Vous avez été surpris par le nombre de scénaristes crédités au générique introductif du film Minecraft ? Ce n’est que la face émergée d’un iceberg qui a mis du temps à flotter.
Même les analystes les plus optimistes ne sont pas parvenus à anticiper le phénomène suscité par le film Minecraft. Autrefois risée d’internet à cause de sa première bande-annonce, cette adaptation dévaste le box-office, dépassant les 162 millions de dollars aux États-Unis et les 300 millions de dollars dans le monde en 3 jours seulement. Sorti pile sur le créneau de Super Mario Bros (le gros carton de 2023), il possède un budget estimé à 150 millions de dollars. Autant dire qu’il va faire beaucoup de bien aux finances de Warner.
Pourtant, il revient de très loin. Annoncé en 2014, le projet a donc mis presque 10 ans à arriver sur les écrans. Le résultat final n’a fait qu’étayer les soupçons de développement chaotique, dans la grande tradition du studio. Et le média World of Reel vient de trouver une info qui en rajoute encore une couche.
Minecraft, le cadavre esquis
La WGA, c’est la Writer’s Guild of America, soit le tout puissant syndicat des scénaristes, qui a par exemple organisé la grève de 2023. Le site officiel comporte une banque de données répertoriant les auteurs ayant travaillé sur un projet, c’est-à-dire les scénaristes officiellement crédités… et ceux qui n’ont pas eu cet honneur, ou ce déshonneur dans certains cas. Et dans celui de Minecraft, lorsqu’on additionne tous les noms des deux catégories, on obtient le nombre impressionnant de 28.
Les crédits officiels comportent donc Chris Bowman, Hubbel Palmer, Neil Widener, Gavin James et Chris Galletta, d’après une histoire de Chris Bowman, Hubbel Palmer et Allison Schroeder. Mais les « crédits additionnels » ajoutent à cette belle liste Megan Amram, Kevin Biegel, John Francis Daley, Dana Fox, Hannah Friedman, Jason Fuchs, Jonathan Goldstein, Jared Hess, Phil Augusta Jackson, Lauryn Kahn, Rob McElhenney, Kieran Mulroney, Michele Mulroney, Aaron et Adam Nee, Zak Penn, Simon Rich, Peter Sollett, Laura Steinel, Jon Spaihts, Oren Uziel et Ben Wexler.

Parmi ces noms, on trouve quelques évidences, comme Jared Hess, le réalisateur, mais surtout une ribambelle de mercenaires hollywoodiens, comme Jon Spaihts, derrière Prometheus, Doctor Strange, Passengers, La Momie ou encore les Dune de Denis Villeneuve, ici officiellement crédité comme producteur.
On retrouve également des traces des précédentes versions du film, qui se sont succédé entre 2015 et 2022. À l’époque où Rob McElhenney devait le réaliser par exemple, c’est Jason Fuchs (Wonder Woman, Argylle) qui était chargé du scénario. Ensuite, Aaron et Adam Nee (The Lost City) ont été engagés pour le remplacer. Du moins jusqu’à ce que Peter Sollett (Metal Lords) les remplace à son tour, avec le poste de réalisateur en prime.

L’engagement de scénaristes et autres script doctors sur les gros projets est courant, mais cette ribambelle témoigne indéniablement des aléas de la préproduction. Le film n’a cependant pas battu The Flash, dont on disait qu’il avait, tout au long de son développement (agonie ?) catastrophique, employé 45 scénaristes, dont Jonathan Goldstein et John Francis Daley, qui ont donc également bossé sur Minecraft. Heureusement, le duo a depuis regagné la confiance des amateurs de pop culture (mais pas des financiers) avec Donjons et Dragons.
Absurde, la page de la WGA trahit surtout une manie hollywoodienne : beaucoup de films portent les stigmates d’une longue production… et peu l’affichent à ce point. D’ailleurs, le nombre avancé pour The Flash venait d’un insider de Deadline Hollywood. Si la mention d’un « gros film de comic book » laissait peu de place au doute, la page WGA n’affiche « que » 13 noms. De plus, la section des « crédits additionnels » existe depuis 2022. Impossible de savoir combien d’auteurs ont bossé sur World War Z, La Momie version 2017 ou même… le premier Spider-Man.

En effet, le nombre de scénaristes impliqués n’est pas non plus systématiquement corrélé à la qualité du film ni, comme le prouve Minecraft, à sa rentabilité. La catastrophe industrielle Borderlands avait mobilisé 9 scénaristes. Le dernier carton de Marvel en date, Deadpool & Wolverine, en avait employé 7. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’une hypothétique suite mettra moins de temps à se monter, étant donné le carton.
Le succès au US S’explique le public Ricain ont des Burger 🍔 à la place du cerveau 😁