion qui m'habitait lorsque je tournais Highlander et consorts, ou celle qui t'anime quand tu débutes et que tu ne connais pas le métier. Quand j'ai fait Greystoke, c'était tout feu toute flamme. C'est d'abord un rôle magnifique, un metteur en scène oscarisé, une machine américaine avec 500 personnes sur un plateau. Et puis progressivement on rentre dans des belles choses comme Subway ou Paroles et musique, puis dans des moins bonnes choses parce qu'il y a l'appât de l'argent, parce qu'il y a plein de trucs qui vont autour de ça. Je veux dire qu'une carrière ne se construit pas uniquement dans une totale intégrité de l'acteur qui dit « non moi je ne touche pas à ça » et puis qui se réveille à 45 ans et qui habite dans une poubelle. Je n'ai pas envie de ça non plus.

 


Ce qui est bien chez vous, c'est que vous ne vous êtes jamais caché de ça.
Absolument ! Il y a un moment où l'on se réveille et on se dit « oh putain, fais chier je dois aller bosser ». Quand on a la chance de faire un métier qui est aussi diversifié, aussi nourrissant, et aussi unique, par rapport aux 99 % des gens qui, eux, ont une réelle routine, je me suis dit : Christophe tu n'as pas le droit de rentrer dans une routine, donc comment en sortir maintenant ? Le meilleur moyen d'en sortir c'était d'aller vers des rôles qui étaient des vrais rôles plus difficiles, des films plus difficiles, et des choses surtout qui me plaisaient, qui m'excitaient. Le rôle de Janis et John, il m'a excité. Sur Janis et John, comme sur Le Lièvre de Vatanen ou encore le prochain film de Sophie Marceau Trivial, je n'ai pas regardé ma montre une fois, parce que le temps ne passe plus. On se dit putain c'est déjà la fin de journée. On passe douze semaines en tournage, ce qui est quand même long, et on se dit putain, le film est déjà fini. Tu es triste. J'ai envie d'avoir le même bonheur et la même tristesse que j'ai quand le tournage s'arrête. J'ai redécouvert ça avec Le Lièvre de Vatanen, j'ai redécouvert ça avec le film de Sophie et j'espère qu'avec le prochain film, ce sera la même chose parce que c'est ça le moteur. Le moteur n'est qu'affectif. C'est en se posant des questions et en cherchant qu'on trouve et moi je suis content d'avoir trouvé ça parce que je suis content aussi d'avoir compris aujourd'hui que c'est à travers cette originalité, à travers ces différences qu'on peut évoluer.

 

 

Vous allez donc vous tourner avant tout vers des films français parce qu'il est impossible que vous trouviez ce genre de rôles ou de films sur le marché américain lorsque vous tourniez des « direct to vidéo » type Adrénaline.
C'est sûr que le réflexe naturel d'un producteur international serait plus de me proposer un film d'action qu'un film d'acteur. Maintenant en renversant la machine, et en allant vers quelque chose de plus original, de moins superficiel, on renverse aussi ce que pensent les gens, que ce soit au niveau du public ou de la profession. Je suis toujours extrêmement attiré par tout ce qui entoure les thrillers, les films à suspense, les films policier, les films de gangsters,Â… Mais gangster ne veut pas dire action. Prenons un film comme Heat, c'est un film génialissime, un film d'acteurs. Il y a trois séquences d'action à un moment donné avec les hold-up mais le reste du temps, c'est un film d'acteurs. On peut également considérer que Scarface est un film d'acteurs avant d'être un film d'action. On peut donc trouver des choses. On ne se débarrasse du passé certes mais il y a de toute évidence plein d'autres possibilités, plein de couches différentes suivant les personnages et suivant l'acteur.

