Doom Patrol : et si c'était ça, la super série super-héroïque de 2019 ?

Prescilia Correnti | 22 février 2019 - MAJ : 22/02/2019 17:12
Prescilia Correnti | 22 février 2019 - MAJ : 22/02/2019 17:12

Fun, absurde, loufoque, barrée, déjantée. La Doom Patrol c’est une série sur des super-héros bidons, mais qui s’assument, et rien que pour ça, on valide déjà.

Les super-héros ont aujourd’hui une côte incroyable. Ils sont séduisants, ils sont charmants, ils sont beaux, ils sont forts. Bref, ils sont parfaits, voire trop parfait. Et ça, ça commence sérieusement à nous taper sur le système.

Les ratés ça existe et ils sont tout autant passionnants que leurs homologues sans imperfection. Sur les traces des pires super-héros de tous les temps, DC Comics a donc décidé de créer une nouvelle série intitulée la Doom Patrol : une ligue de gens bizarres, perdus, paumés qui vont quand même défendre la veuve et l’orphelin.

 

photo, April Bowlby, Diane Guerrero, Joivan Wade"Installe toi avec nous, on va te mettre bien"

 

AMERICAN SUPER STORY

Déjà sachez que si la Doom Patrol est à l’honneur en ce moment chez DC, c’est parce qu’elle a eu son épisode de gloire lors de la diffusion de Titans, la première série comics de la chaîne DC Comics, relayée en France par Netflix (on vous fait la critique ici). Cependant aucune crainte car il n’y a nul besoin d’avoir supporté Titans pour pouvoir apprécier ou comprendre la Doom Patrol. Néophytes et fans de la saga sont donc au même niveau devant les premières minutes de l’épisode pilote.

Tout commence par la narration en voix-off d’un méchant, Mr. Nobody, doublé en version originale par Alan Tudyk. Lequel est là pour rappeler que la Doom Patrol c’est une série complètement conne, avec des gens complètements cons, mais que c’est terriblement triste et que vous allez probablement ne pas apprécier. Mais ce n’est pas grave, car c’est assumé, et vous l’avez bien là où vous le pensez.

 

Photo, comics Robotman, Brendan FraserEncore une histoire de robot pas rigolo

 

Quelques minutes plus tard, c’est avec un visage chaudement familier, mais qui a bien vieilli, qu’on entame cette nouvelle aventure débridée. Celui de Brendan Fraser, campant le personnage de Cliff Steel. Un pilote chevronné de course automobile qui baise tout ce qu’il voit. Malheureusement, après un triste accident de voiture en 1988, il se réveille près d’une décennie plus tard dans un corps métallique, celui de Robotman.

Cette « chance » de revivre une seconde fois il la doit au professeur Caulder (Timothy Dalton) qui l’a récupéré, sauvé, et ramené dans son manoir délabré avec ses autres pantins. Il y rejoint ainsi les anciens pensionnaires dont une ex-starlette hollywoodienne des années 50 dénommée Rita Farr (April Bowlby), une femme devenue à cause d’une chute dans un lagon toxique, un chewing-gum humain immonde et monstrueux.

 

photo, April BowlbySi belle et pourtant si laide à l'intérieur

 

Puis il y a aussi Larry Trainor (Matt Bomer), un ancien pilote des années 60 sexy comme la braise, et qui était considéré comme un "dieu américain" selon les idéaux de l’époque. L’ombre à ce tableau si idyllique c’est qu’il se sentait déjà monstrueux avant son crash d’avion. Transformé en homme négatif d’énergie pure à la suite de son accident, il est désormais enveloppé de bandages tel un homme invisible.

Et enfin il y a la dernière venue, Crazy Jane (Diane Guerrero), qui est la seule qui soit d’apparence normale à première vue. A l’exception que 64 personnalités diverses cohabitent en elle, chacune avec un pouvoir séparé (et toc M. Night Shyamalan). Seul un autre personnage, Cyborg, n’est pas encore apparu à l’écran mais ne devrait pas tarder à arriver dans la troupe.

 

photo, April Bowlby, Diane GuerreroUne belle bande de losers qu'on adore

 

UNE FAMILLE RECOMPOSÉE

Des mois, des années, des décennies passent et ainsi ils s’adaptent comme ils le peuvent à leur nouvelle vie, à cette nouvelle réalité qu’ils n’ont pas choisie. Ils trouvent des moyens annexes pour maintenir leur santé mentale comme ils le peuvent. Rita coud et regarde de vieux tableaux, Cliff construit un circuit de la taille d’une pièce entière et Larry s’occupe de son jardin dans un ancien bus scolaire. Ils se soutiennent, se comprennent et se gèrent mutuellement.

L'épisode pilote se concentre essentiellement sur une personne en particulier, celui de Brendan Fraser évidemment, excellent en tant qu’homme vicieux, rempli de défauts et qui ne peut désormais plus rien ressentir. "Je ne peux ni sentir, ni fumer, ni boire, ni manger, ni même baiser". Recalé au rang de machine, ce pilote de la Doom Patrol a su mettre en avant toute la tendresse et la mélancolie de ce personnage. 

 

photo, Matt BomerOn t'aurait pas déjà vu quelque-part ?

