Que vaut Trollhunters, la série animée de Guillermo Del Toro ?

Mise à jour : 23/04/2017 05:52 - Créé : 9 janvier 2017 - Christophe Foltzer
Photo Trollhunters
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Netflix ne fatigue décidément pas et continue de nous inonder avec des projets originaux. Et cette fois, le network s'associe à Dreamworks pour nous offrir une série adaptée des romans de Guillermo Del Toro et Daniel Kraus. Rien que ça. Alors, c'est bien ?

Le binge-watching, c'est un peu la plaie pour les journalistes et critiques de séries télé. Parce que tous les épisodes sortent d'un coup et qu'on n'a pas que ça à faire de nos journées, on ne peut pas se permettre de parler d'une série entière balancée en une seule fois aussi peu de temps après sa mise à disposition. C'est pour cela qu'on préfère se concentrer sur les trois premiers épisodes de Trollhunters, censés nous donner une idée générale de la série et en tirer un premier bilan, en se laissant la possibilité d'y revenir régulièrement pour constater l'avancée de la situation. C'est que, on a une vie aussi à côté, et on ne peut pas la passer exclusivement avec Del Toro (même si ça pourrait être bien sympa, surtout si c'est dans sa baraque).

 

Photo Trollhunters

 

Ceci étant précisé, attaquons-nous au coeur du sujet, Trollhunters. Dévoilée en avril dernier, la série est en réalité l'adaptation de livres pour enfants qu'a écrit Guillermo Del Toro en compagnie de Daniel Kraus ces 10 dernières années et qui se passe entre le monde des humains et celui souterrain des trolls, où un adolescent se voit investi de pouvoirs pour les protéger tous les deux des sombres Gumm-Gumm, des Trolls renégats et pas franchement sympa. Héritant d'une amulette après que son précédent propriétaire se soit sacrifié, Jimmy va devoir apprendre à maitriser ses pouvoirs et prendre la pleine mesure de la tâche qui l'attend tout en composant avec le lycée, sa mère et ses hormones. Heureusement, il ne sera pas seul puisqu'il pourra compter sur Tobes, son meilleur ami et Claire, son love-intereste, pour l'épauler, en plus de deux gentils Trolls Blinky et ARGH !.

 

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DE GRANDS POUVOIRS.... TOUT CA, TOUT CA...

Ce qui frappe d'emblée, c'est le manque d'originalité du postulat de départ. En effet, Trollhunters se présente comme un condensé de tout ce qui a nourri notre univers fantasmatique et animé ces 20 dernières années et sur plusieurs plans en même temps. Dreamworks oblige, la patte graphique rappelle énormément celle de Dragons et, même si la technique est quelque peu simplifiée ici, les visages renvoient directement à ceux d'Harold et de ses potes. A l'exception du héros, JImmy, et ses faux airs d'Aladdin, c'est assez troublant. Ensuite, son postulat de départ assez attrayant ne met pas longtemps à trahir sa véritable nature : nous avons affaire à une histoire de super-héros des plus classiques, agrémentées de quelques touchezs de fantasy. Oui, Jimmy est un Peter Parker, oui il a un love-interest en apparence inaccessible, oui il y a un gros bourrin parmi les élèves et oui, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Le parcours classique du héros en devenir est ainsi étalé sous nos yeux pendant ces trois premiers épisodes et, à moins d'avoir passé ces 20 dernières années dans une caverne, on sait très bien à quoi s'attendre, ce qui est un peu dommage.

 

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Avec leurs faux airs de Gargoyles, les Trolls ne tapent pas vraiment dans l'originalité non plus mais ils sont bien plus réussis que notre héros trop parfait pour être honnête et son horripilant meilleur ami. Des personnalités attachantes en dépit de leur character-design peu inspiré, des punchlines qui font mouches et des situations ultra-classiques piquées chez E.T. , Dragons encore une fois et, en gros, tous les films où une créature extraordinaire envahit notre quotidien, mais qui restent divertissantes, ils sont le véritable intérêt de ces premiers épisodes et notre passerelle vers un monde beaucoup plus intéressant que l'univers du héros.