 

Vous pensez que vous pouvez encore les atteindre aux États-Unis parce que c'est vrai qu'ils vont plutôt se dire « Bon bah Lambert, un « petit budget », on tourne ça vite fait bien fait et on cartonne en vidéo ou dans des pays type Brésil où le nom se vend encore super bien ».
On verra, mais ce n'est pas calculé. Ce que les américains vont me proposer aujourd'hui, je ne le ferai pas, parce que je n'en ai pas besoin et surtout parce que je n'en ai pas envie. Donc si je dois faire des films français, italiens, espagnols, tant mieux. J'en serai plus que ravi.


Tant mieux pour le cinéma français alors.
Oui et puis il n'y a jamais eu de calculs en fin de compte. Je ne suis pas allé aux États-Unis par calcul. D'ailleurs quand on a écrit que j'étais parti en Amérique, c'est faux, je ne suis jamais parti nulle part puisque j'habite dans un avion. J'ai toujours été trimballé à gauche et à droite, j'ai été élevé dans un milieu de grands voyageurs (NDR/ son père était diplomate aux Nations Unies), j'ai toujours vécu comme ça. Je ne suis pas parti aux Etats-Unis, on m'a appelé pour des films « américains » et je suis donc parti les tourner. Après, il se trouve que j'ai rencontré une femme américaine, qui était ma première femme (NDR/ l'actrice Diane Lane), et puis on a eu un enfant dix ans plus tard. Si vous lui posez des question, elle vous dira « Christophe, il était à Los Angeles trois mois de l'année. Sinon le reste du temps il était en voyage, en tournage, il faisait du business ». Je n'ai jamais changé, j'ai toujours été comme ça. À la limite, je n'ai jamais été autant en France que depuis Janis et John. Je suis quelqu'un qui vit extrêmement en retrait de tout ce qu'on pourrait appeler le « glit », c'est le glamour de ce métier, parce que j'ai toujours été comme ça. Je n'ai jamais eu une passion ni pour les festivals ni pour les soirées. Le sorties, les boîtes de nuit, les évènements où l'on est invité, c'est toujours des trucs que je refuse pratiquement systématiquement parce que je n'ai pas envie. Ça ne veut pas dire que je les critique ou que je ne les aime pas, je m'en fiche. Cela ne me correspond pas.

 

 


C'est peut être pour ça aussi que les spectateurs ont beaucoup d'affection pour vous, on peut se sentir proche de votre côté simple, anti star-système.
Oui, c'est un artifice qui ne m'intéresse pas. Je connais pas mal de mes confrères qui sont paniqués parce qu'il y a une semaine où ils ne sont pas dans Voici. Je me dis : «Mais tant mieux, tu as de la chance de ne pas être dans Voici». Et ils me répondent : « Non mais tu comprendsÂ… ». Non je ne comprends pas. Je ne comprends pas parce que c'est l'opposé, on n'existe pas à travers tout ce qui est people. C'est que du faux, du superficiel. Moi j'ai envie de vrai, j'ai envie de sentiments, d'affectif, de cœur, de générosité, de communication entre les êtres humains et je n'ai pas envie de fausseté, de claques dans le dos, et de faire de grands sourires alors que dans sa tête on pense : « Putain lui je ne peux pas l'encadrer ». Ça ne m'intéresse pas parce qu'en plus on le lit dans les yeux des gens. Je n'ai pas envie de rentrer malheureux chez moi, d'être déçu, c'est tout. Donc, en fin de compte, toutes ces choses que je ne fais pas positivent le reste, c'est vraiment un choix.

 

