Rick et Morty saison 5 épisode 3 : adolescence explosive et partouzes apocalyptiques

Mathieu Jaborska | 5 juillet 2021
2
photo

Captain Planet au rabais, crises d'adolescence meurtrières et partouzes apocalyptiques sont au menu du nouvel épisode de Rick et Morty.

Cette saison 5 débute très bien. Après une quatrième salve d'épisodes qui a peiné à convaincre son public, la série de Justin Roiland et Dan Harmon fait le choix de l'efficacité avec une première aventure au rythme effréné et un trip conceptuel explosif. Toujours en équilibre entre jusqu'au-boutisme formulatique hilarant et expérimentations narratives inédites, elle continue à passionner. C'est donc avec impatience qu'on attendait ce troisième épisode. Et s'il n'est pas aussi marquant que les précédents, il divertit sans mal. Attention mini-spoilers !

 

photoDes larmes... et de bonnes idées visuelles

 

Earth, wind and fire

La séquence introductive a pourtant de quoi faire lever les yeux au ciel. Le concept de pluie acide a beau être particulièrement adapté aux pérégrinations de Morty et de son grand-père alcoolique, il ne fait qu'annoncer un autre pastiche éclair de super-héros. Non seulement la série s'était déjà amusée à moquer les surhommes (et femmes) en costumes moulants, humiliés par un Rick pas remis de sa grosse cuite et un visionnage trop intensif de la saga Saw, mais un spin-off à leur propos a même déjà été annoncé.

Sauf que le but est surtout d'accorder au jeune homme une autre idylle amoureuse foireuse et de parodier non pas les marvelleries (quoique Summer qualifie Planetina de "Phase 4 Super-hero"), mais les divertissements engagés niais pour enfants, en particulier Captain Planet and the Planeteers, dont l'épisode reproduit le principe quasi littéralement, de sa morale manichéenne à son casting revendiquant un universalisme à la United Color of Benetton. Le pauvre Morty s'éprend donc d'un décalque féminin du capitaine (doublé par Alison Brie), malheureusement exploité par des gosses qui ont bien grandi.

 

photoPS : I love you

 

Comme toujours, Rick et Morty se donne pour mission de souiller le plus possible sa référence principale. Et la série animée produite par l'activiste Jane Fonda lui laisse un boulevard. Loin d'assumer un quelconque commentaire politique sur l'écologie (ce n'est pas le style de la maison), elle se contente de surligner l'opportunisme mercantile des productions du genre, et leur absurdité, une fois en dehors de ce modèle marketing.

La naïveté ambiante est donc savoureuse, surtout quand la bande originale joue le jeu. Les amateurs de Captain Planet se plairont à voir leur madeleine de Proust martyrisée, d'autant que cette parodie permet à la série de se laisser aller à quelques envolées esthétiques. Jusqu'ici, elle s'était accommodée de sa ligne claire, simple, mais efficace, et de sa mise en scène au service du gag. Quelques séquences s'autorisent à transgresser quelque peu cette identité, au détour d'un songe coloré ou d'un plan en plongée étrange. La preuve que ces 25 minutes ne sont en fait pas si schématiques.

 

photoVoyage dans la lune

 

In the mood for love

En parallèle, Summer et Rick s'offrent une petite virée sexuelle sur des planètes au bord de la destruction. Leur odyssée de fluides et de cendres renoue avec le penchant de la production Adult Swim pour le trash (la scène post-générique reste franchement osée). Et ce n'est pas pour déplaire à un public qui se délecte des rôts lubriques du vieux savant, des expériences libidineuses de sa petite-fille et des particularités anatomiques d'extraterrestres pervers. La partouze générale de la dernière planète vaut son pesant de cacahuètes, surtout lorsque Beth s'en extirpe pour annuler l'apocalypse.

D'aucuns pourraient cependant regretter que les scénaristes s'en remettent une fois de plus au montage alterné pour développer en parallèle deux arcs narratifs à part entière. Un procédé certes largement utilisé par les séries d'animation dites "pour adulte", mais que ces cinq saisons ne tentent que très rarement de camoufler.

 

photoPlonger dans l'orgie. Littéralement.

 

Et pourtant, cet épisode joue très habilement de cette impression pour rehausser son humour. En effet, les péripéties des deux duos se complètent, ou plutôt se contredisent avec une ironie mordante. Alors que Morty s'emploie à sauver la Terre en courant après des lapins, bien plus guidé par ses hormones que par l'urgence climatique, Beth et Rick sont témoins de destructions de mondes... qu'ils ont le pouvoir d'arrêter ! Tandis que Morty cherche un grand amour illusoire, sa soeur et son grand-père s'enfoncent dans des parties fines incestueuses avec l'absence de lendemain comme horizon. Pour une fois, les extrêmes se rejoignent.

Ces 25 minutes font donc rire grâce à leurs gags, mais aussi une bonne dose d'ironie dramatique diffuse. Quelle meilleure manière de s'amuser de la crise d'adolescence des deux personnages, chacun illustrant une facette de la puberté ? Désormais, les enjeux sentimentaux et sexuels semblent être très importants. La prise de confiance de Morty est réelle. Il est désormais largement capable de se défendre lui-même. Mais il lui reste à vaincre sa naïveté vis-à-vis de la gent féminine. Jusqu'ici, c'est le thème qui se dégage de cette saison. À moins que celle-ci ne parte dans un délire complètement différent dans la suite. La série nous y a habitués.

Un nouvel épisode de la saison 5 de Rick et Morty chaque lundi sur Adult Swim via Molotov en France dès le 21 juin 2021.

 

affiche

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
commentaires lecteurs votre commentaire !
Liojen
06/07/2021 à 03:59

Quel saison incroyable pour le moment! Je me régale ^^

Alxs
05/07/2021 à 23:20

Je comprends le côté décevant avec un énième montage alterné mais c'est pour ce type d'épisodes que j'aime la série. Pas pour l'absurde, mais pour cette mélancolie sublime. Quelle fin et quelle chanson! Vivement la suite.

votre commentaire