Jon Cassar (24)

Zorg | 7 février 2008
Zorg | 7 février 2008
Jon Cassar serait-il masochiste ? On peut légitimement se poser la question tant le réalisateur / producteur exécutif doit aimer se faire mal pour faire le déplacement jusqu’à Monaco et accepter de se faire cuisiner sur les multiples défauts de 24 en général, et de sa sixième saison en particulier. Entretien pas si langue de bois que ça avec un producteur honnête et affable sur les dessous de la série « en temps réel ». 

 

Attention aux spoilers : Cet entretien aborde différents éléments d’intrigue de la saison 6.

 

Propos et autoportrait (en fin d’article) recueillis au cours du 47ème Festival de Télévision de Monte-Carlo (juin 2007).

 

 

Une des principales innovations dans la saison 6, c'est que la menace terroriste s'est abattue sur Los Angeles dès le début. C'est un peu décevant car la situation était bouclée après le 4e épisode, et après, la série est redevenue beaucoup trop classique. Vous n'étiez pas préparés à ça ?
On ne l'est jamais. Nous n'avons jamais caché le fait que la série est écrite au rythme de deux épisodes à la fois. Au moment où je vous parle, les scénaristes sont en train d'écrire, et j'en sais moins cette année que la précédente à la même époque. Nous avons une idée assez grossière de la direction que nous souhaitons prendre, mais une fois encore, ils écrivent au fur et à mesure. De ce point de vue, je suis comme vous, à la différence que je prends les scripts quand ils arrivent, et que je dois en faire une série télévisée. Après ce virage un peu inhabituel au début de la 6ème saison, nous sommes effectivement tombés dans la répétition. Sachant cela, la série sera méconnaissable dans la saison 7. Kiefer (Sutherland, NDR) est très enthousiaste à ce propos. Moi aussi. Ca sera très différent, et Los Angeles sera épargnée.

 

Pourriez-vous nous donner des indices ?
A l'heure où je vous parle, je peux vous dire New York et l'Afrique. Mais si j'appelle les scénaristes, ça sera peut-être la Suisse et la Roumanie. L'écriture est très changeante. Quand j'ai quitté les USA il y a deux semaines, c'était d'abord New York. Le but est de revenir aux sources, de faire un show plus ramassé, comme dans la saison 1, qui était dans le fond de nos mémoires depuis trois saisons. Certaines années, nous avons démarré petit, mais nous avons été rattrapés et cela a de nouveau explosé. Si vous vous souvenez de la saison 1, il s'agissait uniquement de tuer un homme. Il ne s'agissait pas de tuer un million de personnes avec une bombe atomique. C'était très excitant. Aujourd'hui, nous cherchons vraiment à ramasser l'histoire. Les scénaristes ont la part du boulot la plus difficile. On dit que mon travail de producteur est difficile, mais ce n'est rien comparé aux scénaristes qui doivent partir d'une feuille blanche pour dire à quoi vont ressembler la saison 6 et la saison 7. Ils passent des mois enfermés dans une salle à réfléchir sans écrire la moindre ligne de dialogue, juste à parler, échanger, tenter de donner corps à l'histoire. Ils démarrent toujours par Jack. Ils doivent d'abord savoir ce qui va lui arriver et ils construisent l'histoire autour de ça.

 

 

