Rick et Morty saison 5 épisode 1 : love and monsters

Mathieu Jaborska | 21 juin 2021 - MAJ : 25/06/2021 18:11
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Rick et Morty reviennent dynamiter la science-fiction avec une saison 5 qui débute sur les chapeaux de roue.

Il avait fallu attendre plusieurs années pour voir une saison 4, laquelle s'était débarrassée des pistes narratives délirantes de la saison 3 pour se consacrer tantôt à l'efficacité pure, tantôt à l'expérimentation si radicale qu'elle en a laissé plus d'un sur le bas-côté (Never Ricking Morty). Cette nouvelle salve d'épisodes arrive bien plus tôt, plus d'un an après la précédente.

Les ambitions du duo Justin Roiland-Dan Harmon, dont l'univers sera décliné dans un spin-off et encore plusieurs saisons, freinent-elles la créativité de la série ? Pas vraiment. Attention mini-spoilers !

 

photoComme un lundi, quoi

 

Les cinq cents coups

Pour son grand retour, en 2019, la série s’était lancée dans une sorte de super-compilation de ses qualités les plus flagrantes. Edge of Tomorty: Rick Die Rickpeat se jouait avec une malice impressionnante et un rythme effréné d’un concept narratif particulièrement bien pensé pour se terminer en parodie d’Akira. Ce premier épisode de la saison 5 revendique le même statut, celui de démonstration inaugurale, prenant par les sentiments des fans rassasiés afin de mieux les entrainer dans la profondeur des délires plus étranges à venir.

L’ampleur ridicule de Rick et Morty est donc à nouveau au rendez-vous, puisqu’on croise au cours de ces 21 minutes et 25 secondes un pastiche de Namor pas piquée du plancton, des gentils fermiers dont le monde va être fracassé, des oiseaux biomécaniques meurtriers et pas mal d'initiatives sexuelles. Comme à son habitude, la série manipule avec brio tous les univers qu’elle convoque, de la (dark) fantasy au cyberpunk, du comic-book au teen-movie niais. Autant de références qu’elle digère, puis moque en les rabaissant à leurs mécaniques les plus risibles, ou en les mêlant pour mieux les faire imploser, à l’instar d’un ultime twist qui frôle la métaphysique.

 

photoLe septième chiot du septième chiot

 

Certes, l’arc narratif principal de l’épisode repose sur un procédé régulièrement exploité par les scénaristes depuis le génial The Ricks Must Be Crazy, mais force est de constater qu’il est toujours aussi efficace, surtout quand il est décliné sous une forme aussi simple. De fait, le gag le plus réussi reste peut-être celui qui provoque la traditionnelle escalade civilisationnelle. Chez Harmon et ses élèves (dont fait assurément partie Jeff Loveness), l’humour noir nait souvent d’une différence abyssale de perception. Et comme d’habitude, ce qui parait anecdotique pour un Morty guidé par ses hormones a des conséquences disproportionnées.

Mort Dinner Rick Andre fera donc rire quiconque est déjà convaincu par les aventures du duo, tant il prend soin de convoquer à la fois ses recettes comiques les plus redoutables et une palette de personnage qui avait été délaissée par les épisodes précédents. Le couple parental a finalement l’occasion d’expérimenter les thérapies du Dr Wong, tandis que la fameuse Jessica, très vite introduite dans la série avant d’être quelque peu délaissée, se dote enfin d’une trajectoire intéressante. Un bon gros melting-pot régressif qui ne réinvente pas la roue, mais rappelle à quel point les dérapages démentiels du duo désormais légendaire nous avaient manqués.

 

photoJames Wan, après et avant

 

Rick-rolled

Il faudra cependant se faire une raison : les pistes narratives de la saison 3 semblent bel et bien mises au placard. Aucun signe d’un Evil Morty par exemple, antagoniste quasiment annoncé comme le nouveau grand bad guy dans un cliffhanger redoutable avant de disparaitre purement et simplement, ou même des autres versions alternatives des protagonistes. Roiland et Harmon semblent avouer de plus en plus avoir abandonné cette évolution par duplication, qu’ils avaient poussée dans ses derniers retranchements à la fin de cette saison 3.

Néanmoins, et même si ce nouvel épisode parait à première vue jouer la carte de la sécurité, le soin apporté aux différentes péripéties trahit les nouvelles envies du duo et de leurs scénaristes, faisant suite aux quelques timides expériences de la saison 4, notamment celles de l’épisode 2, qui avait pris tout le monde de court en humanisant un peu le plus cynique des grands-pères alcooliques. Finies les démultiplications hilarantes et artificielles, Rick et Morty se concentre désormais sur les personnages primaires, uniques, plus difficilement transformables.

 

photoLa duplication, désormais une illusion

 

Ainsi, la déconvenue quasi-divine d’un Morty désormais (presque) capable de réparer au Napalm ses propres erreurs nuance in fine sa personnalité. De même, la nature belliciste de Rick semble peu à peu se retourner contre lui, au point de l’affaiblir encore un peu plus, surtout quand on évoque « Diane », mystérieux personnage qui pourrait bien détenir les clés de sa bienveillance.

Un Morty un peu plus fort (et qui devrait a priori se trouver un nouveau partenaire fantasmé), un Rick un peu plus faible… Même si l’animation se repose largement sur ses acquis et que la saison se contente pour l’instant de sa propre générosité, ces prémisses jouissives semblent anticiper quelques bouleversements dans cet univers, bien plus intimes qu’à l’accoutumée. La preuve : au lieu de se terminer sur le cassage de quatrième mur inhérent aux débuts des précédentes saisons, cet épisode se conclut sur le bouclage du papy et les essais sexuels de Jerry et Beth. Un final prémonitoire, espérons-le.

Un nouvel épisode de la saison 5 de Rick et Morty chaque lundi sur Adult Swim via Molotov en France dès le 21 juin 2021

 

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commentaires lecteurs votre commentaire !
Mathieu Jaborska - Rédaction
25/06/2021 à 18:14

@BadTaste

En effet, petite coquille, merci de votre vigilance. Quant à Diane, en effet, son identité est connue mais, comme vous le soulignez très bien, elle n'en demeure pas moins un personnage mystérieux qui pourrait bien avoir beaucoup d'importance dans la suite. Du moins c'est ce que j'aime à croire.

BadTaste
24/06/2021 à 02:57

Bonjour !

Une petite erreur (je crois) :
"tandis que la fameuse Vanessa, très vite introduite dans la série avant d’être quelque peu délaissée, se dote enfin d’une trajectoire intéressante."
J'imagine que vous faites référence à Jessica, la target de Morty.
A moins que je n'ai oublié une Vanessa dans l'univers de Rick et Morty, mais ça ne me dit rien.

Quant à Diane, il s'agit de Diane Sanchez, la femme (ou ex-femme) de Rick, qu'on a aperçue dans un flashback/rêve de Rick, dans le 1er épisode la saison 3.
A prendre avec des pincettes, car c'est la seule fois où on aperçoit le personnage dans la série, et elle apparaît à un moment où Rick manipule d'autres personnages, donc on ne sait pas vraiment à quoi elle ressemble, ni si elle est en vie, ni où elle se trouve.

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