Fear the Walking Dead Saison 1 épisode 4 : l'apocalypse sans se presser

Jacques-Henry Poucave | 21 septembre 2015
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Jusqu’à présent, Fear the Walking Dead a réussi à maintenir un certain équilibre entre ses gros défauts et de très belles qualités. Avec Not Fade Away, le 4ème épisode de la saison 1, le show nous offre néanmoins un condensé d’aberrations en tout genre.

 

Fear the scénario

Nous avions quitté nos infortunés héros alors que l’armée décidait d’investir le périmètre afin de protéger les habitants de la menace affamée et putrescente qui s’abat sur Los Angeles. Militaire, quarantaine, zombies, des ingrédients parfaits pour faire monter la tension et créer un sentiment d’angoisse que nous promet justement Fear the Walking Dead.

Sauf que l’épisode 4 s’ouvre justement sur un étonnant « 9 jours plus tard ». Une décision curieuse, qui nous précipite directement dans une situation de survie extrêmement délétère, où la population semble tout près de se rebeller contre l’armée qui assure sa sécurité. Manque d'informations, violences militaires, pénurie de nourriture et de médicaments, angoisses généralisées, en moins d'une heure de show nous sommes passés de personnages ignorant majoritairement ce qui était à l'oeuvre à un univers quasi-post-apocalyptique. Rappelons que le spin-off entend dévoiler ce qui s'est passé pendant les 25 jours de coma de Rick, en évacuer ainsi 9 jours, voilà qui est gros aveu de faiblesse de la part des scénaristes (pour ne pas dire un début de mensonge sur le but de Fear the Walking Dead).

Voilà qui est bien joli, mais avec ce saut dans le temps, le show nous prive EXACTEMENT de ce que nous espérions y trouver, à savoir la progressive destruction de la civilisation. Lorsque commence Not Fade Away, Los Angeles n’est plus qu’une ville fantôme remplie de cadavres, dont les rares survivants sont aux abois. Dommage, on regardait justement la série pour voir ce qui se déroulait dans ces 9 jours, ce qui fait d’une situation de crise en apparence contrôlée une marmite explosive.

 

Fear the dead clichés

Et comme c’est son habitude depuis le pilote, la série agite avec zèle des archétypes et des clichés gros comme des maisons. C’est bien simple, tout y passe. Les disputes familiales dignes d’un Grey’s Anatomy (ah l’affreuse ex insensible…), les questions de répartitions des tâches ménagères (toujours source de crispation en ces temps d’apocalypse), en passant par l’aveuglement désormais absurde du personnage de Travis (qui commencera seulement douter de l’armée en les voyant mitrailler des survivants).

Le traitement des soldats confine ainsi au ridicule et annihile toute tension. Comment croire à ce personnage de chef militaire qui plaisante devant des survivants au bord de la crise de nerfs, joue au golf en commentant les arrestations arbitraires, bref se comporte comme un condensé de stéréotypes diaboliques.

Ce type de raccourcis interdit la naissance de la tension et rend l’épisode hautement ridicule.

 

Fear the absent Dead

Enfin, on se demande de plus en plus sérieusement si AMC n’a pas uniquement envisagé Fear the Walking Dead comme un jackpot particulièrement cheap. Avec trois rues et un pavillon pour seul décor, la série joue tellement l’économie qu’elle en devient parfois risible.

De même, puisque le monde est sensé s’être écroulé, et que Los Angeles a été en majorité abandonnée aux morts-vivants, nous faire ressentir d’une manière ou d’une autre cet état de chaos eut été une bonne idée.

Enfin, si on comprend le désir des personnages d’aller voir ce qui se déroule de l’autre côté de la zone de sécurité, on est un peu sidéré par la facilité avec laquelle ils découpent le grillage qui les sépare du « territoire des morts ». Parce que bon, faire un gros trou dans la seule chose qui sépare son foyer d’une armada de zombies, juste pour satisfaire sa curiosité, c’est un peu gros.

Tous ces défauts passeraient à peu près si, comme dans les deux épisodes précédents, la série nous réservait de belles scènes d’angoisse et de vrais moments dramatiques, avec des zombies dedans. Sauf que dans Not Fade Away, il nous faudra nous contenter de trois mannequins posés par terre en guise de fin du monde et d’interminables discussions autour de la nature de la peur.

