Les Nouveaux mutants : 5 comics X-Men qu'on n'oubliera jamais

La Rédaction | 25 août 2020 - MAJ : 26/08/2020 10:02
La Rédaction | 25 août 2020 - MAJ : 26/08/2020 10:02

Après environ deux ans et demi de retard, Les Nouveaux mutants arrive enfin dans nos salles obscures. 

Avant d'être déçus (ou enjoués, on garde un peu d'espoir) par le film de Josh Boone, on revient sur cinq arcs marquants des comics Marvel. Bien sûr, on ne peut pas résumer les aventures de la galaxie X-Men avec seulement cinq séries. Les récits comme Days of Future Past ou L'Ère d'Apocalypse sont par exemple absents de ce dossier pour laisser place à des comics qu'on souhaite mettre en avant.

 

 

DARK PHOENIX

Avec Dark Phoenix, on avait envie de redorer l’image du comics, beaucoup trop terni par la dernière (et très mauvaise) adaptation de 2019, X-Men : Dark Phoenix. Bien au-delà d’une simple gueguerre inter-clan entre membres du X-men, la série écrite par Chris Claremont et dépeint par l’artiste John Byrne brille pour sa beauté d’écriture et son histoire aussi mature que complexe.

En 1980, X-Men : Dark Phoenix a modestement émergé des mensuels réguliers des X-Men. La majeure partie de la saga du Phoenix Noir porte en réalité sur les X-Men en prise avec un groupe de mutants insidieux et maléfiques qui se font appelés The Hellfire Club, ou le Club des Damnés (et qui, d’un point de vue actuel aurait ressemblé à une société cosplay SM), dirigé par un méchant assez singulier dénommé Mastermind. Aussi connu sous le nom de Jason Wingarde, il crée de puissantes illusions et manipule les esprits. Lentement, au fil de nombreux numéros, il viole à la fois l'esprit et le corps de Jean, et la transforme en une quasi-esclave servile appelée la Reine noire.

Ce n’est que lorsque Jean parvient à se libérer de son emprise, qu’elle devient folle et succombe à la puissance du Phoenix pour se matérialiser sous la forme du puissant Phoenix Noir. Elle fait d’abord griller le cerveau de son ravisseur puis s’envole à travers le cosmos, traversant les galaxies en quelques millisecondes. Dès lors, en quête d'un festin elle se rue sur la première planète pour apaiser sa faim. En un instant : cinq milliards de personnes meurent. 

 

Uncanny X-Men Dark Phoenix - Chris ClairemontOn ne sait pas quoi mettre en légende

 

On avait déjà suggéré quelque chose comme ce génocide cosmique dans les bandes dessinées et la science-fiction auparavant, dans divers épisodes de Star Trek, par exemple, ou dans l'histoire emblématique des Quatre Fantastiques et du Surfeur d'argent de Stan Lee et Jack Kirby, qui empêchait Galactus de faire un repas à partir de la planète Terre. Mais jamais auparavant un héros n'avait été aussi complètement déchu de sa grâce pour devenir la force la plus sinistre de toute la création - et certainement jamais un personnage féminin. Comme le rappelle Scott Summers (dans X-Men #138), la fin de "Dark Phoenix" a aussi été la fin d'une époque. En dévorant l'histoire au fur et à mesure de son déroulement, numéro par numéro, cette saga est restée gravée dans le cerveau de toute une génération d'adolescents. C'était une histoire de passage à l'âge adulte pour les X-Men, et pour nous aussi.

Ce qui est d’autant plus frappant avec Dark Phoenix, c’est que la fin est aussi tragique que l’histoire. Alors que Chris Claremont et John Byrne souhaitaient « sauver » Jean en le mettant dans une sorte de coma, afin qu’elle puisse se remettre de cette phase, le rédacteur en chef de l’époque, Jim Shooter, a clairement insisté pour que l’histoire se terminer avec la mort de Jean. En cause : « Il n’était pas juste qu’une héroïne puisse s’en tirer aussi facilement alors qu’elle vient d’anéantir une planète entière. »

Dans Phoenix : The Untold Story, une édition spéciale publiée en 1984 - et le livre de Sean Howe, Marvel Comics, sorti en 2013 : The Untold Story, les deux artistes ont donc réécrit la fin pour qu'elle soit celle que nous connaissons aujourd'hui, dans laquelle Jean se transforme une dernière fois en Dark Phoenix afin de se faire exploser en mille morceaux. Le Gardien, une grande entité cosmique chauve qui sert de narrateur pour le dernier chapitre de la saga, nous dit alors : "C'est ce qui rend l'humanité pratiquement unique dans le cosmos, mon ami, cette extraordinaire capacité de sacrifice de soi."

