Batwoman Saison 1 Episode 1 : critique au micro-ondes

Arnold Petit | 8 octobre 2019 - MAJ : 08/10/2019 12:32
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photo, Batwoman

Le personnage de Kate Kane, aperçu dans le crossover du Arrowverse, fait ses premiers pas dans sa propre série  au potentiel certain, mais au scénario convenu.

Alors que l’Arrowverse arrive à un tournant de son histoire avec la fin d’Arrow après une huitième et dernière saison de seulement dix épisodes et son sixième crossover, l’ambitieux Crisis on Infinite Earths, qui réunira notamment trois Superman (Brandon Routh, Tyler Hoechlin et Tom Welling), Batwoman fait son apparition dans cet univers de super-héros déjà bien rempli.

La nouvelle série de The CW créée par Caroline Dries, toujours sous la houlette de bon vieux Greg Berlanti à la production, montre clairement sa volonté de remplacer le justicier à l’arc et au carquois avec son esthétique sombre et dure, dans un premier épisode plein de potentiel et qui s’inscrit pleinement dans son univers grâce des codes (trop) bien connus. Attention quelques spoilers !

 

photo, Ruby Rose, BatwomanRuby Rose et sa moto

 

TOUT EST UNE COPIE, D’UNE COPIE...

Si le personnage de Batwoman a déjà été introduit lors du crossover Elseworlds de l'an dernier, la série ne reprend pas tout de suite après. Au lieu de continuer son histoire et de permettre aux spectateurs de découvrir le passé de son personnage grâce à des flashbacks comme dans Arrow, la série présente à nouveau Kate Kane et suit pas à pas son évolution de jeune recrue virée de l'académie à justicière à part entière.

 

photo, BatwomanRuby Rose et Meagan Tandy

 

Comme la plupart des héros, elle a vécu un événement tragique dans son passé et a perdu sa mère et sa sœur dans un accident de voiture dont Batman n'a pas pu les sauver. Son père, Jacob Kane (Dougray Scott), dirige une milice privée qui protège la ville depuis que le Chevalier Noir a mystérieusement disparu depuis trois ans. Comme par hasard, Bruce Wayne s'est lui aussi évaporé au même moment, mais visiblement personne à Gotham n'a encore été foutu de faire le rapprochement. Le milliardaire était le cousin de Kate et l'une des personnes auxquelles la jeune femme a pu se raccrocher après la perte de sa mère et de sa soeur.

Renvoyée de l'académie militaire en raison de sa relation avec Sophie Moore (Meagan Tandy) qui elle, a choisi de cacher son homosexualité pour s'enrôler dans la milice de Jabob Kane, Kate part s'entraîner seule dans des contrées lointaines (coucou Christian Bale). Mais après que son ancienne petite-amie ait été enlevée par Alice (Rachel Skarsten) et son gang du Pays des Merveilles, Kate revient à Gotham et découvre la double-vie de son cousin disparu. Afin de restaurer la peur dans l’esprit des criminels et l'espoir dans le cœur des habitants de la ville, la jeune femme reprend donc la cape et le capuchon de Batman pour devenir elle-même une justicière.

 

photo, Ruby Rose, BatwomanRuby Rose et Camrus Johnson

 

RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL

Malgré tout le potentiel qui pouvait résider dans cette histoire, qui s'inspire très largement de Batwoman : Élégie avec des thèmes autour du traumatisme ou de la quête d'identité, Batwoman nous présente un scénario convenu, avec une histoire d'amour impossible, des drames qui tournent autour de vieux secrets (coucou Moira Queen) et des personnages simples, mais efficaces. La série prend plaisir à incruster des flashbacks couleur miel ici et là pour faire avancer l'intrigue et ainsi continuer vers une histoire qui n'a rien de surprenant, et ne se distingue pour l’instant que parce qu’elle présente le premier super-héros LGBT de l’histoire du petit écran.

Dans ce premier épisode, Kate Kane ne vit que dans l'ombre de Batman. S'il n'apparaît jamais physiquement, le Chevalier Noir est omniprésent, à l'image de cette voix off où Kate écrit à son cousin ou de cette séquence où une jeune fille pense apercevoir Batman lorsque la justicière en herbe s'envole d'un des toits de Gotham.

 

photo, BatwomanRuby Rose et Dougray Scott

 

Batwoman cherche clairement à emprunter l'esthétique de la trilogie de Christopher Nolan, notamment en utilisant une photographie grise et froide ; et certaines scènes semblent même être des hommages à peine cachés à Batman Begins ou The Dark KnightMais si visuellement, la série démontre une volonté de se démarquer, elle peine malgré tout à se créer une véritable identité.

Contrairement à Gotham, qui malgré tous ses défauts, avait quand même tenté de retranscrire l'univers du Chevalier Noir à travers ses costumes et son ambition scénaristique, Batwoman se contente, là encore, de reproduire les mêmes codes que les autres séries du Arrowverse : une réalisation rudimentaire de la part de Marcos Siega, avec des costumes bon marché et des scènes d'actions hachées au montage pour donner une impression d'intensité et de violence.

Malgré tous ses efforts, Ruby Rose peine à rentrer dans son rôle et ne réussit pas à donner de la profondeur à Kate Kane. L'actrice cherche désespérément à montrer à quel point son personnage est une dure à cuire et livre une performance qui, pour l'instant, sonne creux et élimine donc toute la tension émotionnelle. Rachel Skarsten, qui avait incarné Black Canary dans la série Les Anges de la Nuit, ne réussit pas non plus à donner tout le charisme nécessaire à son personnage d'Alice, qui apparaît donc beaucoup moins menaçant et ressemble pour le moment à une Harley Quinn du pauvre qui cite Lewis Carroll.

