Westworld saison 3 épisode 6 : jusqu'en enfer et au-delà

Geoffrey Crété | 20 avril 2020 - MAJ : 20/04/2020 23:48
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Notre critique du cinquième épisode de la saison 3 de Westworld.

Retrouvez le résumé des saisons 1 et 2 de Westworld.

Testez vos connaissances dans ce quiz sur Westworld et ses secrets.

ATTENTION SPOILERS !

 

photo, Ed HarrisEtre utile ou ne pas être, telle est ma question

 

TOO MUCH INFORMATION

Plus que jamais, cet épisode 6 confirme une sensation très familière dans cette troisième saison : tout avance vite dans un numéro d'équilibriste mal tenu, avec des épisodes qui semblent à la fois traîner, et être remplis à ras bord. Caleb n'est pas présent dans l'épisode Decoherence, mais c'est bien le seul puisque Dolores, Charlotte, Maeve, William et plusieurs visages connus apparaissent, tandis que l'intrigue avance d'un coup autour de Delos.

Se joue ainsi autour du rachat de l'entreprise par Serac, la marche vers le chaos ultime, avec d'un côté Charlotte démasquée par le business man, et de l'autre, Maeve déterminée à combattre Dolores. Beaucoup de choses se font et se défont en quelques scènes, plusieurs personnages passent l'arme à gauche, les stratégies de chacun évoluent, et l'épisode déborde de tous les côtés.

Cette saison 3 de Westworld semble être jusque là la plus faible d'un point de vue narratif. La faute à la décision de passer de 10 à 8 épisodes, probablement liée à des directives de HBO plutôt qu'à une nécessité artistique ? La faute à un désir assumé d'aller vers une intrigue plus claire, moins tordue que les précédentes saisons ? Ou tout simplement parce que la série a muté en sortant des parcs, et a pris de gros risques ? Impossible d'y répondre avant encore deux épisodes bien sûr, mais le crescendo de cette troisième saison est aussi frustrant qu'intrigant.

 

photo, Thandie NewtonFucking deal with it you fuck

 

SAUVEZ WILLI

L'une des grandes questions de cette saison 3 est de savoir à quoi sert William, alias l'homme en noir, incarné par le magnétique Ed Harris. Entre son apparition mystérieuse à la fin de la saison 2 et son enfermement du fait de Dolores, il aura soulevé bien des questions, que ce soit sur sa condition, sa réalité, ou sa trajectoire.

Cet épisode se complaît dans une forme de répétition un peu vaine, en confrontant ce vieil homme décrépi à ses reflets lors d'une séance de thérapie virtuelle poussive, où James Delos et le William fringant de la saison 1 réapparaissent notamment. Certes, il y a encore la petite énigme sur sa nature exacte, l'élément étranger que Charlotte a placé dans son sang avant qu'il soit emmené, et bien sûr son rôle dans l'intrigue, puisqu'il est encore lié aux personnages. Dolores a gardé un œil sur lui pour une raison encore inconnue, et Bernard et Stubbs viennent le chercher pour le sortir de cet endroit.

Difficile néanmoins de ne pas avoir la sensation d'un surplace avec William, particulièrement dans cet épisode où ses traumas et sa culpabilité sont encore rejoués, tout comme son instinct violent, très précoce. Avec près d'une heure au compteur, l'épisode 6 semble avoir étiré artificiellement son récit en remettant William à ce point en avant, probablement plus pour préparer la suite que véritablement en dire quelque chose. Et l'impression de remplissage est également là ailleurs, comme lorsque Maeve met des soldats à terre pour... le spectacle (une scène d'ailleurs étrangement montée, puisque pré-générique et ramenée bien plus tard).

 

photo, Ed HarrisEn analyse

 

UNE AFFAIRE DE FEMMES

Sans surprise, le vrai cœur de l'épisode est sur le versant féminin avec le trio Dolores-Maeve Charlotte. La confrontation tant attendue entre les deux premières, sous leurs vrais visages cette fois, rappelle que cette saison 3 avait vite annoncé un affrontement forcé et forcément tragique entre les deux héroïnes de Westworld, dont les chemins se seront croisés sans jamais réellement s'unir par le passé.

Leur échange a beau être virtuel, il remet en jeu les questions les plus intéressantes et profondes de cette saison."You're no saint. You're not a vilain either. And neither am I. We're survivors.", explique une Dolores apaisée et clairvoyante. Si Serac est l'antagoniste de façade de l'intrigue, la vraie bataille et lutte se joue entre elles, deux faces d'une même pièce sans cesse lancée dans les airs, au-dessus de ce futur sombre et chaotique.