 

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HISTOIRE TROLL

Bien entendu, le gros morceau de Trollhunters est de nous présenter un univers fantaisiste caché sous le notre, une micro société un peu grotesque où vivent les Trolls. Et, de ce point de vue, la série est une réussite. Del Toro et son équipe ont très bien géré notre arrivée dans ce monde, n'en montrant pas plus que nécessaire pour que la magie opère sans toutefois en livrer tous les mystères. Et c'est vraiment à partir de ce moment que l'intérêt du spectateur commence à pointer le bout de son nez. Le fan aguerri de Del Toro sera toutefois en terrain connu puisqu'il ne manquera pas de repenser avec émotion et nostalgie au marché clandestin d'Hellboy 2. Les règles qui régissent ce monde sont floues, JImmy les apprend à la dure et le spectateur arrive enfin à se connecter émotionnellement à son héros. Il était temps.

Ce qui est gênant, au fond, dans ces trois premiers épisodes, c'est que l'on n'arrête pas de se dire que cela aurait fait un merveilleux film d'animation, ce qui était probablement prévu à l'origine. Il n'y a qu'à voir le rythme et l'agencement des séquences pour penser que nous ne sommes vraiment pas dans une narration adaptée à la série télé. Si Trollhunters prendra probablement ses marques par la suite, elle patine un peu au démarrage en ne se trouvant pas immédiatement une identité propre.

 

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Cela dit, on ne va pas faire nos difficiles, c'est toujours un plaisir de retrouver un projet de Del Toro, d'autant que les scènes d'actions se révèlent plutôt prometteuses et l'univers riche en rebondissements. Comme en plus, la série nous offre la chance malheureuse d'entendre une ultime fois la voix du regretté Anton Yelchin, on ne va pas bouder notre plaisir. On serait tenté d'attendre, d'en découvrir plus avant de savoir vraiment ce que l'on pense de Trollhunters.

 

En l'état, Trollhunters, n'est ni bon ni mauvais, juste moyen et déjà-vu. Cependant, il ne s'agit ici que des trois premiers épisodes et il en reste plus d'une vingtaine à découvrir. On espère donc que Del Toro corrige le tir par la suite. On vous dira.

 

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commentaires

Gollem13 09/01/2017 à 15:50

maxleresistant m'a voulé ma répartie :) :).
Rien de plus à ajouter, l'histoire est méga classique, les personnages sont des archétypes usés mille fois. Mais la narration est tellement maitrisée qu'à 34ans j'ai tout suivi quasiment sans interruption (madame et la gamine étant en vacances, je me suis roulé dans la fange comme un ado procrastinateur à la veille du bac). Il y'a quelque chose à creuser lç dedans, et OUI un film aurait été justifié mon sens.

Guillermo del Robot 09/01/2017 à 12:57

Oui,c'est vraiment un peu "bête" de juste faire une critique sur les 3 premiers épisodes.
Ça ne représente que l'introduction... Et il ne se passe vraiment rien en comparaison du reste.

Je suis pas vraiment fan des "séries pour enfants".. Mais ici il a vraiment réussi quelque chose qui parle à tous les publics.
C'est drôle,inventif,l'action et cool et les références sont assez chouettes. Vraiment une très bonne surprise.
(juste dommage "la réalisation globale",pour moi. Ça fait trop "dreamworks petit budget"

maxleresistant 09/01/2017 à 12:51

C'est très classique oui, mais la qualité pour un show pour enfant est tout bonnement jamais vu.
Les personnages, l'animation, la direction artistique, les doublages sont très très soignées.

Je l'ai finit et j'ai passé un très bon moment dessus. Après ça reste un dessin animé pour enfant.

Par contre pour les non-anglophobes, je conseil la VO, surtout pour Kelsey Grammer en troll, mais aussi Anton Yelchin, Ron Perlman et Jonathan Hyde.

Hasgarn 09/01/2017 à 12:28

J'ai commencé la série il y a peu et j'en ai mangé la moité, peu ou prou.
Ca se regarde avec plaisir. Pas follment original pour qui arpente les sentiers Deltoriens depuis des années mais la série se hisse sans mal au niveau "bon et très sympa" et laisse loin derrière la série Dragons adaptées des films éponymes.

Bref, j'aime et je suis avec plaisir.

Jojo 09/01/2017 à 12:04

Un cartoon sympathique pour enfants qui se laisse regarder, J'en suis à la moitié j’étame la 2ème partie de l'histoire. J'ai l'impression que la série c'est 2 saisons de 2 x 13 épisodes regroupées en 1 seule.

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