Est-ce que vous êtes, comme vous l'avez souvent revendiqué, une sorte de Peter Pan, un enfant dans un corps d'adulte ?
Oui, ce n'est pas tellement que je le revendique, c'est que je n'ai jamais compris pourquoi entre la naissance et la mort, il fallait passer par l'âge adulte. On naît et on meurt donc au milieu, il n'y a rien. On est vivant et puis on meurt et la vie s'arrête. Je me suis aperçu que dans le monde de l'enfance, j'ai mes responsabilités d' « adulte » avec ma fille, mais ma fille c'est ma copine. Moi quand j'entends des parents qui disent : « Ah non moi, mes enfants ce ne sont surtout pas mes copains », il y a une barrière et je trouve cela dommage. Ça limite un dialogue, moi ma fille, elle me raconte tout. Ça veut pas dire que moi je lui raconte tout parce qu'il y a des terrains sur lesquels il ne faut pas s'engager avec certains enfants. Mais ma fille elle me raconte tout, ça veut dire qu'elle se sent en sécurité, en liberté et que jusqu'à aujourd'hui, il n'y a pas de mensonges pour la simple et bonne raison que je lui ai dit : « Ecoute tant que tu me dis la vérité, il n'y aura jamais de problèmes, si tu me mens là il y aura un problème. En plus je le verrai et je le sentirai très vite puisque ça fait quand même partie de mon métier donc fait attention là dessus. » Il n'y a jamais eu un problème, elle m'a toujours dit la vérité et il n'y a jamais eu d'engueulades.
Pour moi, ce n'est pas tellement que j'ai eu envie de retourner à l'enfance. C'est le genre humain qui me correspond dans le sens où l'enfance, c'est le rêve, l'imaginaire, le fait de se poser tout le temps des questions. Puisqu'on ne connait rien quand on est petit, on pose tout le temps des questions. Je ne veux pas changer cette condition, je veux toujours avoir une question parce que tout est nouveau. Je ne connais rien donc je veux apprendre.

 

Quelle aurait été votre carrière si vous n'aviez pas joué dans Greystoke ? N'y a-t- il pas un côté un peu frustrant quand les gens se disent : « Ah Lambert il était vachement bien dans Greystoke » ?
Non, parce que je crois qu'il y en a un peu pour tout le monde. Là, j'ai fait une émission télé, j'ai rencontré des mecs qui me parlaient de Mortal Kombat et non de Greystoke. Mais c'est vrai que les films qui ont le plus marqués, ce sont certainement Greystoke et Highlander.

 

 


En terme de qualité, peu de gens vont vous dire que Greystoke est un mauvais film.
Ça, c'est sûr. Mais ce qui est intéressant, c'est que peu de gens se disent aussi que Highlander c'est de la merde. Pourquoi ? Parce qu'avant d'être un film d'action, le premier Highlander est un film de sentiments, de romantisme. Il y a de l'action, une manière de filmer qui est très vidéo, mais il y a surtout la souffrance d'un mec qui ne peut pas aimer. Maintenant si on prend uniquement la machine Greystoke, ce qu'elle représente du fait de l'environnement naturel, le sentimentalisme, la souffrance, la sensibilité de ce mec, c'est vrai que je n'ai pas de comparatif. C'est un film unique. C'est d'ailleurs pour ça qu'on n'en a pas fait de suite.

 

Justement, il y avait un projet de suite à une époque ?
Ça a été effleuré et puis après le studio, comme le metteur en scène, ont regardé le film en se disant non, c'est un film avec un début, un milieu, et une fin. Qu'est ce qu'on va raconter d'autre ?

 

Et puis à l'époque on n'était pas encore dans l'obsession des suites.
Oui et puis en plus ce n'est pas un film qu'il faut toucher. Quand ils parlent de faire éventuellement un remake de Tarzan, c'est très bien mais il va falloir être au même niveau que ce qu'a fait Hugh Hudson. C'est extrêmement difficile, même avec la technologie d'aujourd'hui. En fait, c'est surtout humainement que cela va être difficile.

 