 

Uncanny X-Men Dark Phoenix - Chris Clairemont"Hereeeeeeeeee's Johnny !" 

 

HOUSE OF M

Après un arc aussi joyeux que Dark Phoenix, parlons d'un arc encore plus festif pour les héros Marvel : la réalité alternative de House of M. Ce récit se déroule après que Wanda Maximoff, alias la Sorcière Rouge, ait perdu le contrôle de ses pouvoirs. Cela a d'ailleurs causé les morts de Vision, Hawkeye et Ant-man. C'est après cette tragédie que certains Avengers et certains X-Men souhaitent mettre fin à ses jours avant que ses pouvoirs ne deviennent un plus grand danger.

D'un côté, on a Captain America (leader des Avengers) qui veut à tout prix sauver Wanda de sa dépression sans avoir à la tuer. Et de l'autre, Emma Frost (directrice de l'Institut Xavier) qui considère la Sorcière Rouge comme une menace pour la cause des Mutants. Est-ce qu'on la tue ? Est-ce qu'on la soigne ? Ces questions devront attendre, car lorsque les deux équipes de super-héros se rendent sur l'île de Genosha où se trouvent Magneto, Vif-Argent et la Sorcière Rouge, le monde change légèrement.

Wolverine se réveille dans un monde où il est un agent du SHIELD, Captain America est à la retraite, Spider-Man est une superstar qui a fondé une famille avec Gwen Stacy, etc. Ah, et accessoirement, les mutants sont l'espèce dominante sur Terre et Magneto en est le roi. Tout ça peut éventuellement nous paraître super cool, mais cela n'a rien de réel. Les pouvoirs de la Sorcière Rouge combinés à ceux du Professeur Xavier (kidnappé par Vif-Argent) ont permis de changer la réalité à une échelle planétaire, même dans l'esprit des gens. La Wanda des comics n'a rien à envier à celle du MCU.

 

Avengers House of MBien accueillir ses collègues mutants

 

Wolverine et le gang de Luke Cage vont progressivement "réveiller" les héros pour qu'ils comprennent que le monde dans lequel ils sont n'est pas réel. Le but étant d'attaquer Genosha à siège le Roi du Magnétisme pour retrouver le Professeur Xavier, sauf que ce dernier est "mort" dans cette réalité (oups). Certains héros acceptent très difficilement la vérité, en particulier Spider-Man qui a littéralement envie de mourir lorsqu'il se rappelle que la vraie Gwen et le vrai oncle Ben sont morts et que son fils n'existe pas.

House of M est une histoire profondément tragique, l'élément déclencheur nous fend le cœur et le climax termine le travail. Même si les personnages masculins dessinés par Olivier Coipel ressemblent tous à Brendan Fraser et Nathan Fillion, la mise en scène nous plonge parfaitement dans la tragédie qui accable les Vengeurs et les Mutants. Certains perdent des êtres chers, d'autres perdent leurs pouvoirs, d'autres perdent leur raison de vivre. Et ces événements amènent peu à peu à l'arc Civil War.

 

No more mutantsSituation extrême, mesures extrêmes.

 

OLD MAN LOGAN

Old Man Logan, on s’en rappelle fortement grâce au film Logan. Ce dernier s’ouvre sur un futur dystopies où ne reste que très peu de mutants - et encore moins de X-Men. Mais qu'est-il arrivé à ces centaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants doués que le professeur X aimait tant espionner via Cerebro ? 

Le scénario original est une histoire en huit chapitres écrite par Mark Millar avec l'aide de Steve McNiven, qui se déroule dans un univers alternatif/futur post-apo où les méchants de l'univers des merveilles ont pris le contrôle des États-Unis et les ont divisés en territoires. Logan, aujourd'hui pacifiste, vit avec sa nouvelle famille à "Hulkland" (anciennement, le territoire de l'Abomination, aka la Californie) où les enfants consanguins d'un Hulk malfaisant sont les seigneurs de la Terre. Logan est à court de thune pour payer son loyer, sa vie est super morose et doit faire équipe avec un Oeil-de-lynx désormais aveugle pour livrer une mystérieuse cargaison afin d'empêcher ses propriétaires de le tuer, lui et sa famille.

