World War Z : Damon Lindelof justifie la fin du film, dit que Brad Pitt lui a avoué ses erreurs

Geoffrey Crété | 12 novembre 2015
Geoffrey Crété | 12 novembre 2015

Succès phénoménal en 2013, World War Z a connu une production bien chaotique, qui a obligé le studio à réécrire le troisième acte et retirer une énorme séquence d'action.

Brad Pitt vs les zombies : une formule simple qui a sans nul doute permis à World War Z d'engrander plus de 540 millions de dollars à travers le monde, malgré une réputation de fiasco en puissance. Huit mois après la fin du tournage, la production engageait ainsi plusieurs scénaristes pour refaçonner le troisième acte, obligeant l'équipe à tourner près de quarante minutes supplémentaires à hauteur de 30 millions de dollars, jetant par la même occasion une vingtaine de minutes de bataille sanglante dans les rues de Moscou.

Appelé à la rescousse en premier lieu comme Drew Goddard et Christopher McQuarrie, Damon Lindelof (Lost, Prometheus) est revenu sur cette curieuse expérience dans une longue interview accordée à The Hollywood Reporter :

"L'idée du script doctoring est immensément attrayante parce qu'on arrive à un moment de crise, et on est alors un héros ou celui qui dit, 'Désolé, le patient est mort'. Ils m'ont montré les premières 70 minutes du film, et j'ai trouvé que c'était d'une ampleur incroyable, avec une fantastique ouverture à Philadelphie, et cette séquence à Jérusalem, toutes ces choses massives offertes par la promesse d'un film appellé World War Z. Mais le problème était inhérent à l'échelle d'un tel film : c'est tellement énorme que tout ce que ça peut être au final, c'est Brad Pitt qui fuit des zombies. Comment donner au héros un quelconque sens de victoire ? Peut-être qu'il faut réduire l'échelle. Peut-être que la fin doit être plus intime et personnelle."

 

 

"L'autre chose c'était que même si c'est une formule classique, le "Dis à ma famille que je les aime" est une idée à laquelle on peut se raccrocher, qu'on voit tout le temps dans les films de ce genre, et dans le voyage du héros Cambellian ; le héros doit sacrifier sa propre vie pour une grande cause. Comment faire ça ? Comment démontrer cette idée ? On demande en gros à Brad, 'Comment peut-on battre ces choses ?'. Il a fait le tour du monde et n'est pas un médecin, mais il commence à voir dans le comportement de ces zombies quelque chose qui suggère qu'ils ne poursuivent pas les gens malades ou infirmes."

"Donc il y a cette idée du roman, que si on s'injecte un virus ou une maladie pour lequel on a un antidote, on peut marcher au milieu de ces zombies sans qu'ils nous attaquent, pour nous camoufler. Et cette idée était déjà ancrée dans leur film, mais ils avaient essentiellement tourné un troisième acte de grande ampleur. Ils étaient allés en Russie et il y avait une grosse bataille entre l'armée russe et les zombies et Brad courait encore dans tous les sens, sans qu'on sente vraiment une direction fondamentale derrière. Alors c'était assez instinctif de dire, 'Faisons l'opposé de ça'. Dans le genre des films de zombie, il n'y a pas de nouvelles idées, donc des films comme 28 jours plus tard, que j'ai adoré, sont plus intimes. Je leur ai dit, réduisons l'échelle de l'action. On a l'une des plus grandes stars du monde. Je peux regarder Brad Pitt dans une pièce pendant 10 minutes où il ne dit rien."

 

 

"J'ai rencontré Brad avant de voir le film. On m'avait dit, 'Brad veut te rencontrer avant pour installer le film'. Il est producteur, et il a fait cette chose que personne ne fait dans ce business, qui est en gros de dire à un inconnu, 'J'ai fait une erreur. Le film ne fonctionne pas. Certaines parties fonctionnent, voici pourquoi on a fait cette erreur, et voilà pourquoi ce film me passionne. Je veux que tu le saches avant de voir l'erreur'".

Prévu pour 2017, World War Z 2 sera réalisé par Juan Antonio Bayona (The Impossible, L'Orphelinat). Le réalisateur était en lice pour mettre en scène Jurassic World 2, mais a préféré rester du côté des zombies avec le scénariste Dennis Kelly (Utopia, Black Sea).

commentaires

sylvinception
13/11/2015 à 10:23

@Paehon : + 100000!!
Et petit conseil à ceux qui auraient échappé à la bouse au ciné: ruez-vous plutôt sur le roman.

Quelle triple buse décidément ce Lindelof...

Purge
13/11/2015 à 02:49

C'est une purge ce film. Parlons de cinéma de temps en temps..

Karlito
12/11/2015 à 19:05

Il n'y a rien sur un antidote dans le film. Marcher parmi les zombies même malade est faux- Un chapitre décrit comment des humains se prennent carrément pour des zombies, mais se font bouffer par les vrais, malgrés tout leurs efforts pour leur ressembler...

Ce serait bone dans une édition spéciale d'ajouter ce champs de bataille de Moscou. On y voit juste des brides à la fin du film.

neo
12/11/2015 à 18:25

C'est drôle de voir comme Lindelof passe son temps à justifier ses choix scénaristiques. Depuis la fin de Lost, il est toujours obligé de faire le SAV.

Bolderiz
12/11/2015 à 16:42

C'était pas mal ce film, trop clean et donc pas assez gore pour moi mais bon ça se laissait regarder... L'énorme bataille dans Moscou ça me plait bien ça, est ce qu'elle est visible dans la version rallongée en Blu Ray?

Paehon
12/11/2015 à 15:34

"Donc il y a cette idée du roman, que si on s'injecte un virus ou une maladie pour lequel on a un antidote, on peut marcher au milieu de ces zombies sans qu'ils nous attaquent, pour nous camoufler."

Euh, à quel moment ? J'ai lu le livre dans tous les sens et ça ça ne me dit rien.

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