Si vous changez de lieu, irez-vous tourner sur place ou resterez-vous à Los Angeles ?
On va très vraisemblablement rester à L.A., même si l'action est située à New-York. On fera peut-être un ou deux allers-retours, mais beaucoup de shows sont dans une situation similaire. Heroes a par exemple une grosse composante new-yorkaise, et l'essentiel est réalisé sur fond vert. Les possibilités de ce côté-là ont été démultipliées ces dernières années, avec l'aide des images de synthèse. Les infographistes ne se contentent plus de poser un immeuble ou deux à l'arrière-plan. Ils développent des environnements virtuels entiers que l'on peut filmer comme bon nous semble. Que vous zoomiez ou tourniez autour d'un objet quelconque, ils adaptent le décor à ce que vous faites. Nous allons aussi utiliser les décors new-yorkais d'Universal, et nous irons probablement à NY. Nous feront le maximum pour faire croire que nous sommes là-bas mais nous tournerons à L.A. Toute notre base se trouve ici, c'est très difficile d'aller tourner ailleurs. Sans parler qu'il faut surveiller la météo car nous ne pouvons pas aller à NY quand il neige. Ca ferait désordre si la journée de 24 débutait en été et qu'à midi, ce soit l'hiver. Nous envisageons aussi la possibilité d'aller en Afrique directement, en fonction de ce qui sera requis par les scripts (idée abandonnée finalement abandonnée par la suite pour des raisons de coût, NDR). Il faut d'abord évaluer ce que nous pouvons construire sur place avant d'aller ailleurs. D'un autre côté, nous sommes dans une position plus confortable que beaucoup de shows car nous ne commençons pas la diffusion avant janvier. Nous bénéficions d'une plus grande marge de manœuvre. Nous ne commençons pas à tourner avant juillet, donc nous pouvons regrouper les besoins en images pour plusieurs épisodes et tout tourner d'une seule traite.

 

Diriez-vous que la saison 6 est une sorte de trahison de l'esprit de 24 ?
On peut dire ça de n'importe quelle année. Si on va voir sur Internet, on trouve en permanence une multitude de discussions. Quand vous commencez à avoir plusieurs saisons derrière vous, les comparaisons surgissent pour savoir laquelle était la meilleure. Personnellement, je n'y ai jamais trouvé la moindre cohérence. C'est toujours différent d'une année sur l'autre. Beaucoup de gens détestent la saison 3 par exemple, alors que c'est certainement une des mes préférées. Je ne sais pas ce qui est bon et ce qui ne l'est pas aux yeux des gens. Un des désavantages que nous avons eus avec la saison 6, c'est qu'aux USA, nous avons gagné des récompenses pour la saison précédente. Dès lors, nous étions le show à abattre. Dès qu'on passe quelque temps aux sommets, tout le monde veut votre peau ; on vous regarde d'une manière beaucoup plus critique qu'avant. Les gens qui n'ont pas aimé ce que nous avons fait dans les 5 premières saisons n'avaient aucune raison d'aimer la 6ème.

 

N'était-ce pas un peu tiré par les cheveux de faire revenir les Chinois en fin de saison ?
C'était au contraire une des rares choses que nous avions prévues depuis le début. Nous ne voulions pas qu'ils disparaissent, nous voulions les ramener au cœur de l'histoire. C'est d'ailleurs une des composantes de 24 : vous faire oublier quelque chose pour mieux vous le ramener sous le nez au bout du compte. Le retour des Chinois n'a pas été improvisé comme d'autres choses dans cette saison. Nous l'avons commencée avec eux et nous voulions la finir avec eux. Les scénaristes ne savaient pas comment ils allaient les faire revenir au détail près, mais c'était prévu.

 

Les Chinois sont appelés comme tels, ils viennent de Chine. Mais les terroristes viennent seulement du Proche-Orient. On ne sait pas exactement de quels pays. Est-ce un mécanisme pour rester politiquement correct ?
En partie, oui. De tout temps, nous n'avons jamais mentionné le moindre pays du Proche-Orient. Dans la saison 2, il y a eu une polémique parce que des gens pensaient que nous avions cité la Turquie, alors qu'en fait nous avions juste dit que c'était un communiqué « émanant de la Turquie », nous n'avons jamais dit que les terroristes venaient de là-bas. Il y a eu polémique, on nous a demandé des excuses, mais nous n'avons jamais voulu citer ou viser un pays en particulier dans le show. Nous avons cité la Chine, mais cela ne semble pas leur poser de problème. Les gens en plaisantent finalement et nous demande si nous ne pouvions pas prendre les Canadiens pour changer. Nous avons eu des Russes, et d'autres nationalités. Si on regarde de près, il n'y a pas pire que les Américains dans le show. En toute honnêteté, ils sont horribles. Tous les Américains qui sont impliqués dans ce que nous imaginons sont pires que les autres. Nous ne faisons pas un show politique. Ce sont les gens qui déforment un peu la réalité. Nous ne faisons qu'une fiction d'espionnage. Mais comme nous parlons de sujets très réels, cela interpelle le public. Nous nous comparons souvent à James Bond. Nous ne sommes qu'une autre version de James Bond.

