Retour sur Baywatch Nights, l'autre série Alerte à Malibu

Christophe Foltzer | 25 juin 2017
Christophe Foltzer | 25 juin 2017

Dans les années 90, Alerte à Malibu était l'une des séries grand public les plus populaires du monde et on ne se lassait pas de voir des nanas en maillots de bain courir au ralenti sur la plage... pardon... On ne se lassait pas des aventures incroyables des sauveteurs qui, entre humanisme et dévotion, nous rappelaient les grands principes de la vie. Sans parler de la qualité des scénarios.

Mais saviez-vous qu'il existait une autre série estampillée Baywatch ? Appelée chez nous Un privé à Malibu, durant sa diffusion sur TF1, nous vous proposons aujourd'hui de revenir brièvement sur l'OVNI télévisé que constitue Baywatch Nights. Et, croyez-nous, ça vaut le détour....

 

Photo Baywatch Nights

 

Baywatch Nights, c'est tout simple, c'est un spin-off d'Alerte à Malibu. Mitch Buchannon en a marre de sauver des vies sur la plage, alors il décide de monter une agence de détective privé pour sauver la veuve et tous ses orphelins dans les rues de Malibu, et de préférence la nuit. Un postulat de départ qui ne brille pas par son originalité puisque les séries policières dans les années 90, on en avait par paquets de douze. Et il faut bien reconnaitre que, dans sa première saison, Baywatch Nights n'arrive pas vraiment à tirer son épingle du jeu face à une concurrence acharnée. Créée en 1995, la série réunit donc un tout nouveau casting, plus petit, et plus habillé aussi et se vautre allègrement dans un manque de rebondissement et d'originalité tellement évident que la série ne décollera jamais.

 

 

Pourtant, il faut y voir là, outre une capitalisation évidente sur une marque qui cartonne depuis 6 ans à l'époque (Alerte à Malibu ayant débuté en 1989, pour se terminer en 1999, avant un nouvel opus jusqu'en 2001, Baywatch Hawaii), la volonté de David Hasselhoff de quitter progressivement l'univers de Baywatch pour renouveler une carrière qui tournait un peu en rond et le condamnait à devenir prisonnier de son personnage, sans pour autant passer en mode "full risques" et prendre le contrepied total de ce pour quoi il était redevenu célèbre (après K 2000) au risque que son parterre de fans ne comprenne pas sa décision et la rejette en bloc. C'est donc pour cela que nous retrouvons Mitch Buchannon, seul lien véritable avec la série mère, hormis quelques apparitions de guests, à contre-emploi, même si la série principale ne se gênait pas pour dépasser le cadre sablé de sa plage.

 

Photo Baywatch Nights

 

Enchainant les épisodes classiques et à l'intérêt tout relatif, des enquêtes policières de base sans vraiment d'enjeu pour les personnages, la série ne parvient logiquement pas à rencontrer le succès espéré, le public n'étant pas vraiment dupe de l'opportunisme commercial alors à l'oeuvre. Alors que tous les indices condamnent le show, la production et David Hasseloff décident cependant de le reconduire pour une deuxième saison avec pour ambition de bousculer quelque peu ce qui existait et de surfer sur une autre vague : le fantastique.

 

Photo Baywatch Nights

 

Et il faut bien l'avouer, personne n'était prêt à ce qui s'est produit dans Baywatch Nights, saison 2. Parce que voyez-vous, en 1996-97, une autre série cartonnait un peu partout dans le monde : X Files. Et le fantastique était revenu à la mode puisque les succédanés du show de Chris Carter n'ont pas tardé à apparaitre sur les différentes chaines, pour des résultats que nous qualifierons de "nuancés" pour rester poli. Et puisque le monde bouffait de l'histoire étrange sans trop se poser de questions et en voulait toujours plus, Hasselhoff et ses copains se sont dits que c'était là un bon filon.

 

 

Arrive donc la fameuse saison 2 et, comment dire.... Wow. Changement de ton radical dès le générique d'ouverture, ambiance bleutée et brouillard, Buchannon n'est plus là uniquement pour sauver des vies mais devient le super-héros du bien là pour contrer les forces maléfiques, entouré d'une équipe toute nouvelle pour l'occasion. Et si les enquêtes policières n'étaient pas passionnantes, au moins elles se tenaient dans le contexte intradiégétique d'Alerte à Malibu. Ici, on passe en mode WTF avec Mitch Buchannon qui combat des démons, se fait posséder en mode Exorciste, a des super-pouvoirs, renconte un viking décongelé, résiste aux avances d'une sirène qui veut lui faire des gamins ou fait un petit voyage dans un monde parallèle.

 

Photo Baywatch Nights

 

Le grand écart est énorme, le résultat est ultra Z, symptomatique de cette vague de séries fantastiques produites par des gens qui ne connaissent rien au genre et qui l'utilisent uniquement parce qu'il cartonne, se vautrant donc dans les pires clichés du monde. Mais c'est ce qui la rend aussi géniale rétrospectivement. Parce qu'elle est fichtrement premier degré, que David Hasselhoff est en pleine crise d'égo et que le tout est tellement cheap qu'il en devient délicieux.

 

Photo Baywatch Nights

 

Malheureusement, la prise de risque est tellement gigantesque que le public en ressortira chamboulée, ne comprenant pas le virage à 180° qui vient d'être effectué sous ses yeux. Dans cette tentative de remonter des audiences en baisse constante durant la première saison, Baywatch Nights n'arrivera jamais à redresser la barre dans sa saison 2 et son sort sera scellé à l'issue de cette dernière : la série ne sera jamais reconduite pour un troisième round. Cependant, cette parenthèse hallucinatoire n'aura pas eu que des répercussions négatives sur l'univers d'Alerte à Malibu puisque Donna D'Erico, alias Donna Marco, rejoindra les sauveteurs peu de temps après dans la série principale. On ne sait pas si l'on gagne au change, mais il faut bien trouver un point positif quelque part.

 

Baywatch Nights se terminera donc dans un grand silence gêné le 16 mai 1997 et tombera dans les limbes de la télévision jusqu'à ce qu'une poignée de spectateurs déviants ne la déterrent ces dix dernières années, trop jeunes pour l'avoir subi en direct et y trouvant un charme désuet et ridicule qui l'a rend plus que sympathique. Et on ne peut qu'être d'accord avec eux. Baywatch Nights fait partie de ces expériences au-delà du réel qu'il faut au moins avoir vécu une fois dans sa vie.

 

Photo Baywatch Nights

commentaires

Karisma
27/03/2018 à 13:30

oh que si la s2 est passée sur tf1
mais elle a pratiquement pas été rediffusée
alors que la s1 a eu quelques rediffs supplémentaires avant de tomber aux oubliettes

olivier637
25/06/2017 à 20:24

J'étais tombé sur quelques épisodes de la saison 1, en effet un échantillon des series policieres qui etaient produites au km dans les 90's...mais jamais sur la saison 2. Je suis pas sur qu'elle a ete diffusée sur tf1.

Vu votre article ca fait bien envie.

Merci du fond du coeur EL de déterrer ces pépites pour les spectateurs deviants comme moi.

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