Et c'est ainsi que s'ensuit un sinistre voyage sur une route aussi dangereuse que mortelle. Au fil du voyage, le lecteur en apprendra davantage sur ce qui est arrivé aux X-Men et sur les raisons pour lesquelles le plus célèbre d'entre eux a décidé de ranger ses griffes pour de bon. Raisons qu’évidemment nous ne mentionnerons pas pour vous laisser le plaisir de la découverte.

 

photoLes enfants trisos sont en bas à droite 


En revanche, ce qu’il est intéressant de noter c’est que les volumes de Old Man Logan s’amorcent d’une manière bien étonnante au coeur de l’univers de Marvel. Au cours d’un volume, qui est paru lorsque l'événement Secret Wars a fait voler en éclats le multivers Marvel et a recollé le monde à partir de réalités différentes. Cela signifie que les mondes des Marvel Zombies, Marvel 2099, Planet Hulk, House of M et bien d'autres ont tous existé sur la même planète. L'avenir post-apo du vieux Logan était donc imbriqué dans l'un de ces univers, et nous avons donc pu voir le vieux Logan faire un tour dans les différentes zones et essayer de comprendre comment tout cela s'est passé. 

Alors que la popularité de l'ex X-Men s'épanouissait en parcourant l'univers Marvel, son monde a survécu et s'est développé grâce à un nombre toujours croissant de spin-offs. Tandis que Old Man Hawkeye était la suite directe de l'histoire originale du vieux Logan, Old Man Quill a offert un regard sur ce qui est arrivé aux Gardiens de la Galaxie dans ce monde déchu. Old Man Logan a, par la suite, même inspiré d'autres histoires.

Malgré tout, l'héritage le plus important du vieux Logan pourrait bien n'être que son influence sur Wolverine au cinéma. La superproduction Logan du réalisateur James Mangold, acclamée par la critique, n'était certainement pas une adaptation directe de l'histoire de la bande dessinée, mais elle s'est inspirée de tous les bons endroits. Un Wolverine âgé et vétéran faisant face à sa mortalité dans un monde délabré avec une touche occidentale s'est avéré être le parfait adieu pour Hugh Jackman, dont la représentation du personnage dans la franchise X-Men est devenue une pierre de touche culturelle pendant une décennie et demie.

 

photoLà, il est colère le Logan

 

CABLE & DEADPOOL

Non, la longue série Cable & Deadpool publiée durant la seconde moitié des années 2000 n'est pas un récit X-Men à proprement parler. Mais lorsque le Mercenaire provocateur et le Soldat X du futur sont tous deux impliqués, la communauté des mutants ne tarde pas à pointer le bout de son nez. L'ensemble de la run (regroupée en quatre volumes) de Cable & Deadpool est écrite par Fabian Nicieza, le créateur de Deadpool.

Wade Wilson et Nathan Summers ont toujours eu des destins étroitement liés, même si leurs backgrounds n'ont rien à voir. L'un est un ancien soldat d'élite qui fut intégré au programme Arme X, l'autre est le rejeton de Cyclope et d'une clone de Jean Grey (ouais c'est glauque) qui fut envoyé dans le futur pour guérir d'un virus extra-terrestre puis revenu à notre époque pour sauver l'avenir (donc rien à voir avec Trunks de DBZ, Cable est plus fort). Et dans cette série, les deux personnages passeront beaucoup de temps à se chamailler, puis à se réconcilier et ainsi de suite.

 

Cable & Deadpool Civil WarLa run n'échappe pas à l'arc Civil War.

 

L'humour est toujours très présent (et même primordial) dans un comics qui implique Deadpool. Et d'un autre côté, les histoires de Cable sont toujours sérieuses et plutôt sombres. L'association entre le ninja qui brise le quatrième mur et le cyborg tout droit sorti d'un film d'action SF bien bourrin des années 1990 est donc assez curieuse et plus que bienvenue. On ressent régulièrement à quel point leur amitié est forte bien que les deux personnages soient totalement incompatibles. Cela rend certaines pages déchirantes, un comme avec Captain America et Iron Man durant la run Civil War.

Il se passe énormément de choses, de nombreux vilains et héros se tapent l'incruste. Et pas seulement celles et ceux de la galaxie X-Men. Pour vous faire une idée, Deadpool voyage dans un univers parallèle où Apocalypse a anéanti l'humanité grâce à ses quatre cavaliers dont Cable et Spider-Man font partie. Voir Cable en Cavalier d'Apocalypse est vraiment très cool, mais voir Spider-Man dans ce terrible quatuor nous brise le cœur. Deadpool voyage en fait dans beaucoup d'univers parallèles où son partenaire eut une importance capitale (on y voit même un aperçu de House of M).