 

Fear the Psychology

Bien sûr cet épisode d’accalmie a peut-être simplement pour but de nous ménager avant deux derniers épisodes plus musclés, qui devraient nous précipiter dans la folie zombie. Ce serait possible avec la découverte du fameux « centre hospitalier », où sont envoyés certains citoyens. Si on l’espère, le show va néanmoins devoir surmonter deux obstacles de taille.

Premièrement, après avoir lancé des émeutes dans tout Los Angeles dès son deuxième épisode, la série sera obligée de taper très fort pour marquer le coup. Ensuite, elle va devoir se sortir de l’ornière du pseudo drame familial où elle s’est enferrée et qui dépend bien trop de la psychologie défaillante des protagonistes.

Ainsi, on ne comprend absolument pas les motivations et les agissements de Liza, ou du Dr. Exeter. Il est trop tôt pour savoir s’il s’agit juste d’un nouveau lot d’incohérences lancées au visage du spectateur pour faire avancer artificiellement l’intrigue, ou bien d’un tout qui parviendra à se rendre plus cohérent dans sa conclusion.
On espère encore, mais on commence à avoir de sérieux doute sur Fear the Walking Dead, dont les seuls morts-vivants semblent les scénaristes.

commentaires lecteurs votre commentaire !

romain
23/09/2015 à 00:28

c'est bien parce que l'article est au moins aussi mauvais que la série.

Je ne sais pas ce que vous entendez par incohérences. Vous deviez plutôt penser à des erreurs de scénarios, car jusqu'ici j'ai plutôt l'impression que ce qu'il s'y déroule ne contredit pas ce qu'il se passe dans l'original. Qu'il y ait un simple grillage pour protéger la zone... je ne vois pas trop où est le problème. Les militaires semblent avoir nettoyé les alentours, il n'y a donc pas de danger imminent. Ils semblent également ne pas vouloir inquiéter la population. Qu'il y ait des gens stupides, qui font des choses que nous même n'aurions pas fait, ça me semble être un peu normal.

Je n'ai pas bien compris le commentaire " l'affreuse ex insensible" qui est particulièrement sensible puisqu'elle vient en aide aux malades.

Je ne comprends pas non plus ce rejet du cliché. Je le rejette également, je n'ai pas particulièrement envie de voir toujours les même constructions de personnage comme c'est le cas ici. Mais comment vous arrivez à dire ça alors qu'en même temps vos attentes sont hyper clichés ? Vous voulez de grosses scènes d'angoisse. Vous voulez un épisode final digne d'un épisode final avec des émeutes ou un énorme revirement de situation... si ce n'est pas cliché ça... et il faudrait en plus de ça "montrer le chaos". Dans ce cas vous aurez le cliché d'une série apocalyptique.

Moi qui trouvait que le 4eme épisode commençait à poser le décor ;-)

zombie
22/09/2015 à 20:47

si vous chercher de l action zombie et pas de fausses promesses alors regarder la serie z nation

Lolotte
22/09/2015 à 17:41

@thierry
bah ça te fait peut être rire, moi c'est pour ça que j'ai commencé à regarder.
Parce que je voulais voir ce truc que personne n'a eu les moyens techniques de filmer jusqu'à présent. Que se passerait-il pendant une épisdémie de zombies.

Et AMC après avoir foiré à un niveau délirant Walking Dead, fait pareil avec le spin off, c'est à pleurer sérieux.

Déjà ça commence, l'épidémie est déjà dans 5 états (merci les "origines"), mais comme les mecs sont doués, tout se passe en hors champ ! En deux jours Los Angeles tombe dans le chaos total. Passe encore. Mais après ça, les gars te font une ellipse de 9 jours ? Presque la moitié du temps qu'ils ont à couvrir ?