 

 

Certes, c'est une fiction, mais il y a des questions sur le fait que vous montrez de la torture dans 24 qui pourrait servir de modèle aux soldats américains.
Ce qui est cocasse, c'est que nous n'avons pas changé. Si vous remontez au tout début de la saison 1, vous constaterez que nous avons toujours eu la même quantité de torture à chaque saison. Sauf que dans les années précédentes, les américains ne se faisaient pas prendre en train de torturer qui que ce soit. Soudain, les actualités parlent de soldats pris en train de torturer des gens, et tout le monde nous montre du doigt. C'est très étrange pour nous car nous n'avons pas changé. On a l'impression qu'il y a beaucoup plus de torture dans la saison 6 que les précédentes. Or la saison 2 a été la plus chargée de ce point de vue, et personne n'a rien dit à l'époque. C'est donc un reflet de ce qui se passe dans le monde. Nous avons toujours été un peu un miroir de notre époque, mais je ne souhaite pas du tout que nous servions de modèle aux tortionnaires. Ce n'est pas ce que nous voulons faire. Là encore, si vous prenez tous les films de James Bond, on le voit être capturé, se faire torturer par les méchants, être plongé dans la mare aux requins... Cela a un aspect beaucoup plus fantaisiste et les gens n'en font pas tout un plat. Notre façon de montrer la torture est juste un peu plus réaliste, et nous servons de bouc émissaire. Nous avons tout fait pour tenter de désamorcer cette situation. Nos producteurs et Kiefer Sutherland sont allés voir les militaires pour expliquer à des recrues que nous faisons juste de la fiction et que nous ne montrons pas la réalité. C'est comme les super héros, ce n'est pas réel. Nous ne faisons que montrer de la torture d'une manière qui fait croire aux gens que c'est réaliste.

 

Vous pensez-donc qu'il est possible d'éduquer les gens à ce sujet ?
Ce n'est pas notre boulot. Nous ne sommes pas là pour ça. Voudriez-vous vraiment voir 24 se transformer en programme éducatif ? Nous ne pouvons pas nous permettre de le faire au sein de la série car nous sommes payés pour faire ce que nous faisons, qui est du divertissement, et c'est ce qui intéresse le public. Mais en dehors de la série en elle-même, nous le faisons. Nos producteurs sont allés voir l'armée, et réciproquement. Non pas pour nous dire d'arrêter de faire ce que nous faisons, mais pour que nous allions avec eux faire comprendre aux jeunes recrues que ce qu'ils voient dans 24 n'est que de la fiction. De la même manière que Superman n'existe pas, ils veulent juste bien faire comprendre à ces jeunes personnes que ce que nous faisons n'existe pas.

 

Quelle limite ne franchirez-vous jamais ?
Je ne sais pas. J'espère qu'il n'y en a aucune. Honnêtement, en tant que réalisateur, je veux conserver le droit de faire les programmes comme je le souhaite. 24 a toujours été à l'avant-garde, au bord de la controverse, et j'aime ça. C'est notre identité. Nous ne sommes pas une sitcom ou un drame pour la famille. Nous sommes un show qui repousse les limites. Une fois encore, je ne pense pas que c'est la raison de notre popularité. Je ne pense pas que des millions de gens nous regardent de par le monde parce que nous sommes controversés. C'est un effet secondaire. Le public nous suit parce que c'est comme dans un roman d'espionnage. Vous ne savez pas ce qui va se passer, il y a des surprises, des cliffhangers. C'est notre vraie force. Tout est dicté par l'histoire ; et que nous franchissions la ligne ou pas en dépend.

 

 

Un aspect que personne ne pourra retirer à 24, c'est que le show a contribué à modeler le « nouveau héros ».
Absolument. Il n'y a pas de doute là-dessus. Il n'y a qu'à regarder le dernier James Bond, Casino Royale. Les gadgets et les filles ont disparu, le héros est torturé tout nu, de la même manière que Jack Bauer l'a été au cours de la saison 2. C'était incroyablement relié à nous. Tous les autres romans auraient pu être adaptés d'une manière aussi réaliste que Casino Royale, mais à l'époque, le public acceptait de voir des films un peu plus fantaisistes. Ce n'est plus le cas de nos jours. Les gens n'y croient plus. Je vous mets au défi de trouver un héros aujourd'hui à la télévision, américaine de surcroît, qui soit entièrement pur.

