Better Call Saul : que vaut le début de la saison 3 du spin off de Breaking Bad ?

Benjamin Malka | 30 avril 2017
Benjamin Malka | 30 avril 2017

Après deux saisons réussies, Vince Gilligan et Peter Gould continuent d’explorer les origines du personnage de Jimmy Mcgill alias Saul Goodman dans la troisième saison de Better Call Saul, qui débarque ce mois d'avril sur Netflix.

Le spin off de Breaking Bad continue en effet de dévoiler un scénario et des personnages développés méticuleusement. Vince Gilligan et Peter Gould, en formidables storytellers qu'ils sont, construisent toujours plus intelligemment un background riche et touchant autour de ce personnage d'avocat véreux et désopilant qu’est Saul Goodman, campé par Bob Odenkirk.

 

Photo Bob Odenkirk

 

LA GUERRE DES FRÈRES

La fin de l’excellente deuxième saison laissait Saul en plein conflit fratricide avec son grand frère Chuck, interprété brillamment par Michael McKean, dont la soif de justice et l'aversion profonde pour lui n'ont pas de limites. Sans dévoiler outrageusement l'intrigue, disons que l’étau se ressert d’entrée sur ce dernier par rapport à ses falsifications (faites par amour pour la belle Kim Wexler) dans l’affaire Mesa Verde.

Là où la série prend tout son sens et gagne en puissance, c’est que nous sommes toujours plus en empathie pour l’inénarrable Jimmy alors qu'il se comporte comme un parfait escroc. Mike, quant à lui, reste plus que jamais cet ex flic taciturne devenu homme de main en pleine vendetta. Voulant se venger du chef de cartel Victor Salamanca (présent dans Breaking Bad), il va enfin faire la rencontre de Gus Fring (joué par l’excellent Giancarlo Esposito), l’homme derrière Los Pollos Hermanos - ou l'un des meilleurs méchants vu dans une série TV depuis 10 ans. Un rapprochement avec les aventures initiales de Walter White aussi réjouissant que judicieusement exécuté.

 

Photo Bob Odenkirk

 

La mise en scène, de son côté, reste bien l'un des points forts de la série. Avec un sens du cadrage millimétré et une esthétique épurée, Gilligan rappelle parfois Michael Mann dans ses plus belles heures. Un régal visuel qui commence par le générique unique à chaque épisode, certes bref mais psychédélique à souhait, qui nous entraîne dans ce Nouveau Mexique impitoyable. Sans oublier des plans rapprochés en contre-plongée ou des compositions en plan large d'une formidable beauté. Nous admirons donc sans retenue toutes les idées présentes dans chaque épisode, qui les rend si singuliers et accrocheurs.

 

Photo Bob Odenkirk

 

VITE, LA SUITE

Avec ces trois premiers épisodes, la saison 3 démarre donc sur un rythme sans faille. Les enjeux semblent être clairement posés entre Jimmy et son frère, puis entre Mike et Gus. Reste à savoir si tout ce beau monde va finalement croiser le fer. Gilligan retrouve quoiqu’il en soit une nouvelle fois toute la maîtrise dont il a su faire preuve avec Breaking Bad, et demeure toujours aussi imprévisible et surprenant.

En somme : un début de saison fort réjouissant sur tous les points et qui augure du meilleur pour les épisodes à venir. D'autant plus que Netflix a eu la bonne idée de ne diffuser qu'un seul épisode par semaine. Ce qui est plutôt rare mais bienvenu sur la plateforme américaine, à l’heure du binge watching.

 

Affiche

 

commentaires

Lulu
02/05/2017 à 19:04

Zanta, tu serais pas un peu imbus de toi même?

REA
30/04/2017 à 19:40

Les commentaires du calibre de starlord me donnent envie d'envahir la Pologne.

Zanta
30/04/2017 à 18:41

Netflix ne diffuse qu'un épisode car AMC ne diffuse qu'un seul épisode par semaine.

Ah, la critique télé, ça ne s'improvise pas tant que ça...

Stridy
30/04/2017 à 17:23

Fatalement plus la série va avancer plus on perdra les éléments comiques. Mais ça reste de haute volée.

StarLord
30/04/2017 à 14:40

On est loin du niveau de sa grande soeur Breaking Bad, mais quel régal de mise en scène et d'écriture cette série! Gilligan est un génie!

votre commentaire