C'est juste une honte une pauvre série cheap faite pour gagner du pognon vite fait en filmant des acteurs de seconde zone dans des pavillons.

thierry
22/09/2015 à 14:00

ça ma fait toujours rire de lire des phrase du genre "..à savoir la progressive destruction de la civilisation".
Mais elle là, devant vous !
On ne sait pas quel est l'état du pays à ce moment précis
On passe d'en vie normale, à une vie en quarantaine, puis peut être à une fuite, puis à une survie, etc...
Et puis, je vais vous faire de la peine mais la "progressivité.." machin : ça n'existe PAS.
C'est une vue de l'esprit. Dans la vraie vie il y a toujours un point de non retour à partir du quel tout s’emballe et dégénère.
Pensez qu'il suffit d'une bavure policière pour mettre tout un quartier à feu et a sang du jour au lendemain, alors une contamination générale...
Si les personnages voyaient mourir tout le monde autour d'eux pendant des jours et des jours vous seriez le premier a dire; que font-ils ils ? ils se rendent pas compte de ce qui se passe?
Les persos sont déjà assez cons comme cela, n'en rajoutez pas.
A part deux erreurs, comme la barrière et la balade sans arme, j'ai beaucoup aimé la tension diffuse,
cette peur de l'état policier en pleine anarchie (aussi dans Last ship).

Neodraken
22/09/2015 à 13:10

@Tall peut être pour toi tout le monde a un résonnement logique, mais sur les milliards de personnes de la vrai vie, tu pourras trouver des comportements de personnes similaires (et illogique). Tu n'as qu'a voir les fait divers dans les news.
Le scenario est pondu par humain, donc ça t'indique déjà que c'est possible.

ttf
22/09/2015 à 11:48

J'lai vu.

@Tall moi je trouve ça crédible qu'un drogué en manque pique la came d'une vieille personne en dépit des risques de maladie et du danger pour la personne âgée. Y se passe même pire à ce niveau dans la vraie life.

Pour les militaire caricaturaux, la maman qui va dans la zone interdite et tout ça... vous avez raison mais moi je fais abstraction de tout ça et je passe quand même un bon moment devant.

Tall
22/09/2015 à 10:52

Non mais on dépasse le stade de la connerie universelle. Je veux dire par là, que FWD est censé se montrer réaliste quand au comportement qui décrit.

En gros, les personnages principaux c'est nous. Et ben, on est pas dans la merde. Entre l'autre camé qui vole la morphine au mépris du bon sens (hey si je volais cette perfusion à un vieux mourant, au diable les risques de transmissions... Quoi ? J'ai des produits de substitut ?), la maman qui décide de se taper une balade dans la zone contaminée sans protection et sans arme (pour checker un reflet... Yay), l'autre qui se scarifie de son mal d'amour, j'en pouvais plus.

J'ai beaucoup ri cela dit.

KibuK
22/09/2015 à 10:38

Toujours pas d'accord avec Ecran large concernant leur critique. Le "statu quo", c'est-à-dire une situation figée comme dans l'épisode 4, est quelque chose de délicat à mettre en image. Dans un livre, ça passe très bien (lire puis regarder par exemple Game of Throne pour comparer) . Même s'il est vrai que les situations manquent d'originalité, je suis plutôt satisfait de la tournure que prend les choses et je suis curieux de découvrir comment les scénaristes vont pouvoir (ils ont une charte à respecter!) développer le spin-off sans copier son aînée.

Boo
22/09/2015 à 10:18

Le problème de cette série est simple : les personnages sont cons, ou en tout cas ont été écrits comme ça. Le cas des militaires est navrant de clichés, la mère qui décide d'aller en zone non sécurisée sans armes, même pas un couteau (sérieux, les personnages principaux ont déjà vu des morts se relever et à chaque nouvel épisode ils ont l'air d'avoir oublier), le père qui passe son temps à faire de la lèche à l'armée. Étonnamment c'est leurs mômes qui ont de meilleures réactions comme la fille qui sait que le monde comme ils le connaissent est mort et s'énerve de voir sa mère et son beau-père se disputer pour des conneries.
Je me doutais que ça serait aussi lent et chiant que la série-mère mais je m'attendais pas à autant de clichés enfilés comme des perles, en permanence. Des personnages à la mémoire et au caractère fluctuant selon l'épisode. Des ellipses qui occultent le plus intéressant (manque de budget ou radinerie), ou alors ils nous sortiront un spin-off de spin-off pour expliquer ces 9 jours.

YOP YOP
22/09/2015 à 01:24

Moi j'adore l'ambiance TWD et les relations des personnages. C'est un rythme très particulier et cela ne peut pas plaire à tout le monde.
Je viens de finir Dexter sur Netflix : putain, c'est franchement glauque ! La fin est à se déchirer le cœur ... j'ai versé ma petite larme.

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