Elite saison 4 : trois raisons de l'éviter et de mater les Histoires courtes sur Netflix

Alexandre Janowiak | 21 juin 2021
Alexandre Janowiak | 21 juin 2021

Après trois saisons pas folichonnes, Elite est de retour sur Netflix avec une saison 4 pas bien utile, mais des histoires courtes surprenantes.

Avec le succès de La Casa de papel, Netflix a évidemment eu la bonne idée de surfer sur le phénomène. Ainsi est née Elite, nouvelle série espagnole avec une histoire bien différente, mais composée de quelques acteurs présents dans la série de braquage et surtout de composantes phares du coeur de cible de la plateforme : des ados, des histoires de cul de coeur, de la drogue, de l'alcool...

En quelques épisodes, Elite est donc devenue aussi une des créations les plus aimées des abonnés adolescents de Netflix. De fait, en moins de trois ans, la série compte déjà quatre saisons. Et pour accentuer le retour de sa série après plus d'un an d'absence, le N rouge a aussi sorti quatre segments nommés Élite : Histoires courtes durant la semaine précédent l'arrivée de la saison 4.

Et étrangement, si on ne s'attendait à rien de cette innovation, il faut avouer que c'est ce que la série a fait de mieux. On vous donne donc trois raisons d'éviter la saison 4, et de seulement mater ces Histoires courtes.

 

 

LA SAISON 4 EST INUTILE

Sans grande surprise, cette saison 4 de Elite reste dans la continuité des saisons précédentes. Alors que trois nouveaux élèves débarquent à Las Encinas avec leur père en tant que nouveau proviseur et qu'un jeune prince au passé trouble rejoint aussi les rangs de l'école, le groupe de Samuel et compagnie va évidemment être au coeur d'une nouvelle année pleine de rebondissements.

Bon, vous connaissez la chanson, on prend presque les mêmes et on recommence avec cette saison 4. D'un côté, il y a toujours cette petite enquête policière avec des flashforwards et les fameux interrogatoires de la police au milieu de la scène de crime en mode "on sait que c'est toi". Et de l'autre côté, il y a toujours ces histoires adolescentes entre les infidélités, les relations secrètes, les partouzes lycéennes (bien connues de tous) et les disputes qui finissent en gros câlin collectif parce que quand même, après tout, il faut s'aimer.

 

photo, Diego Martín, Carla Diaz, Martina CariddiLe gang des "méchants" de la saison

 

Sauf qu'en prenant la même recette que les saisons précédentes et bien cette saison 4 n'apporte strictement rien à la série. D'abord, les nouveaux personnages notamment Ari, Mencia et Patrick sont juste des caricatures ambulantes (la fille à son papa, la rebelle...) auxquelles on ne s'attache jamais et qui ne s'intègrent pas de manière naturelle dans le récit. À côté de cela, l'enquête est juste abominable. C'était déjà plus ou moins le cas dans les trois premières saisons, mais ici c'est bien pire. Elle semble être la dernière des préoccupations des scénaristes qui décident de tout relier dans l'épisode final à la va-comme-je-te-pousse.

Et puis, on ne va pas se mentir, la saison 4 continue de prouver que la série espagnole de Darío Madrona et Carlos Montero n'a absolument rien à raconter. À travers les péripéties de certains de ses personnages, elle évoque la drogue (encore), l'alcool (encore), mais aussi de prostitutions, d'abus de mineurs, de harcèlements et agressions sexuelles. Bref, le combo magique pour montrer du sexe à l'écran la moitié de son temps de manière totalement gratuite (alors que Pornhub existe déjà).

 

photo, Carla Diaz, Itzan Escamilla"Nous allons débattre sur Elite !"

 

LES HISTOIRES COURTES SONT MIEUX ÉCRITEs...

Difficile d'imaginer que ce sont les mêmes scénaristes qui sont derrière la série Elite et ces quatre mini-histoires, et pourtant, ce sont bel et bien les mêmes scénaristes qui ont participé à l'écriture des saisons précédentes de la série Netflix. Force est de constater qu'ils étaient sûrement bloqués par le fil rouge des saisons tant ces Histoires courtes sont bien mieux écrites (pas mieux dialogués en revanche) que tout le reste d'Elite.