 

La série est triste, voire dépressive et n’augure rien de marrant pour la suite. Tout dégorge et suinte la solitude et le désespoir. Ils sont en vie, certes, mais malheureux, hagards, désorientés, cherchant leur place dans ce nouveau monde qui n’est clairement pas le leur.

En somme les personnages issus de la série Doom Patrol partagent assez bien les idéologies de leurs homologues comics. Seul Caulder (Timothy Dalton) semble être une version plus douce et bienveillante que le vieux fou que nous laissait présager les comics. Il se montre ici comme un père conciliant et aidant, plutôt qu’un timbré décérébré comme nous faisait entrevoir la série Titans au cours de son épisode spécial.

 photo, Timothy DaltonAprès Penny Dreadful, le grand retour

 

ABSURDE : UN MANTRA

Jusqu’à la moitié de l’épisode, le scénario s’enlise dans les tracas et les problèmes personnels des personnages. C’est vers le milieu du pilote lors de l’arrivée de Crazy Jane (Diane Guerrero), que la petite troupe va un petit peu se bouger lors d’une excursion rebelle en ville. Allant à de la tendresse, à du désarroi et de la désillusion, cette première sortie en ville est emplie de moments cruciaux pour nos personnages.

Tous aspirent à la normalité. Ils tentent en vain de se convaincre chacun en se disant qu’ils peuvent simplement entrer dans un restaurant ou un bar, sans que cela ne choque personne mais ils n'y arrivent pas. C'est encore trop tôt.

 

photo, Diane GuerreroUn héros de fer 

 

Mais aussi bons que peuvent l’être les personnages, l’intrigue reste encore très floue. C’est quand même au travers d’un pet vert toxique sorti d’un âne planté au milieu d'une route que le spectateur revient à la réalité en se demandant ce qu’il fait ici, où il va, et ce que vont faire les personnages par la suite.

Les enjeux ne sont pour l’heure pas clairs, et bien que le narrateur principal soit extrêmement doué dans son propos, l’épisode pilote aurait été encore mieux si ce dernier s’était davantage présenté.

Pour conclure, la Doom Patrol est une série prometteuse  qui casse les codes des séries super-héroïques. Si Titans s’estimait sombre, mature et adulte, la Doom Patrol l’est réellement et assume totalement sa part d’absurdité et de conneries en tout genre. Peut-être, pourquoi pas, une nouvelle pépite chez DC ? Du moins, on l'espère.

 

Affiche

commentaires

jibe
09/04/2019 à 19:27

Très belle surprise!
Je ne connaissais pas le comics, je n'ai pas encore regardé la série Titans. Mais cette série m'a donné envie de lire l'un et de regarder l'autre.
J'adore cette ambiance complètement décalée avec des héros torturés, parfois même pathétiques.
J'espère que la série va continuer avec cet esprit! Ça change des séries ou d'un univers à l'autre, il n'y a que la couleur des collants du super héro qui change.

A suivre....

AES
26/02/2019 à 01:49

En prenant la vague Super Hero, je ne pensais qu'on toucherai le fond aussi vite. Il y a des dizaines de titres géniaux qui ont été écrits depuis 50 ans, pourquoi cette copie sans intérêt des X-Men?

bubblegumcrisis
22/02/2019 à 20:34

Franchement je m'attendais à un peu mieux au vue des retours positifs de ceux qui avaient vu le pilote. Au final, oui, si on compare au Arrowverse, c'est nettement au-dessus. C'est rugueux, il y a du sexe frontal, le traitement de l'homosexualité masculine, des dialogues pour adulte ( aux USA, hein ), mais bon ça reste manichéen. Il y a un méchant dont le but dans sa vie c'est de faire le mal pour faire le mal parce que c'est un méchant et qu'il aime faire le mal, et un groupe de freaks fait de bric et de broc qui se retrouvent à incarner le camp du bien. Bref, c'est toujours pareil... Ça va être du Pim Pam Poum entrecoupé de dialogues plus ou moins chiants et parce que c'est la mode, la série va se traîner en longueur avec plein d'épisodes de remplissage comme The Umbrella Academy.

Alexiaaucarré
22/02/2019 à 19:49

Entre Titans et Doom Patrol DC réussi enfin à entrer dans notre époque.
L'arrowverse m avait perdu (enfin pour etre honnête il ne m avait pas accroché non plus) mais là j adhère !
Une saison 1 de Titans que j ai trouvé très réussie, un pilote de Doom Patrol original et propre... Je croise les doigts pour que cela continu! (Qqn sait quand doit sortir la série "Swamp Thing" et si elle appartiendra au meme univers ?)

Geoffrey Crété - Rédaction
22/02/2019 à 17:57

@Akitrash

On ne sait pas pour les autres, mais nous, on n'a pas (encore) eu le temps de regarder et traiter Deadly Class, on fait avec nos ressources.
Et on a trouvé le pilote de Doom Patrol super cool.

Akitrash
22/02/2019 à 17:51

Pilote hyper chiant... Pourquoi personne ne parle de Deadly Class qui démonte(

Jojo
22/02/2019 à 17:33

Je ne sais pas si c'est ça la super série super-héroïque de 2019 mais c'est déjà plus intéressant que les séries du "Arrowverse" !

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