 

Hiro de la série Heroes, peut-être ?
Même dans Heroes, on ne trouve pas de personnage qui soit immaculé. Ils ont tous un passé plus ou moins chargé. Le héros pur n'existe plus à la télévision américaine. Vous avez un parrain de la mafia, une mère de famille qui deale du shit dans sa banlieue ou encore un tueur en série qui bosse pour la police. C'est incroyable de voir ce que sont devenus les héros à la télévision, et c'est vrai que Jack était un des tous premiers héros à avoir un côté très sombre. Pas seulement un côté gris, mais un côté vraiment obscur.

 

On voit beaucoup la famille des personnages - Jack, Chloé - dans la série. Pourquoi cet intérêt ?
Notre show a toujours été centré sur les relations entre les personnages. C'est ce qui le rend distrayant. Si on montrait juste des américains en train de combattre des terroristes, ça deviendrait vite ennuyeux. Beaucoup de shows ont tenté de copier 24 - Threat Matrix, The Agency - et ils n'y sont jamais vraiment arrivés car on ne s'attache pas aux personnages. C'est ce que nous arrivons à faire car Jack combat non seulement le terrorisme, mais il tente aussi en même temps de sauver sa propre fille. Grâce à ça les spectateurs ressentent quelque chose pour eux. Cet aspect sera toujours présent dans 24. Vous aurez toujours cette connexion. La CTU, c'est notre moyen de vous donner des informations, sans être rébarbatif. Si Chloé se contentait de donner des informations, on s'ennuierait ferme. Mais comme elle a aussi son mari à gérer (dans la saison 6, NDR), vous avez quand même l'info, mais sans être complètement détaché.

 

Chloé a de plus en plus d'importance dans la série alors qu'elle ne l'était pas au début.
Laissez-moi vous poser une question. Pourquoi aimez-vous Chloé ?

 

Elle est pure.
Elle est plutôt pure, en effet. Elle n'a pas vraiment de côté obscur à faire valoir. Beaucoup de gens peuvent s'identifier à elle. Tout d'abord elle a une forme de travail très répandu : elle est dans un bureau, devant un ordinateur ; donc on peut s'identifier à ça très rapidement. On s'identifie déjà plus difficilement à Jack car peu de gens passent leur temps à tuer des terroristes. Beaucoup d'entre nous travaillons assis devant un bureau, à côté d'un type qu'on n'aime pas forcément, et avec un patron contraignant. Ce sont des éléments très simples, auxquels on peut s'identifier. Tout le monde voudrait être à la place de Chloé, à envoyer paître son boss ; alors qu'en réalité personne ne peut en faire autant. Joel Surnow a un excellent œil pour le casting, en particulier le casting non conventionnel. Beaucoup de comédiens viennent travailler sur 24 pour seulement quelques jours car la mayonnaise ne prend pas entre eux et nous. Mary-Lynn Rajskub était dans cette situation au début. Elle a failli être remerciée au bout de quelques jours car personne ne comprenait comment cette femme pouvait travailler dans un endroit aussi important que la CTU. Mais Joel Surnow  avait cet instinct vis-à-vis d'elle qui lui faisait dire : « c'est la fille qu'il nous faut ». De toutes les personnes qui travaillent avec Jack, on en a fait sa secrétaire, et ça a tout de suite marché. Les scénaristes sont alors entrés en piste. Cela fonctionne de manière assez fantastique. Ils écrivent les personnages, les acteurs interviennent, apportent leur touche personnelle aux personnages, et enfin, les scénaristes observent les comédiens puis réinjectent dans les scripts ce qu'ils les ont vus apporter aux personnages. C'est un jeu de ping-pong plutôt intéressant. Ce n'est pas comme si les scénaristes écrivaient les personnages tels qu'ils sont joués. Ils s'ajustent en réalité à la personnalité des comédiens. Dans la saison 6, ils se sont adaptés à Powers Boothe, à Peter MacNicol, qui a apporté un côté très personnel à son personnage. Les auteurs s'adaptent réellement à ces questions. Mary-Lynn a apporté des traits à Chloé qui venaient entièrement d'elle et sur lesquels les scénaristes ont capitalisé.

