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WandaVision saison 1 épisode 8 : l’effet papillon version Marvel

Par Mathieu Jaborska
26 février 2021
MAJ : 21 mai 2024
23 commentaires
Affiche US

WandaVision change de format pour balancer ses dernières révélations et une introspection pleine de violons.

Nous n’attendions plus grand-chose de WandaVision, qui n’a cessé de sacrifier ses très bonnes idées thématiques sur l’autel de l’effet d’annonce, sinon le traditionnel feu d’artifice technique et référentiel permis par les budgets démentiels de Marvel Studios. À court de décennies de sitcoms, la série se cale logiquement dans le moule attendu en troquant son format court pour une durée plus conventionnelle.

Mais en lieu et place de l’affrontement annoncé, cet avant-dernier épisode s’aventure dans une rétrospective émotionnelle inattendue, mais néanmoins très représentative des nouvelles ambitions de la firmeAttention, spoilers !

 

photo, Elizabeth Olsen, Paul BettanyL’amour au dernier regard

 

Back in time

Le double cliffhanger qui clôturait l’épisode précédent ne laissait aucun doute quant à la suite des évènements. La série se conformait de plus en plus à la fameuse formule Marvel, qui continue de prouver son efficacité chaque vendredi. Alors que beaucoup misaient sur un climax de plus d’une heure, hypothèse rendue plausible après l’annonce de la durée de l’épisode, les scénaristes assument de retourner en arrière avant d’aller de l’avant.

Un choix qui a de quoi laisser perplexe, voire suspicieux. Marvel n’essaierait pas de jouer la montre, histoire de submerger encore un peu plus la pop-culture ? Une question d’autant plus légitime que ces presque 50 minutes (générique compris) ne nous apprennent finalement pas grand-chose qu’on ne sache déjà. On connait l’origin story de Wanda. On a déjà déduit la nature de sa relation à l’univers qu’elle a créé autour d’elle. Et on se doute depuis quelque temps des véritables motivations du patron du S.W.O.R.D, bien décidé à exploiter le deuil d’une Avenger pour en ressusciter un autre, sous forme d’arme si possible.

 

photoHuman after all

 

Ce nouveau chapitre ne nous renseigne finalement que sur les véritables desseins de l’antagoniste, laquelle fait basculer le récit dans une dimension très pulp, directement héritée des comics. Paradoxalement, le passage le plus excitant sur le plan narratif est la scène post-générique, faisant miroiter une rencontre qui risque de faire des étincelles, au propre comme au figuré. Mais pour une fois, cette plongée dans la jeunesse de l’héroïne, contrainte par une Agatha Harkness cherchant la source de son pouvoir, vise moins à infantiliser le spectateur qu’à prendre le temps de donner encore plus de profondeur au protagoniste.

Et il le méritait. Depuis le début de la série, la psychologie fragile de Wanda est de très loin le principal moteur des enjeux. Qu’un épisode se limite enfin à son point de vue fait presque chaud au coeur. C’est l’occasion pour Elizabeth Olsen de laisser transparaître un talent souvent étouffé par la surenchère des films choraux. L’actrice n’a pas son pareil pour appuyer l’état du personnage sans pour autant imiter la lourdeur de la bande originale ou de la mise en scène.

Une performance qui fait presque oublier les égarements esthétiques de l’épisode, lequel fait parfois un usage contestable de ses innombrables ressources, surtout lors d’une ouverture qui rate complètement la sacralisation d’un nouveau méchant à cause d’une direction artistique faiblarde.

 

photoElizabeth Olsen est golden Batman

 

Pas venus ici pour souffrir

Précédemment dans… échappe donc quelques instants à la ferveur narrative de l’ensemble pour creuser, le temps d’une parenthèse désenchantée, le personnage principal. Si selon nous, l’irruption d’un nouvel antagoniste gâche la portée psychologisante de la série, il faut reconnaitre la sincérité de la très maladroite proposition. En revenant aux origines de la sorcière rouge, elle crée un vrai lien émotionnel, certes très forcé, mais qui sera forcément utile pour la suite des opérations.

Finalement, cet enchainement de saynètes ne prétend pour une fois pas faire du pied à toutes les timelines de l’univers. Quand il fait référence au MCU, c’est pour glisser quelques évidences (la roquette Stark). Même la scène se déroulant juste après Avengers : L’Ère d’Ultron, propice à une invasion gênante de fan-service, se révèle curieusement sobre, laissant la place au couple, tel que les films n’ont jamais eu le temps – ou le courage – de le montrer.

 

photoDe mon âme à ton âme

 

Plus étonnant encore, la dimension un peu méta décelée au début de la série y est enfin assumée. De façon moins subtile que prévu (heureusement que le divertissement américain est là pour éclairer les jours des pauvres soviétiques), la référence aux sitcoms brise métaphoriquement le 4e mur. WandaVision nous dit : regarder un film de super-héros, c’est contempler un fantasme, un fantasme dans lequel aimeraient se réfugier les héros eux-mêmes. Marvel Studios s’est attaqué à cette question des images à de nombreuses reprises, souvent au forceps, mais jamais en jouant sur la corde sentimentale. Tout bourrin que soit le résultat, il prouve que revenir à l’humanité de tels personnages renforce n’importe quel propos.

Plus largement, cette revisite d’une enfance qui n’était que survolée dans L’ère d’Ultron trahit le nouveau fil directeur de Kevin Feige et sa clique. Puisqu’il est prévu de faire intervenir des récits à la portée totalement surréaliste (les Eternals, pour ne citer qu’eux) et croiser les univers (l’arrivée des licences de la Fox), autant revenir à la philosophie des comics. De facto, il faut doter un des personnages les plus importants de cet univers d’une histoire plus approfondie, laquelle aboutit à une véritable renaissance dans les bottes de l’héroïne telle qu’on la trouve dans les pages de Marvel Comics, lors d’un plan qui a assurément fait frissonner les lecteurs.

D’où l’introduction de cette nouvelle vilaine, échappant aux excuses technologiques habituellement déployées par la narration pour assumer son statut, et celui de sa nouvelle ennemie : celui de sorcière. Marvel renoue avec ses racines ici, pour mieux les injecter dans leur monde cinématographique à l’occasion du prochain épisode, qui risque bien d’ouvrir pas mal de nouvelles perspectives.

Un nouvel épisode de Wandavision chaque vendredi sur Disney+ dès le 15 janvier 2021

 

Affiche

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DjFab

Excellent épisode, excellente série !

fhan

Épisode minable, série minable

Jojo

Excellent épisode, très émouvant !

Mushy

Bien aimé cette épisode .
Un peu déçu d’Agatha par contre. J’avoue préféré la version grand mère mystérieuse ( Coucou Perceval ) de la version Comic.
Celle-ci fait trop méchante sorcière vu et revu.
Mais il reste un épisode et j’espère l’arrivée d’un Mephisto , Nightmare ou autre super vilain digne d’un Docteur bien connu pour la suite

Rayan

Cette série est une merveille putain, je m’attendais à tout sauf à ça, si Elizabeth Olsen et kathryn hahn ne gagnent pas d award ça serait seulement pour l’habitude  » C’eSt UnE oEuVre IsSuE d’Un CoMiC «