À l'heure où Besson sort son « dernier » film, parlons de Subway. Même si vous dites que ce n'est pas vraiment votre truc, vous avez quand même reçu un César. À l'époque c'était quand même la « Lambert mania ».
Complètement, mais c'est un truc que je regarde avec beaucoup de distance, cet engouement populaire, en restant exactement ce que je suis aujourd'hui. Je passais deux heures, trois heures à signer tous les autographes des gens qui me le demandaient, à faire des photos,Â… Je me souviens, je tournais Le Complot à l'époque, c'était en 1987, il y avait une queue devant ma caravane et moi je restais jusqu'à minuit alors que j'avais terminé de tourner à vingt heures. Je signais tous les autographes. Je l'ai toujours fait avec plaisir parce que sinon je me serai démerdé en disant « mettez ma caravane dans une cour intérieure » puis je serais parti en douce dans une voiture noire. Mais je n'ai jamais eu ce comportement, j'ai une grande distance par rapport à ça, je me dis que c'est la seule manière de remercier ces gens. S'ils sont là, qu'ils sont capables d'attendre deux ou trois heures dans le froid, dans le vent, sous la pluie, et bien moi, je dois être bien capable pendant deux ou trois heures de leur signer les autographes qu'ils veulent, bien au chaud dans ma caravane. Faut pas déconner non plus ! J'ai toujours été comme ça et cela ne changera jamais. Ce n'est pas une perte de temps, c'est un truc que je considère comme normal. C'est l'échange normal que devraient avoir les êtres humains entre eux. Pour en revenir à Subway, cela a été un souvenir génialissime parce qu'on avait tous, de Luc à Jean Reno (ce dernier ayant toutefois presque 10 ans de plus) 26, 27 ans. Il y avait une insouciance, un extrême professionnalisme déjà, une dureté à ce niveau professionnel de Luc, mais on se marrait comme doit être le tournage d'un film. C'est ça que j'ai retrouvé avec Le Lièvre de Vatanen ou le film de Sophie Marceau. J'ai retrouvé cet amusement permanent où l'on est heureux d'être sur un plateau.

 

 


Passons maintenant à Highlander, le film le plus culte de votre carrière. Est-ce que vous êtes fan de la série et avec le recul pourquoi les autres sont ratés ?
La série, je pense qu'elle est bien foutue parce qu'elle utilise le concept des transitions à travers les temps. Maintenant est-ce que c'est une grande série ? Non. D'ailleurs, on me l'avait proposé à l'époque mais je n'avais pas envie de me lancer dans six ans d'aventure. Ce que personne ne savait au début, parce que ça a été un gros succès. Et puis surtout je n'avais pas envie de faire que ça. Maintenant, il n'y a rien à critiquer, je pense que la série est bien foutue, je pense qu'elle utilise exactement le concept d'Highlander et le personnage était parfaitement choisi, un côté un peu Sean Connery, beau gosse. De toute façon, il n'y a pas de secret, si un truc marche, c'est qu'il y a une raison.

 

Les suites, pourquoi sont-elles ratées? Notamment le 2.
Le 2, je suis d'accord !

 

 


Le 2 c'est un gros problème. Vous avez du avoir un choc parce que ce n'est pas ce que vous aviez tourné.
Ce que moi j'ai reproché depuis le début au niveau scénaristique, ce que j'ai dit aux mecs, aussi bien les producteurs que les scénaristes, c'est pourquoi est-ce que vous voulez expliquer l'immortalité ? On s'en fout ! Donc, ils ont inventé cette espèce de truc de la planète Zeist.

 

Pourquoi faire de la science fiction alors que le premier était plutôt du genre gothique, héroic fantasy ?
Il ne faut pas me demander à moi, malheureusement je n'avais rien à dire. J'avais signé pour le 1 et le 2 sur le même contrat. Ils m'ont dit que c'était ça qu'on allait tourner. J'avais donc le choix d'un procès ou d'accepter de tourner le film en l'état.

 

Et Russell Mulcahy ?
Avec Russell, on était pareil. On a essayé de changer les choses mais on s'est heurté au niveau des auteurs. Un des auteurs était aussi producteur du film, donc ça devient encore plus compliqué. Tout ce qu'on leur disait, c'était : « Ce n'est pas un film de science-fiction. N'expliquez pas qui sont les immortels, on s'en fout puisque dans le premier on ne l'explique pas. Il y a des immortels sur terre, point final. » On n'a pas besoin d'expliquer d'où ils viennent. Ça a été une grosse déception pour tout le monde même si le film a très bien marché. Et après sur le 3 et le 4, ils sont revenus au concept du premier.

 

 

Ça n'a pas marché.
Non, le 3 a bien marché, et le 4 .

