On Any Sunday
MotoGP™ Unlimited ne peut évidemment pas échapper à la comparaison avec Formula 1 : Pilotes de leur destin. Déjà parce que les deux séries-documentaires partagent quelques similitudes, mais aussi parce que celle d’Amazon n’aurait probablement pas existé sans celle de Netflix (et les créateurs eux-mêmes reconnaissent l’influence qu’elle a eue). Malgré sa popularité, la MotoGP, comme la Formule 1, est entrée dans une nouvelle ère avec beaucoup de nouveaux et jeunes talents, mais sans ses légendes et icônes vieillissantes comme Valentino Rossi .
Face à l’impact de Pilotes de leur destin sur la Formule 1, Dorna Sports, détenteur des droits commerciaux de la MotoGP, s’est donc associé à la société espagnole Mediapro pour mettre au point une série-documentaire construite sur le même modèle, diffusée sur Prime Video, espérant avoir autant de visibilité et attirer également un public plus large et plus jeune.
Alors comme Pilotes de leur destin le fait avec la Formule 1, la série dévoile les coulisses de la MotoGP et retrace la saison de l’année dernière en suivant les pilotes et leurs équipes de près, sur la piste, dans les stands et au quotidien, quand ils s’entraînent ou se détendent chez eux avec leurs proches.
Des séquences destinées à les présenter sous un nouveau regard, plus humain, qui sont entrecoupées d’extraits de Grand Prix et d’interviews de nombreux acteurs du monde de la course de moto, mais en évitant tout jargon technique, de sorte à rendre la discipline la plus accessible possible.
Néanmoins, même si elle partage la même ambition, MotoGP™ Unlimited se distingue assez rapidement de sa cousine automobile. Plutôt qu’un découpage thématique, construit pour suivre un certain scénario autour d’un pilote ou d’une équipe en particulier (qui va jusqu’à déformer les faits et les commentaires), la série revient sur la saison de façon chronologique avec une immersion de tous les instants, fidèle et réaliste, en revenant sur plusieurs courses à la fois auprès de tout le monde ou presque.
Un traitement un peu plus convenu, qui manque quelquefois de dynamisme, mais qui permet de suivre la progression de chacun de façon lisible et de s’attacher à certains personnages mis en avant dans la série. Car, là aussi, même si la fin de l’histoire est déjà connue, la manière dont la série raconte comment elle s’est écrite n’en est pas moins captivante.
EASY RIDER
Alors que les Grands Prix s’enchaînent et que des cartons de texte présentent les règles (parfois à l’excès, pour rappeler par exemple que celui qui réalise le meilleur temps en qualifications part premier pour la course du lendemain), la série revisite la saison en révélant tous les aspects de la discipline et ceux qui la font, notamment les plus personnels, sans essayer de dramatiser plus que nécessaire ou de réécrire ce qui s’est passé.
Contrairement à Netflix et la F1, MotoGP™ Unlimited recherche moins le sensationnalisme que l’authenticité. Une volonté qui perdure jusque dans la réalisation, plus brute, plus proche des pilotes et des équipes. Au lieu d’imposer l’anglais, les pilotes et les intervenants s’expriment dans leur langue maternelle, souvent l’italien et l’espagnol, et les extraits de course sont des images officielles avec les commentaires originaux. Le moyen d’observer différents points de vue de la part des journalistes de chaque pays et de coller encore un peu plus à ce que les spectateurs ont vu devant leur télévision et qu’ils redécouvrent désormais de l’intérieur.
Jorge Martín, casse-cou jusqu’au bout
Une fois qu’elle a trouvé son rythme au bout de quelques épisodes, la série se laisse alors porter par les différents portraits qu’elle dresse et les rebondissements qui ont agité la saison dernière entre rires et larmes. On pense évidemment à la retraite de Valentino Rossi, les débuts difficiles de Jack Miller chez Ducati, les tensions croissantes entre Maverick Viñales et Yamaha ou, évidemment, le sacre de Fabio Quartararo, premier Français à décrocher le titre de champion du monde en MotoGP.