La série de Lisa Joy et Jonathan Nolan a toujours pris soin de flouter la ligne entre les bons et les méchants, et ce dès la première saison où le double masque était porté par le même William à travers les âges. Même chose en saison 2, où Dolores passait d'innocente victime à guerrière destructrice, poussant le spectateur à s'interroger sur cette flamme qui pouvait consumer n'importe quel personnage, humain ou non, et le transformer en monstre.

Dans cette saison 3, et au-delà d'un Serac qui a tout d'un outil dans l'intrigue, la question est plus que jamais centrale. Si Dolores et Maeve devaient s'affronter et forcer le spectateur à vivre ce dilemme, Westworld rappellerait ses grands moments déchirants.

 

Photo Evan Rachel Wood, Thandie NewtonDeux déesses qui se croisent sans cesse

 

HALEWAY TO HELL

Impossible de ne pas s'arrêter sur Charlotte Hale, surnommée Haleores depuis qu'elle est habitée par Dolores. Tandis que Dolores et Maeve sont des bulldozers qui tremblent à peine depuis au moins une saison, sûres de leurs pouvoirs et rayonnement déments qui les rendent quasi increvables, Charlotte aura été le personnage le plus important pour l'émotion de cette saison 3.

Au-delà du mystère vite résolu de sa véritable identité, elle aura incarné toute l'interrogation de l'humanité chez l'inhumain, et vice-versa. L'épisode l'exprime sans détour lorsque Serac affirme l'avoir démasquée lorsqu'elle a mis son rôle de mère en priorité, chose que la vraie Charlotte n'aurait jamais fait. Une manière simple mais efficace de montrer que Dolores est devenue sa propre ennemie, en sous-estimant la puissance des émotions dans son logiciel de guerrière absolue.

 

photoCe n'était donc pas juste pour la frime

 

Tessa Thompson a donc eu de belles choses à jouer, et c'est elle qui a les meilleures scènes de cet épisode, notamment dans les couloirs de Delos. La mort de sa famille dans l'explosion finale est même bienvenue, puisque jusque là le sentiment de peur (de voir un personnage menacé, en danger, ou perdu) était quasi inexistant dans la saison 3 : Dolores avance sans trembler depuis le début et bronche à peine quand Serac récupère pour de bon Delos, Maeve ne cesse d'être tuée et ramenée, et même ici, Charlotte démasquée avait sorti quelques tours de son sac (littéralement) pour s'en sortir.

Que son fils et le père soient tués par un homme de main de Serac est un bon signal : tout ne peut pas et ne va pas se passer comme prévu. Et tant mieux. Une Charlotte transformée en chips non végétarienne sort de la carcasse de la voiture brûlée, et fixe les flammes en pleurs. Le voilà, le vrai danger de la saison : Dolores. Une très belle illustration de la trajectoire tragique de l'héroïne campée par Evan Rachel Wood, qui semble aller vers un noir destin qu'elle aura elle-même engendré.

Haleores a été submergée par ses émotions maternelles, et a lancé plusieurs appels à l'aide à Dolores. Remise sur sa trajectoire initiale par la chef, elle avait suivi les ordres et tenté de tout sauver, que ce soit la bataille de Dolores et "sa" famille. Nul doute que la destruction de cette part d'humanité si précieuse va pousser le personnage vers la violence, celle-là même qui l'avait amenée à tuer un homme menaçant son fils, avec ses instincts tueurs si bien connus. Et si cette saison 3 met bien Dolores face à Charlotte et Maeve (qui va avoir des alliés, dont un encore mystérieux), elle pourrait bien aller vers un climax passionnant.

 

photo, Tessa Thompson"Allo moi-même ? Juste pour te dire, tu vas me le payer"

 

Toujours bancale mais presque jamais inintéressante, cette saison 3 de Westworld avance donc vers une conclusion qui semble plus que jamais violente, noire et riche. Malgré une narration qui ne cesse de bégayer, et n'a toujours pas trouvé un cap clair à deux épisodes de la fin (ce qui contraste fortement avec les précédentes saisons), ce sixième épisode passe une vitesse, et place Charlotte au centre de l'équation, avec un rôle de plus en plus passionnant.

Ne reste plus qu'à espérer que les deux derniers épisodes, Passed Dawn et Crisis Theory, sauront se recentrer, et tirer profit de ces personnages pour les réunir en vue d'une bataille promise depuis le début.

 

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commentaires lecteurs votre commentaire !