 

Oui mais artistiquement ?
Ce n'est pas la même chose. Le réalisateur du numéro 3, avec qui je me suis très bien entendu, n'a pas le même univers visuel, créatif, et imaginatif que Russell. Mais de toute façon, je ne connais pas beaucoup de metteurs en scène qui ont l'univers créatif de Russell. Parce que quand on a fait Résurrection, il y a quand même un univers vachement créatif, et imaginatif dans ses mouvements de caméra. Russell, c'est un vrai fou.

 

Justement en parlant de Résurrection, c'est le seul scénario de votre carrière, avec l'influence de Seven. Pourquoi vous mettez-vous subitement à l'écriture ?
Parce que j'ai eu une idée un jour à Los Angeles. D'ailleurs ce n'est pas moi qui l'ai écrit, j'ai donné l'idée à l'auteur américain. J'ai simplement eu l'idée en me disant que ce serait hallucinant qu'un tueur en série tue des gens pour les démembrer et reconstitue le corps du Christ pour le jour de la Résurrection. J'ai balancé cette idée, ça a été un flash comme ça sur ma terrasse à Los Angeles.

 

 


Avec le recul est-ce que vous ne pensez pas que Cimino a fait une erreur de casting en vous prenant pour Le Sicilien ? Qu'est ce qui fait que le film ne soit pas aussi fort et mémorable que les précédents Cimino ?
Je crois que ce n'est pas vraiment une erreur de casting, le problème c'est qu'il en a fait un personnage trop brillant, trop flashy, sûr de lui alors que le mec était un paysan d'une part et d'autre part parce qu'il passe sa vie à cheval dans la poussière. Et tout d'un coup, le mec est en veste de velours verte, en Armani manteau, et ça dénote avec le concept de l'histoire.

 

En plus vous êtes quand même beau gosse.
Salvatore Giuliano avait quand même une belle tronche.

 

Oui mais avec ce que vous racontez, ça accentue quand même ?
Ah oui, il aurait du le salir. C'est déjà une des erreurs, pour moi, du Sicilien. C'est très étonnant d'ailleurs avec un mec comme Cimino parce que c'est quand même un des meilleurs metteurs en scène qui ait existé, au niveau visuel et au niveau mise en scène. À la fin, c'est peut être plus, je dirais, pour des raisons mentales, de substance, et de choses comme ça, qu'il y a eu une aberration.

 

 


On sent quand même qu'il y a eu un avant et un après Sicilien.
Oui, oui, c'est sûr. Je crois réellement que Le Sicilien est son dernier film qui a eu une certaine importance et qu'après cela a complètement dérapé. Desperate hours, par exemple, est un film très moyen pour un mec comme Cimino.

 

C'est le même problème que pour Greystoke. Quand on débute avec des films superbes, les gens ont tendance à dire que c'était mieux avant.
Effectivement, c'est toujours le problème si le premier est bon.

 

On vous retrouve après dans Face à face aux côtés de votre femme à l'époque.
Oui, c'est un bon thriller, c'est bien écrit, c'est carré. C'est le genre de films que j'aimerai faire maintenant aux Etats-Unis, avec un bon scénar, un très, très bon scénar.

 

Après, c'est le retour de l'enfant prodigue en France avec Max et Jérémie.
C'est un de mes films préférés. Ce n'est pas que je suis parti, c'est comme je te le disais tout à l'heure, que je suis toujours parti, revenu, parti.

 

 


Mais étant donné l'accueil critique et public, pourquoi n'avoir pas continué dans cette veine ?
Parce que ce n'était pasÂ…comment expliquer, il y a des époques pour tout. Et c'était encore une époque où il y avait une extrême volatilité dans ma manière de vivre, dans ma manière d'agir, ma manière d'être. C'était l'époque où ça commençait à battre de l'aile dans mon mariage. C'était une époque non seulement d'incertitude mais de direction. À ce moment -là je n'avais pas compris que c'est vers le plaisir que m'a procuré la lecture et le tournage de Max et Jérémie qu'il fallait que j'aille. Je l'ai compris presque 15 ans après. On pourra toujours se gausser en disant que je suis long à la détente mais je pense surtout qu'on comprend quand on doit comprendre.