Chaque pilote suscite une certaine sympathie à sa façon et certains se démarquent par leur personnalité ou leurs actions, comme Aleix Espargaró et ses crises de colère contre son frère Pol qui s’opposent à son comportement de papa poule, Joan Mir qui voit ses espoirs de titre s’envoler malgré ses efforts ou Marc Márquez et son bouleversant retour après sa blessure et ses neuf mois d’absence durant lesquels il été convaincu d’avoir tout perdu.
Le sextuple champion du monde en plein doute
Hitting the Apex
Tour à tour, ces athlètes qui sont les meilleurs au monde dans leur sport laissent transparaître leur humanité et se montrent comme les types normaux qu’ils n’assument pas totalement être. Ils sont parfois paumés, parfois arrogants, parfois fragiles, mais tous prêts à rouler aussi vite que possible vers leur rêve, quitte à sacrifier leur corps ou leur vie. Cette sincérité et cette affection pour celles et ceux qui font vivre la course de moto se ressent clairement tout au long de la série et donne toute sa singularité à la série, en opposition à Formule 1 : Pilotes de leur destin et ses histoires un peu trop dramatiques ou reluisantes pour être convaincantes (au bout de quatre saisons).
En revanche, avec autant de personnes différentes qui passent devant les caméras, MotoGP™ Unlimited ne gère pas toujours le passage d’une équipe à une autre et se retrouve alourdie à plusieurs moments. Des longueurs qui rendent le format chronologique encore plus redondant au bout de huit épisodes d’environ 50 minutes, qui gagneraient sans doute en énergie s’ils étaient plus courts.
Fabio Quartararo, le nouveau roi
Alors que les échanges entre les pilotes et leurs équipes sont filmés sans détour, les quelques passages où la série s’immisce dans les réunions stratégiques et les conversations des directeurs dénotent par le sentiment de mise en scène grossière qu’ils inspirent. Il n’y a qu’à voir la réunion entre les patrons de Petronas Yamaha SRT après qu’ils ont appris que leur sponsor principal les quittait, entraînant le licenciement d’une majeure partie de leurs employés et leur retrait de la compétition à la fin de la saison (avant que l’équipe ne mute pour devenir WithU Yamaha RNF MotoGP Racing).
Malgré ses images et ses (trop) nombreuses interventions, la représentation complète que voudrait offrir la série interroge sur l’absence de plusieurs pilotes qui méritaient aussi d’apparaître. Quid d’Andrea Dovizioso, Luca Marini, le demi-frère de Valentino Rossi qui court aussi en MotoGP, son coéquipier Enea Bastianini ou encore le Français Johann Zarco (qui avait pourtant signé de bons résultats en début de saison) ?
Quelques défauts qui ne contrarient qu’à peine ce premier essai plus que concluant, en espérant qu’ils soient corrigés d’ici la saison 2. Elle n’a pas encore été annoncée pour le moment, mais a déjà commencé son tournage au Grand Prix du Qatar pour un nouveau championnat qui s’annonce disputé et passionnant, encore plus avec MotoGP™ Unlimited.
La saison 1 de MotoGP™ Unlimited est disponible en intégralité depuis le 14 mars sur Amazon Prime Video.
Je ne comprend rien aux nombres d’équipe et quels pilotes est dans quel équipe . On connait jamais le classement en entier à chaque fin de course . Le réalisateur ,j’ai cru qu’il faisait un documentaire sur les pilotes espagnol , je pense meme qu’il est dégouté qu’un pilote francais gagne car on voit quasiment jamais Fabio en image
Bref , c’est très très long si t’es pas passionné
Euh le meilleur doc jamais réalisé ? Je vais aller vérifier cela mais vous avez Faster, Fastest & Hitting The Apex ? Vous en avez pensé quoi ? Parce qu’ils étaient vraiment top, surtout le dernier.