MARC
10/05/2020 à 18:22

@brucetheshark

Ta la dent dure normale t'es un Shark ! Comme tous les réalisateur ils font du non est du moin bon film. INTERSTELLAR sa te parle !??Le film sortie en 2014 est un chef-d'oeuvre de la science fiction il on même consulté un scientifique pour élaboré le visuel du troisième noir Gargentua. Encore a ce jour aucun film même le pompeux Ad Astra n'est aussi intense bouversant. La scène de Cooper quand il voit dans une vidéo ses enfants avec plusieurs années il est en pleure. La scène d'amarrage avec la musique incroyable de Hanz Zimmer a chaque fois j'ai les poils ! INTERSTELLAR est le meilleur film de Nolan a ce jour .

brucetheshark
09/05/2020 à 17:40

Donc à en lire certains, si on aime pas Westworld, c'est qu'on y a rien compris... Alors qu'il n'y a rien de compliqué avec cette série mais elle fait bien semblant. Les frères Nolan ont quand même ce point commun : Faire croire aux gogos qu'ils sont intelligents.

MARC
23/04/2020 à 19:51

Bonne nouvelle pour ceux qui sont pour ou contre ( les fucking rageur) la saison 3 de Westworld. Il est prévu 6 saisons je dis un grand yes !!! et merci HBO !!!

Geoffrey Crété - Rédaction
21/04/2020 à 13:33

@Jesse

Votre commentaire avait juste été modéré par notre bot, qui fait parfois des erreurs parmi les centaines de spams à gérer. Erreur réparée. Si on retirait tous les commentaires négatifs, ça se saurait/verrait.

Sinon : on aime beaucoup Westworld, et avoir des critiques, des interrogations, ne devrait pas vous mettre dans ces états. Et on ne voit pas le rapport avec "les critiques françaises" (sachant qu'il y a des critiques variées, et que même aux USA par ex, la série divise), ou "des séries bidon" (de quoi parlez-vous ? de qui parlez-vous ? et si votre série bidon était "le bijou" de votre voisin ?)

Bref, on attend la suite avec impatience, et n'hésitez pas à participer au débat en expliquant votre point de vue, plutôt que de dire que les autres comprennent rien et ont des goûts douteux.

Jesse
21/04/2020 à 13:30

Mdr cérac bien dit ; ils comprennent rien les critiques française et sa encense des séries bidon, westworld est un bijou et on voit que certains ne comprennent rien en lisant l article complètement à côté de la plaque vivement les 2 derniers épisodes sa va être une tuerie ;)

Jesse pinkman
21/04/2020 à 13:24

Pow ils ont supprimer mon commentaire n importe quoi se site des qu on critique ecranlarge on es censuré looser

MARC
21/04/2020 à 11:49

@Afred
J'espère que tu changera d'avis dans le prochain épisode 7 enfin le face à face entre Dolores et Maeve.

Alfred
21/04/2020 à 11:36

Que dire devant cet épisode.
Eh bien qu'il y quand même deux-trois bon moments.
Maeve (cœur avec les doigts) qui fait du deep learning avec des nazis.
Serac (pauvre Cassel) qui est en fait un méchant d'un James Bond des années soixante perdu dans le futur.
William qui n'est pas devenu méchant à cause de (sainte) Dolores, mais il l'a toujours été, même qu'à 10 ans il cassait des dents.
Le fameux gag du tient y a du bruit de l'autre coté du mur ? Si j'y collais mon oreille. Splash, fromage de tête (mais c'était mieux fait dans Benny Hill je crois).
Haleores qui, tout en brulant, pleure des larmes qui s'évaporent même pas (c'est beau la technologie).
Et évidement mention spéciale aux sbires de Serac : ils sont tous sortis d'une école de Stormtrooper.
Un Français rageux qui a – à une autre époque – adoré cette série.

PS. Et le pire, croyez le ou non, c'est que je vais me mater les deux derniers épisodes.

MARC
21/04/2020 à 11:25

Cette saison 3 est en dehors du parc forcément il faut tout réinventer ! Nolan et Joy font un pari risquer certe de quitter ce parc et de suivre des hôtes qui doivent survivre ou mourir. C'est le même arc narratif de BLADE RUNNER des répliquants sont traqué par des Blade Runner et recherche leur place dans une humanité qui les exploite et les éliminent. Ils sont également à la recherche de leur créateur
. C'est évident que la plus part ont adoré Westworld au parc vont
étres désorienté par cette saison pourtant passionnant.

MARC
21/04/2020 à 11:08

Quel episode ! La scène qui m'a tout de suite sidéré c'est la réunion de William avec lui même enfant et William jeune en homme en noir et William en patient. Cette scène sauf erreur de ma part n'a jamais été vu dans aucun film aucune série !? A la rédaction de Ecran Large ! cette scène où un personnage se voit depuis son enfance et son présent c'est du jamais vu !? Sa donne le vertige . Dans l'episode 7 enfin le face à face avec Dolores et Maeve j'ai hâte.

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