 

Mortal Kombat ?
Bah Mortal Kombat, je me suis bien marré.

 

C'est un peu votre Superman, votre Batman à vous. Vous faites votre petite prestation et vous empochez un max de blé.
Ouais, j'ai bien gagné ma vie. Je vais vous dire pourquoi je l'ai fait celui là. Bien avant le moteur de l'argent, j'adorais le jeu vidéo, et je l'adore toujours. J'aimais être Rayden, le dieu du tonnerre et des éclairs. Ça me plaisait trop d'être un mec extrêmement calme qui d'un mouvement de doigt peut foutre deux personnes en l'air. Je suis l'opposé de ça dans ma vie. Je me suis dit : je vais toucher à la sagesse extrême de ce dieu tout en m'amusant comme un fou.

 

 


Evoquons ce que le grand public ne connaît pas forcement, le Lambert producteur. Avec Neuf mois, il a du flair, et avec Xavier Beauvois (N'oublie pas que tu vas mourir) et Xavier Durringer (J'irai au paradis car l'enfer est ici), il prend des risques en produisant des œuvres ambitieuses et singulières. Pourquoi ne tournez-vous avec ces réalisateurs ?
C'est à eux qu'il faut demander « pourquoi vous ne le prenez pas, puisque Christophe a produit votre premier film ». C'est des gens que je respecte et que j'adore. Moi, je laisse entièrement la liberté de choix, s'ils ont envie d'aller vers d'autres acteurs c'est leur prérogative et c'est très bien comme ça.

 

En tout cas, vous êtes très discret sur votre carrière de producteur.
J'ai toujours été comme ça. Je n'ai pas envie de mettre en avant les choses que je fais. Je fais quarante milles trucs par jour, j'aime ça mais je n'aime pas les mettre en avant, je n'aime pas les apparences. Ça me dérange donc je pense que les bonnes choses, et les choses qu'on fait, on les garde secrètes jusqu'à ce qu'elles explosent et que l'on ne puisse pas empêcher l'explosion. Je ne vais pas parler de tous les trucs que je fais, je ne dis pas que ce n'est pas intéressant, je n'ai juste pas envie de frimer, c'est nul. Je suis fier d'avoir produit les premiers films de Xavier Beauvois et Xavier Durringer parce que ce sont des gens que j'aime, que je respecte, et qui ont, en fin de compte, une énorme correspondance par rapport à ce que je pense de ce métier et des beaux films.

 

On passe maintenant aux films, on va dire, controversés (rire) : Beowulf et Vercingétorix, deux grands films comiques.
Beowulf , c'est une histoire très triste, parce que le poème du XIIème siècle retranscrit dans un cinéma d'action de grande qualité, c'était une idée de génie.

 



Sauf que là il n'y a pas de pognon.
Il y a eu mensonge de la part des producteurs qui devait faire un film à 25 millions de dollars en Roumanie, et qui ont terminé le film pour 3 millions et demi. Donc qu'est ce qu'on fait une fois qu'on a commencé et qu'on a été payé ? On n'a pas le choix, on continue. Passer de 25 millions à 3,5, on a déjà eu du bol d'avoir ce résultat là. Bien évidemment, j'étais furieux, mais ne pouvant rien faire, j'ai terminé le film. Quant à Vercingétorix, c'est un rôle sur le papier qui était inrefusable. C'est le héros français par excellence, c'est le mec qui a fait la France. Ce fut un dérapage permanent au niveau de la production, au niveau des financements qui n'étaient pas là, au niveau d'un metteur en scène qui était quand même extrêmement laxiste, et un résultat qui est exactement ce qu'il devait être. Une grosse déception aussi, non seulement au niveau critique mais au niveau acteur. Je vais vous dire une chose : c'est cent fois plus difficile de faire un film qui dérape ou qui n'a pas le budget escompté, de s'accrocher et de continuer à donner 100%, que quand on est heureux sur un tournage. Tout va bien, c'est facile, on ne se fait pas de soucis.

