Super Star Wars : retour sur la trilogie diabolique de Star Wars version Super Nintendo

Christophe Foltzer | 9 décembre 2019
Christophe Foltzer | 9 décembre 2019

Non content d'être l'une des sagas les plus importantes du cinéma de ces 40 dernières années, la franchise Star Wars est aussi le point de départ d'une toute nouvelle manière d'envisager le marketing et les produits dérivés. Logique donc qu'elle s'attaque aux jeux vidéo.

Alors non, on ne va pas s'aventurer dans la périlleuse quête de la liste exhaustive des adaptations de Star Wars en jeux vidéo depuis la création de la licence, on tient à nos neurones et à notre temps de sommeil. Parce que la saga de George Lucas est peut-être la franchise la plus représentée quand on parle d'adaptations en jeux vidéo. Depuis la sortie d'Un nouvel espoir, cet univers a traversé les âges, les générations de consoles et d'ordinateurs pour, toujours, nous donner notre dose régulière de Jedi et de Sith sur n'importe quelle machine, sous n'importe quel format.

 

Fallen OrderStar Wars Jedi : Fallen Order, le dernier né

 

On ne compte plus, effectivement, les adaptations de Star Wars en jeu vidéo, qu'il s'agisse de jeux d'action, de plateformes, de FPS, de TPS, de jeux de stratégies, de MMORPG, de browsers games... la saga a bouffé à tous les râteliers pour nous garder en flux tendu. Alors que Star Wars : L'Ascension de Skywalker s'apprête à débarquer sur nos écrans de cinéma et que Star Wars Jedi : Fallen Order est arrivé sur nos consoles il y a quelques semaines (notre critique), une trilogie de jeux nous est revenue en tête.

Une trilogie diabolique et ultra-fidèle, qui en a fait suer plus d'un à l'époque : la trilogie des Super Star Wars.

 

Super Star WarsIl y a bien longtemps

 

RANCOR MALADE

Au tout début des années 90, la Super Nintendo sort enfin et c'est une révolution pour tous les joueurs. Bien sûr, la Megadrive est disponible depuis un petit moment, ouvrant ainsi l'ère des 16 Bits, mais c'est bel et bien avec sa machine que le papa de Mario nous plonge dans une nouvelle dimension : déluge de couleurs (256 couleurs affichables simultanément là où la Megadrive n'en supporte que 32), son bi-canal stéréo et surround pour un effet vraiment cinéma (mais qui accuse une réverbération assez hideuse quand elle est mal maitrisée), capacités techniques impressionnantes (le fameux Mode 7, imposé par F-Zero, effets mosaïques et zooms révolutionnaires), joypad à 6 boutons d'action (en plus de la croix et des boutons "Select" et "Start")...

Bref, la Super Nintendo, ça défonce tout sur son passage et il est évident que tous les développeurs vont se précipiter sur ses kits de développement.

 

 

C'est donc en 1992 aux États-Unis (en 1993 chez nous) que sort Super Star Wars et c'est assez étonnant à l'époque. Certes, la licence est toujours aussi populaire et ne cesse de croitre dans le monde du comics et du roman, mais elle n'a, pour ainsi dire, plus aucune vraie actualité depuis la sortie du Retour du Jedi en 1983.

À l'époque, George Lucas n'a pas encore annoncé sa prélogie et on ne parle même pas des Éditions Spéciales des premiers films. Bref, ça arrive comme un cheveu sur la soupe et c'est peut-être ce qui fait son intérêt. D'autant qu'il n'est pas vraiment comme les autres.

 

F-ZeroF-Zero, ce jeu de l'amour

 

Si le jeu est édité par Lucas Arts (anciennement LucasFilms Games, la boite de George Lucas), il est cependant développé par un tiers, Sculptured SoftwareFondée en 1984, rachetée par Acclaim en 1995, renommée Iguana West puis Acclaim Studios Salt Lake City jusqu'à sa fermeture en 2002, cette boite ne semble pas la mieux placée pour honorer la saga des étoiles. 

À son actif, des petits jeux anecdotiques sur les ordinateurs Atari, pas mal de licensing (Monopoly, Pac-Man, beaucoup de jeux de sports), des trucs bizarres comme Captain Novolin (financée par la lutte contre le diabète, si, si) et, plus tard, des adaptations peu fameuses des Simpson (Bart's Nightmare, c'est eux) et de Ren & Stimpy. Bref, pas des cadors. Pourtant, avec Star Wars, ils vont clairement se sortir les doigts et prouver qu'ils sont avant tout de gros passionnés de cet univers.

 

Bart's NightmareBart's Nightmare, voilà voilà....