C'est bien simple, en seulement quelques séquences et quelques épisodes, ces quatre séries de courts-métrages parviennent à développer leurs personnages avec une jolie sincérité et beaucoup de crédibilité. Et aussi fou que cela puisse paraître, les personnages n'ont jamais eu autant de place pour exister grâce à ces petites parenthèses.

 

Photo Mina El HammaniDes personnages mieux étudiés

 

Ainsi, les relations entre les adolescents gagnent en valeur, en consistance. Le segment Nadia Guzmán permet d'offrir un point de vue plus profond sur leur relation à distance quand celui de Carla Samuel met en perspective leur amour impossible à travers une dernière digression estivale ponctuant la fin de leur idylle utopiste.

Le plus émouvant des quatre restera peut-être Élite : Histoires courtes - Omar Ander Alexis qui propose une réflexion touchante sur le deuil, l'amour quasi fraternel et finalement la mort. Le tout avec une certaine subtilité (le dernier plan sobre du segment Omar Ander Alexis) et une simplicité presque désarmante pour la série.

 

Photo Arón Piper, Jorge ClementeDes adieux émouvants

 

... et PLUS AUDACIEUSES VISUELLEMENT

Elite a parfois tenté quelques mouvements de caméra inattendus durant ses quatre saisons (notamment quelques plans-séquences pas idiots). Toutefois, elle n'a jamais vraiment réussi à se démarquer ou se montrer pleinement audacieuse au niveau de sa mise en scène, préférant se concentrer sur ses histoires sans trop réfléchir à ses cadres et en balançant de la musique à tout va pour faire passer le tout.

Incontestablement, le niveau est également relevé avec ces mini histoires. L'ensemble est plus travaillé, cherchant à sonder l'âme de ses personnages à travers les échelles de plans, un montage plus limpide et réfléchi et une musique beaucoup moins invasive (même si on touche souvent à la limite).

 

Photo Miguel Bernardeau, Georgina Amorós, Claudia SalasUn petit trip amusant

 

C'est plus particulièrement le segment Guzmán Caye Rebe qui le démontre le mieux, transformant la consommation de champignons hallucinogènes du trio en un terrain propice aux expérimentations visuelles. Ainsi, entre cadres déformés, jeux de lumières et de perspectives, caméra plus libérée... le trip tend vers l'immersion et rapproche de facto les spectateurs de la transe des personnages.

Alors quand en plus ce segment (le premier sorti par Netflix par ailleurs) joue la carte de la paranoïa avec l'arrivée d'antagonistes, il s'ouvre les portes du home invasion. Évidemment, il lui manque encore plein d'éléments pour être pleinement convaincant, mais on sent que le réalisateur Dani de la Orden s'est bien amusé et lâché, tout comme Jorge Torregrossa.

Les autres segments sont moins recherchés, mais usent aussi moins des artifices habituels de la série pour créer une certaine poésie, une touche lyrique, permettant à l'ensemble de basculer dans la pure dramédie (cette scène de sexe sur un morceau de Suite bergamasque de Claude Debussy dans la partie Carla Samuel sonnant presque le glas de leur relation). De quoi presque rappeler les plus belles heures de la sublime saison 2 de Master of NoneUn exploit pour Elite.

 

Photo Itzan Escamilla, Ester ExpósitoUn amour plus doux, plus sincère, plus tragique

 

BONUS : C'est hyper court

Au-delà de tout ça, la raison la plus simple de regarder les Histoires courtes plutôt que la saison 4 de Elite, c'est tout simplement leur longueur. Comptez à peine plus de deux heures pour tout engloutir, soit de précieuses minutes de gagner vis-à-vis du reste de la série espagnole. D'autant plus que c'est tellement léger que ça se déguste très facilement. Et surtout, ce sera une façon pour les plus grands fans de la série de faire des adieux dignes et solides à leurs personnages préférés (notamment Ester Expósito aka Carla).

Mieux encore, c'est probablement le meilleur moyen de tourner la page pour de bon avec la création espagnole. Parce qu'avec sa saison 4, on a bien compris que ces petites parenthèses (dés)enchantées étaient bien des OVNIs dans l'univers de Las Encinas, et qu'on n'obtiendrait sûrement jamais rien de mieux dans le futur (la saison 5 est déjà en route). Vous savez donc quoi faire désormais.

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