 

photoChérie, j'ai encore téléporté bébé dans une nouvelle timeline

 

DEATH-HUNT

Les Nouveaux mutants. Quelle histoire. Quelle épopée pour sortir au cinéma. Un vrai parcours du combattant digne des douze travaux d’Hercule ou de la longue traversée en mer d’Ulysse dans L'odyssée d'Homère. Après toutes ces épreuves, le film de Josh Boone sort enfin sur les écrans. Pourtant, plus qu’un film ultra-attendu (maintenant plus trop) qui regorge d’un casting très gratiné et qui se veut être un "vrai film d’horreur dans l’univers Marvel", The New Mutants c’est avant tout un groupe de jeunes mutants sortis tout droit de l’univers de Marvel Comics.

Pas aussi connus que leurs ainés, les jeunes New Mutants n’arborent pas moins quelques bons titres à leur actif. Entre autres : New Mutants : The Demon Bear. Tiré du numéro 18-20 de New Mutants (et rassemblé dans New Mutants/X-Force : Demon Bear), "Demon Bear Saga" était une histoire atmosphérique et tendue qui mettait à l'épreuve le travail d'équipe et la confiance des adolescents (et mettait en valeur les talents suprêmes de l'écrivain Chris Claremont et de l'illustrateur Bill Sienkiewicz).

Premier fait étonnant avec The Demon Bear, c’est qu’il met en avant des personnages amérindiens, généralement très sous-représentés dans les comics des années. Voir une jeune femme cheyenne, Danielle Moonstaar, prendre le lead d’une aventure grand public, c’est audacieux. En fait, le rédacteur en chef de l’époque Jim Shooter, a dit à Claremont en de nombreux mots que s'il ne créait pas un spin-off de X-Men, quelqu'un le ferait - et Claremont, à contrecœur, s'y est plié.

 

Comics New Mutants : The Demon bearUne première de couverture frappante pour l'époque

 

Plutôt que d'utiliser les personnages X-Men qu'il avait déjà créés, il nous en a présenté des nouveaux, dont ceux qui apparaissent dans cette histoire : le campagnard Sam Guthrie (Cannonball), la sorcière-démon aux prises avec la moralité Illyana Raspoutine (Magik), la véritable princesse Amara Aquilla (Magma), la religieuse timide Rahne Sinclair (Wolfsbane), l'enfant à la tête brûlante des milliardaires Roberto Decosta (Sunspot) et la Danielle Moonstar/Mirage déjà mentionnée.

Si de base les New Mutants ont été créés pour rallier un public plus jeune, ils sont rapidement devenus beaucoup plus… tordus. Ce n'étaient pas seulement des mutants courageux qui voulaient sauver le monde, c'étaient des enfants avec des bagages, des enfants tout aussi dangereux - et beaucoup plus fragiles - que leurs homologues adultes. New Mutants est devenu la bande dessinée où tout le monde découvrait à quel point il serait absolument terrifiant d'être à la fois un mutant et un adolescent dans l'univers des X-Men.

 

comics New Mutants : the Demon BearUne ombre démoniaque tapie dans la plus obscure des nuits 

 

La "Saga de l'ours démoniaque" (en bon français) montre immédiatement la dichotomie des adolescents mutants, car d'un côté, il y a la bravade coquette qui accompagne les jeunes superhéros, associée au doute de soi auquel les adolescents sont confrontés lorsqu'ils essaient de trouver leur place. Dani Moonstar a la pression supplémentaire d'être hantée par des cauchemars et des visions de l'ours démoniaque qui a tué ses parents.

Les pages, sublimées par l’art magistral de Sienkiewicz deviennent aussi fascinantes que terrifiantes. Le contraste entre l'Ours Démon avec ses serviteurs et l'équipe des Nouveaux Mutants est parfait. New Mutants : The Demon Bear c’est, en résumé, des monstres dans l'obscurité, des menaces non spécifiées de toutes parts, et un sentiment constant de méfiance, non seulement envers les autres, mais aussi envers les personnages principaux d’eux-mêmes. En bref, ce qu’on va un peu retrouver dans l’esprit du film de Josh Boone. Est-ce que finalement Les Nouveaux mutants ne sera pas une réécriture moderne de l’arc de Chris Claremont et Bill Sienkiewicz ? Réponse prochainement dans les salles. 

 

Affiche IMAX

commentaires

oss-sans-disquette
25/08/2020 à 21:18

Une critique demain ?

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