 

Mais les dialogues ils étaient bien sur les pages du scénario ? « Le bien n'engendre pas la force, le mal non plus, mais le mal appartient à ce monde des conflits humains où on est tous prisonniers, c'est là le véritable piège. » et là votre réplique à vous après c'est : « Tes propos incompréhensibles ne m'aident pas. ». Moi cette scène, j'ai ri pendant une demi-heure parce que vous dîtes exactement ce que l'on pense tous.
(Rires) Absolument !

 

 


C'est comme « L'éclat de ma victoire fait encore plus peser les invisibles défaites de mon passé ».
(Lambert répète la phrase)

 

Quand on lit ça, à chaque fois, on se dit « Ils prenaient quoi sur le plateau ? ».
C'est vrai qu'on est parfois confronté à ça. C'est extrêmement difficile parce que c'est la seule chose que j'avais à dire à part la possible ampleur d'un vrai personnage. J'expliquais à Jacques Dorfmann, le réalisateur, que les dialogues étaient un peu lourds, et je peux vous garantir une chose, pour les changer, c'était pratiquement impossible. Il me répondait : « Mais non, c'est vachement bien ».

 

Le « Gaulois, Gauloises ».
Je lui ai dit : « Jacques, je ne pense pas que c'est bien de dire Gauloises, Gaulois comme De Gaulle disait Françaises, Français ». Mais qu'est ce que tu veux répondre à un mec qui te dit « Mais tu crois que ça vient d'où le « Françaises, Français » ? Cela vient de « Gauloises, Gaulois », qui est une réalité historique. Simplement, si les gens ne le savent pas, et c'est ce que je lui disais, ils vont d'abord penser à De Gaulle et vont rire en se disant que nous sommes des fous.

 

 


En plus ça arrive au bout d'une heure de film et on rigole déjà depuis bien longtemps c'était déjà mort.
C'est une grosse déception pour moi parce que je pense qu'il y avait matière à faire Braveheart, réellement. Il y avait cette matière mais il n'y avait ni la détermination, ni la substance au niveau de la production et de la mise en scène. Il y avait pourtant tous les éléments pour faire ce que Mel Gibson a réussi à faire. Au premier tiers du tournage, je te garantis que tenir encore trois mois c'était très, très dur. Tu en chies réellement parce que tu n'as plus l'énergie, tu n'as plus l'envie, tu te dis « Oh putain je vais aller me battre, je vais aller me couper, je vais aller me blesser pour rien ». Il faut avoir un sacré moteur.

 

Involontairement en tout cas, ça me fait beaucoup rire.
Oui, mais ce n'est pas le but. Tu te dis quel gâchis sur un tel personnage.

 

C'est vrai, c'est dommage.
En fin de compte c'est toujours la même réponse, moi j'ai toujours pensé que l'on ne rattrape pas un scénario ou un film ni au tournage, ni au montage. On le prépare avant pendant des mois et des mois et on tourne son scénario. Là, on a des chances d'avoir un bon film. Je l'ai vécu avec Le Lièvre de Vatanen, mais je l'ai aussi vécu avec Sophie qui a écrit son scénario pendant trois ans. Quand tu lis un scénario qui a été écrit tous les jours pendant trois ans, et bien, ça se voit.

 

 


Justement, que pouvez-vous nous dire sur le film de Sophie Marceau ?
Je n'ai jamais vu quelqu'un travailler aussi fort et aussi généreusement que Sophie. Elle est non seulement forte visuellement mais sans esbrouffe, son visuel est adapté à son film. Dans sa générosité de direction d'acteur, je n'ai jamais rencontré un metteur en scène aussi puissant, elle explique, elle demande, et elle dit pourquoi. Elle n'est pas en train de dire « Tiens fais moi un truc un peu sensible mais où tu sors comme si tu voulais me mettre les larmes aux yeux. Tu comprends ce que je veux dire ? » Et tu ne comprends rien du tout parce qu'on ne t'a rien expliqué. Elle en pleure tellement elle demande des explications.