 

 

C'est pourquoi elle n'a pas été tuée au cours de la saison 6, comme tout le monde ?
Exactement. Ca va être dur de tuer Chloé. On a eu assez de reproches quand on a tué Edgar dans la saison 5. Ma femme, qui regarde le show à la télé comme n'importe qui, m'a donné quelques coups quand elle a vu ce que nous avons fait subir à Edgar. Mais je n'y étais pour rien, ce n'était même pas mon idée. Alors Chloé...

 

Où en êtes-vous avec le film ?
C'est devenu un problème pour nous. Nous avons été très ambitieux car nous pensions pouvoir mener la série et le film de front. Seulement, nous n'avions pas réalisé quelle quantité de travail cela demande pour monter un projet comme ça. Sans même penser au tournage proprement dit, écrire un scénario qui soit vraiment viable et prêt à être filmé demande un travail considérable. De ce fait nous avons réalisé que les gens qui s'occupent de la série - notamment les scénaristes - ne pourront jamais faire le film en parallèle. Aujourd'hui, tout est encore très flou. Nous allons probablement finir la série et faire le film ensuite, à l'image d'X-Files. Nous avons vu trop grand. Le film se fera malgré tout, mais nous allons certainement devoir le confier à quelqu'un d'autre pendant que nous nous focaliserons sur la série. Nous voudrions le faire nous-mêmes, Kiefer voudrait que nous le fassions. Il ne veut pas d'inconnus. Il voudrait que les gens qui font 24 pour la télévision fassent également le film.

 

Comment verriez-vous la mort de Jack ? Tranquillement ou de manière spectaculaire ?
Je veux le voir mourir. Sincèrement. Kiefer et moi sommes plutôt d'accord sur le fait qu'il doit mourir. C'est nécessaire pour finir l'histoire. Mais vu qu'on doit faire un film, il ne va probablement pas y passer. Il y a trois ans, nous étions persuadés qu'il finirait par mourir le dernier jour, mais avec le film, c'est compromis.

 

Pourquoi est-ce que Jack doit forcément mourir ? Ne peut-il pas partir tel un cowboy solitaire dans le soleil couchant ?
Je ne sais pas, c'est une histoire assez tragique. Très shakespearienne. Il y a vraiment quelque chose de tragique en lui. Vous voulez vraiment le voir s'éloigner heureux dans le soleil couchant?

 

Vous l'avez déjà fait à la fin de la saison 4.
C'est vrai. On a déjà prévu ce genre de fin deux ou trois fois, mais il est toujours rattrapé par les événements. C'est dans sa nature. On ne peut pas rester dans l'incertitude pendant plusieurs années en se demandant ce que Jack Bauer pourrait faire pendant ce temps là. On a besoin de savoir que son histoire est terminée. Sauf si on fait le film, évidemment. J'ai une théorie personnelle sur sa mort, on verra si elle se concrétise un jour. Imaginez qu'on le tue à l'épisode 10, mais qu'on ne retrouve pas le corps. Vous passez alors le reste de la saison à vous dire : « c'est impossible, il est vivant, je sais qu'il est vivant », mais dans le dernier épisode, on découvre son corps. Le public ne croira jamais à sa mort si on ne montre pas son cadavre. On est encore très loin de savoir comment il finira. Il pourrait avoir une nouvelle vie devant lui avec une famille. S'il est heureux, personne ne voudra voir Jack Bauer mourir. Mais réussir à le rendre heureux, là est le challenge. On me demandait l'autre jour quelle serait la fin alternative à l'histoire de Jack. J'ai répondu que ce serait de découvrir après toutes ces années que Jack est en vérité un robot ; un projet secret du gouvernement. Après tout, il est mort deux fois, il résiste aux balles ; ça serait la fin parfaite. Il se casserait le bras, on verrait tous les fils à l'intérieur et tout de suite après le mot « Fin ». Le spectateur s'exclamerait alors : « Oh mon dieu, depuis tout ce temps, on regardait une série de science-fiction ! »

 

 

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