 

SUPER STAR WARS

Super Star Wars nous propose donc de revivre les aventures du premier film en incarnant à tour de rôle Luke, Chewie et Han, dans des levels entrecoupés de cutscenes rudimentaires, mais efficaces, qui nous racontent l'histoire. Dès le départ, Super Star Wars prouve qu'il ne s'agit pas d'un jeu pour manchots. Nous avons affaire à un "Run & Gun" pur jus, genre popularisé par des titres comme Rush'n Attack (Konami, 1985), mais qui a trouvé ses lettres de noblesse avec la série Contra, ou Probotector chez nous, voire Gryzor pour les amoureux du CPC 6128 (Konami toujours, 1987), ou encore les Turrican (Rainbow Arts / Factor 5, 1990).

 

Super ProbotectorSuper Probotector

 

À savoir un jeu d'action bien tendu où le joueur doit aller d'un point A à un point B en tuant tout ce qui bouge et qui arrive sur lui par légions entières. Évidemment, des items apparaissent fréquemment pour lui redonner de la vie ou upgrader son arme (jusqu'à 5 niveaux pour le blaster de base). Bien sûr, qui dit Star Wars dit aussi sabrolaser et Luke ne pourra l'utiliser que lorsque Obi-Wan le lui aura confié.

Pour varier un peu les plaisirs, des niveaux en Mode 7 entrecoupent les phases d'action, à bord du Sandspeeder et d'un X-Wing lors de la bataille de l'Étoile Noire et il faudra composer avec une maniabilité un peu hasardeuse, des objectifs ténus et une difficulté gigantesque pour s'en sortir.

 

Super Star WarsOn espère que vous aimez les gros boss

 

Parce que oui, Super Star Wars est dur, très dur. S'il se termine en 2-3 heures en mode facile, quiconque a testé le mode "Jedi" en garde encore des séquelles. C'est d'ailleurs le plus gros point noir du jeu, sa difficulté parfois ubuesque et injuste. On croule sous les ennemis et, comme la maniabilité n'est pas au top, notamment dans ses phases de plateformes délicates, on se fait copieusement ramoner la tronche.

Pourtant, on y revient toujours parce qu'il s'agit peut-être de l'un des premiers jeux sur console de salon à nous donner l'impression de faire vraiment partie de l'histoire. Déjà, le soft propose des graphismes magnifiques, avec moult dégradés, des couleurs chatoyantes, des scrollings ingénieux. Le versant sonore n'est pas en reste puisque l'on se retrouve avec toutes les musiques adaptées au chipset de la Super Nintendo (sans trop de réverb', ce qui est cool) et tous les bruitages directement puisés dans le film. Immersion garantie. Enfin, l'univers de Star Wars y est fidèlement retranscrit, les lieux célèbres sont reconnaissables, tous comme les personnages et on y retrouve bien la magie des premiers films. Bref, Super Star Wars, c'est la classe, mais ça prouve aussi qu'elle se mérite.

 

Super Star WarsUn moment épique, mais pas évident

 

SUPER STAR WARS : EMPIRE STRIKES BACK

Évidemment, avec une licence pareille, le jeu ne peut qu'être un succès et on ne s'étonnera donc pas que Sculptured Software, sous l'impulsion de Lucas Arts et JVC - le distributeur - se lance dans la suite. Elle arrivera un an plus tard, en 1993 (1994, chez nous) et, fort logiquement, elle s'intéressera à L'Empire contre-attaque.

 

Super Empire Strikes BackChangement d'ambiance

 

Super Star Wars : The Empire Strike Back n'a aucune volonté de changer quoi que ce soit à la formule et se montre encore plus retors que son prédécesseur. Logique pour le volet le plus sombre de la trilogie originale. Toujours aux commandes de Luke, Chewie et Han, nous revivons alors les temps forts du film en commençant directement par la planète Hoth. Mais, dès le départ, on remarque quelques nouveautés.

Déjà, une fonction "Mot de passe" a été implémentée, ce qui n'est pas un luxe quand on connait la difficulté légendaire du titre. Ensuite, on peut maintenant avoir des montures lors de moments clés dans les phases d'action-plateforme. Ainsi, Luke chevauche-t-il un Tauntaun dès le premier niveau pour avancer plus rapidement. Tauntaun qui peut évidemment se faire poutrer en deux secondes si on ne fait pas attention, nous condamnant à faire le reste du niveau à pied.

 

Super Empire Strikes BackVoir Dagobah et mourir comme une merde

 

En plus des ennemis, les éléments se déchainent contre nous, par exemple des chutes de neige sur Hoth, ou de la glace, et il va falloir redoubler de vigilance pour ne pas tomber dans une profonde crevasse. Mais la quête vaut l'effort puisque, encore une fois, le jeu est magnifique et exploite à merveille les capacités de la console.