 

C'est un peu la réunion de deux stars marquantes du cinéma français des années 80. Cela paraît presque incroyable que vous n'ayez pas tourné ensemble avant.
Il fallait que cette rencontre se fasse au juste moment. D'ailleurs ce qui est intéressant c'est que quand Sophie a terminé ses trois ans d'écriture, elle est allée dans le bureau de Dominique Besnehard, qui était son agent et le mien aussi, elle lui a donné le scénario et elle lui a dit, elle était avec son producteur, « voilà, maintenant il faut trouver l'acteur. ». Ils se sont regardés tous les deux, il y avait une photo de moi au dessus, et tous les deux ensemble ils ont fait « mais c'est lui l'acteur ». Dominique m'a envoyé le script, je l'ai lu, j'ai rencontré Sophie, et puis voilà.

 

 


Quelle est l'histoire ?
L'histoire c'est un flic à la dérive qui a perdu sa femme deux ans auparavant. On va s'apercevoir au milieu du film qu'il n'est plus flic du tout et donc on va se demander s'il n'est pas fou. Il enquête sur la disparation d'un propriétaire de palaces. Il y a une femme qui vient le voir, une femme des années 60, qui a l'air d'être une star des années 60, et qui lui dit « si vous voulez savoir la vérité il faut aller à l'hôtel Normandie suite 401 ». Lui, comme on ne le sait pas, n'est plus flic et il a besoin d'une épaule, sinon il part complètement à la dérive. Cette enquête donne ainsi un sens à sa vie. Il commence à aller fouiller dans un passé épouvantable et se fait enfermer dans une machine infernale. C'est très hitchcockien. C'est Les 39 marches, la même mécanique avec une histoire extrêmement originale.

 

Parmi toutes les direct to vidéo, tous les films d'action de série B que vous avez fait, s'il ne devez en rester qu'un ?
Je me suis bien marré sur Mean guns. J'adore Albert Pyun. Si ce mec pouvait prendre six semaines pour faire un film au lieu de les faire en quinze jours. Albert, c'est un génie de la caméra, il est extraordinaire dans ses inventions. Je lui disais : « Mais putain Albert, tu fais ce film en une semaine, prend trois semaines, tu vas faire un chef d'œuvre. ». Il me répondait : « Non parce que là tu comprends, j'ai une semaine, je fais un mois de montage, trois semaines de machins, et puis dans deux mois je peux recommencer ». C'est un impatient permanent. Pour moi, il a réalisé le meilleur Van Damme avec Cyborg.

 

Votre prochain film ?
Le nouveau film de Claire Denis avec Isabelle Huppert. Je vais le tourner l'année prochaine. C'est un scénario puissant qui se passe en Afrique aujourd'hui. C'est un vrai bonheur quei j'ai envie de très vite retrouver. C'est pour ça que je lis beaucoup de scripts.

 

Les réalisateurs avec qui vous aimeriez tourné ?
Guillaume Canet, Steven Spielberg, François Ozon, Cédric Kahn.

 

Les rôles que vous auriez aimé interpréter ?
François Pignon dans tous les films de Francis Veber. Sinon, un rôle de gangster.

 

Vos films préférés ?
Il était une fois dans l'Ouest. Le Clan des Siciliens. Le Cercle rouge. Le Samouraï. Casablanca. Bienvenue Mister Chance. Vol au-dessus d'un nid de coucou. Lawrence d'Arabie. Le Dîner de cons. À bout de souffle et L'Homme de Rio.

 

 

Propos recueillis par Laurent Pécha.
Retranscription faite par Emmanuelle Etienne.
Remerciements à Michèle Abitbol-Lasry et Séverine Lajarrige.
Autoportrait de Christophe Lambert.

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La Rédaction27/12/2006 06:28 par La Rédaction

Christophe Lambert

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