 

photo, Batwoman, Rachel SkarstenRachel Skarsten

 

LAISSER LE TEMPS AU TEMPS

Comme ses congénères du Arrowverse, Batwoman peut bien avoir des défauts, la série possède malgré tout un certain charme. Les fans d’Arrow n’auront aucun mal à trouver leur bonheur face à cette intrigue qu'ils ont déjà croisé, et à cette esthétique qui emprunte à Jessica Jones.

Le fil conducteur de la série semble clairement être la relation entre Alice et Batwoman, qui se rapproche de celle qu'entretiennent le Joker et Batman ; et une scène montre clairement que ce lien entre les deux protagonistes, plus important qu'on ne le pense, va les pousser l'une et l'autre à aller de plus en plus loin, et à grandir au fur et à mesure.

 

photo, Batwoman, Ruby RoseRuby Rose

 

Ce premier épisode cherche à introduire beaucoup de choses d'un seul coup et jongle avec une multitude de personnages, qu'il ne fait qu'effleurer du bout des doigts pour le moment, mais qu’il réussit quand même à introduire correctement. Mary (Nicole Kang), la demi-sœur de Kate, qui aux premiers abords est la fille niaise et peu dégourdie, s'avère finalement être un personnage plus complexe que prévu avec sa clinique illégale montée grâce à du matériel volé à l'université de Gotham. Et Luke Fox (Camrus Johnson), le rejeton de l’ingénieur Lucius Fox qui fournissait Bruce Wayne en gadgets, est le type calé en informatique, évidemment utilisé en tant que ressort comique (coucou Cisco).

Ces deux personnages composeront sans doute l’équipe qui va aider Kate Kane dans sa lutte contre le crime, comme Jacob Kane représente d’ores et déjà la figure autoritaire qui réprouve les méthodes de Batwoman à la manière d’un Commissaire Lance, et qui va probablement poursuivre la justicière.

 

photo, BatwomanRuby Rose et Nicole Kang

 

Si Batwoman, créée par Caroline Dries, se veut différente et sombre, elle utilise pour l’instant des outils trop familiers dans son premier épisode, et les personnages ne sont encore que des caricatures d’eux-mêmes, destinées à ressembler à leurs semblables du Arrowverse.

Néanmoins, la série montre quand même du potentiel et pourrait même être une bonne surprise si la série avait des ambitions plus grandes, aussi bien visuellement que narrativement.

 

photo, Batwoman

 

commentaires lecteurs votre commentaire !

Jonathan
09/10/2019 à 11:47

Bilou, ma liste de lecture serait trop longue à poster en message mais je m'etais aidé de ce site qui la tient à jours régulièrement : https://www.universdescomics.com/ordres-de-visionnage/ordre-de-visionnage-lunivers-televise-dc-arrowverse/

Bilou
09/10/2019 à 08:27

Jonathan je suis du même avis que toi serais ce possible que tu mette ton ordre de visionnage en partage ici car j aimerais pouvoir reprendre sans être perdu car regarder une saison de l une ou l autre série du crossover et devoir regarder une autre série en étant perdu car c'est à chaque fois devoir revenir en arrière... ça serait gentil merci bcp

MacReady
09/10/2019 à 00:53

A noter que dès l'annonce du projet et le casting de Ruby Rose et l'étiquette LGBT, le projet a été torpillé, méprisé, moqué. Par principe. Et ce, sans que quiconque ait eu besoin de déclarer quoi que ce soit.

Murata
08/10/2019 à 21:07

A noter que la bande annonce visible sur youtube s'est faite littéralement défoncer en commentaires, la faute à l'actrice principale et ses punchlines "féministes" en carton d'une maladresse assez incroyable.

banban
08/10/2019 à 20:21

Flashbacks ridicules, bande son pour ados, montage indigeste, scènes d'action au rabais, aucun personnages attachant...en particulier celui de Kate Kane, portée une Ruby Rose toujours pas débarassée de sa condition de poseuse à la limite du supportable.

Non, pas envie, et surtout hâte d'oublier ce que j'ai vu.

Bebert
08/10/2019 à 18:58

Il n'est pas si mal dans ce rôle le Robert Pattinson.

Qualité
08/10/2019 à 16:47

Série CW, passez votre chemin si vous avez plus de 15 ans.

KastorKastor
08/10/2019 à 16:04

La bd donne dans le surnaturel trash voire délirant
Je doute que la série suive cette direction dommage

Jonathan
08/10/2019 à 15:46

Personnellement, j'ai mon petit fichier d'ordre de visionnage du Arrowverse et je me regale avec tous les episodes qui se croisent entre chaque séries et surtout les crossovers annuel qui sont grandiose ! J'ai trop hate de voir Crisis on Infinite Earths ! Et l'avantage de devoir zaper d'une série à l'autre en plein cours de saison c'est que ça permet de ne pas se lasser d'une des series et c'est toujours cool aussi de voir les références que se font les series les unes aux autres. L'univers partagé est tres bien géré malgré le nombres de series, de saisons et d'épisodes atteint actuellement. Je dirais même que c'est mieux géré que le MCU au cinema. Là où le MCU les incohérences sautent aux yeux d'un film a l'autre dans le Arrowverse tout est étonnement bien lié et tout est assumé même quand c'est kitch. Le Arrowverse c'est kitch mais c'est puissant !

charlieee
08/10/2019 à 13:49

J'ai tout arrêté (Flash et Arrow) quand supergirl et legend of tommorow ont commencés, les series s'entrecroiser et devenaient impossible á suivre sans tout regarder... Et legend of tomorrow j'ai essayé, mais.. come on.. C'est un calvaire cette série, j'ai rarement abandonné des séries en cours, mais pour sure, c'est la seule que j'ai abandonné après deux épisodes...

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