Qu'il s'agisse de la superbe Cité des Nuages, de l'assaut sur Hoth contre les AT&T, des marais de Dagobah ou du terrible combat contre Dark Vador, la Super Nintendo crache ses poumons et ne semble pas faiblir en cours de route. Sans parler des musiques magnifiques et des cutscenes immersives, bref, Super Star Wars : The Empire Strike Back n'a rien à envier à son ainé.

 

Super Empire Strikes BackCe jeu ne vous aime pas. Sachez-le.

 

SUPER STAR WARS : RETURN OF THE JEDI

Forcément, c'est de nouveau un carton et, comme par magie, un troisième opus arrive l'année suivante (1994 pour les USA, 1995 pour nous) : Super Star Wars : Return of the Jedi.

Si de notoriété publique, le jeu est plus facile que les précédents, il ne s'échine pas à nous le montrer puisque nous débutons directement par une séquence en Mode 7 à bord d'un Speeder pour rejoindra la tanière de Jabba the Hut. Et tout de suite, les ennuis commencent. Entre ravins par-dessus lesquels il faut sauter à grande vitesse, obstacle qui entame notre barre de santé en déviant notre trajectoire et collectibles à ramasser en chemin, le jeu ne nous fait aucun cadeau.

 

Super Return of the jediC'est l'heure des comptes

 

Pour son dernier titre dans la galaxie lointaine, très lointaine, Sculptured Software relève ses manches et décide de nous donner tout ce qu'il a dans le ventre.

Ainsi, ce ne sont pas trois, mais cinq personnages qui sont jouables (on peut maintenant contrôler Leïa et Wicket), quatre véhicules sont pilotables (le Speeder donc, mais aussi le Faucon Millenium, le Speederbike et le X-Wing) et, plus que jamais, les boss sont retors et bien présents (Jabba, le Rancor, Dark Vador, Palpatine...) quand ils ne sont pas inventés pour l'occasion comme dans les précédents titres de la trilogie.

 

Super Return of the jedi#Metoo

 

Comme le développeur n'a plus rien à prouver, il peaufine sa formule et fait preuve d'un souci du détail proche de la maniaquerie : Luke peut, en plus de son sabrolaser, utiliser différents pouvoirs de la Force, de manière plus naturelle que dans les jeux précédents, Leïa change d'arme et de tenue dans chaque niveau où elle apparait et l'emballage technique est encore une fois au top. Même si la formule commence à être éprouvée, que le manque de diversité et la répétitivité des actions se font lourdement sentir, que la maniabilité est toujours aussi perfectible, nous sommes bien en présence d'un très bon jeu.

 

Au final, la saga Super Star Wars nous a fourni trois jeux sinon mémorables, mais de grande qualité. Retors et exigeants, ils constituent un vrai challenge pour les hardcore gamers et pourront malheureusement rebuter les utilisateurs les plus casuals. Mais ils méritent d'être découverts ou redécouverts aujourd'hui. Et ça tombe bien, le premier jeu a été réédité sur le PlayStation Store en 2015. Pour les suivants, ils sont disponibles depuis 10 ans sur Wii.

 

Jaquette

Jaquette

Jaquette

commentaires

Arnaud (Le vrai)
11/12/2019 à 15:59

J'adorais le bruit que faisaient les jawas quand il se prenait un de mon blaster entre les yeux (PIWIIII) :D

Jed
10/12/2019 à 07:09

J’avais fini le premier...
Cette joie

XG58
09/12/2019 à 18:07

StarLord, sur ordinateur t'a aucun soucis, force a toi

StarLord
09/12/2019 à 17:21

Ecranlarge je vous aime, je sais que vous avez besoin d’argent pour vivre mais 6 ENCARTS PUBS TAILLE A5 par article j’en peux plus. La lisibilité est bcp trop perturbée. Sur ma tablette j’arrive a peine à lire l’article
J’ai l’impression d’être sur Melty ou Ohmymag
Par pitié Faites quelquechose parce que je vais finir par ne plus venir vous lire et ça me briserai mon petit coeur de jedi...

Interpol(TheBand)
09/12/2019 à 15:39

Que de bon souvenirs de ces jeux. Il y avait même des musiques complètement inédites qui n’étaient pas présentes dans les films

Dirty Harry
09/12/2019 à 15:17

Des très bons jeux ! L'ambiance des films bien retranscrite et les niveaux étaient variés et stimulants (me souvient que la difficulté était la pire dans le premier). C'était notre façon lorsqu'on était jeune de pouvoir "vivre" l'univers Star Wars et j'ai du le finir plusieurs fois. Merci pour ce dossier ça m'a rappelé combien je suis devenu vieux !

votre commentaire