Michael Bay et les pépètes

Didier Verdurand | 11 septembre 2013
Didier Verdurand | 11 septembre 2013

Plus gros succès US

Michael Bay. A Hollywood, le simple fait d'évoquer son nom crée une bosse dans le pantalon. Il faut dire que depuis 18 ans, le bougre enchaîne les succès, d'énorme à triomphal, avec seulement un faux pas (The Island). Au sommet de la pyramide, c'est le cas de le dire, on trouve ainsi Transformers 2 avec 402,1 millions de dollars de recettes. Pour ceux qui n'y connaissent rien aux chiffres, on va vous faire un dessin : seuls six films ont depuis fait mieux au box-office nord-américain. Toy story 3Hunger games, Iron Man 3, The Dark knight rises, The Avengers et bien sûr Avatar, sorti quelques mois après, en 2009. Avec son budget de 200 millions de dollars, Bay bats ses records, aussi bien chez lui que sur le reste de la planète, avec un total de 836 millions de dollars. De quoi donner le tournis mais aussi de quoi enrager. « Je veux le milliard ! » se souviennent encore les cadres de DreamWorks, encore traumatisés d'avoir vu Michael jeter au visage de Steven (Spielberg, le producteur) une figurine du film. « Qu'à cela ne tienne, Michou. Tu auras la 3D. » Transformers 3 n'a pas battu le 2 chez les ricains, mais a rapporté 1,123 milliard de dollars sur Terre en 2011.

 


 

Plus gros bide US

Deux films se démarquent parmi les dix réalisés par Bay. Tout d'abord, The Island, le seul qui n'a pas rapporté un rond à DreamWorks, au contraire. Avec un budget de 126 millions de dollars, un casting branché et une promo vulgos (certains osaient comparer Johansson à une actrice porno), The Island coule à pic avec des recettes misérables, atteignant à peine 35 millions, soit 5 à 6 fois moins que ce qui était espéré. L'étranger se laisse plus facilement séduire et permet de limiter les dégâts, élevant le total des recettes à 163 millions. De quoi vexer Michael, qui téléphona à sa mère pour lui dire « Plus jamais ça. » Ont suivi trois Transformers qui ont rapporté 2,6 milliards de dollars. A la tête d'une fortune personnelle dépassant les 145 millions de dollars, Michael a pu s'offrir cette année une petite récréation, son « film d'auteur français » à micro-budget : No pain no gain. A 26 millions de dollars. A peine plus que le budget cantine sur un Transformers. « On a du bouffer des whoopers jour et nuit. » s'est plaint Michou, fier malgré tout de créer une œuvre d'art. Le résultat n'a rien de honteux (50 millions au BO US) mais évidemment, quand on s'appelle Bay, c'est anecdotique. Qu'importe, il tourne déjà Transformers 4.

 


 

Bay en France

C'est la grande fierté de Michael. Car au-dessus de son lit, au milieu des posters de ses films, on trouve l'affiche d'À bout de souffle. « Tu comprends, le cinéma français, c'est ma raison de vivre. Je suis un auteur, c'est pour ça d'ailleurs que mes Transformers durent 2h30, c'est parce que j'essaie de développer la psychologie des personnages, surtout des robots, souvent plus sensibles qu'un être humain à Hollywood. » Bref, on l'arrête car il pourrait continuer pendant des heures. La France, il adore. Et elle lui rend bien. Dix films, dix millionnaires. Vous en connaissez d'autres qui peuvent en dire autant ? Même The Island, le canard boiteux, fait bonne figure avec ses 1 556 590 entrées. Pour comparer avec un exemple récent au budget similaire, R.I.P.D. n'a rassemblé que 242 258 spectateurs. Et le 1er de la classe ? Armageddon avec 4 606 936 entrées. « You know, le public français, il est extraordinaire, c'est celui qui me comprend le mieux. J'aime l'idée que si Godard est sorti du vagin de la France, moi je viens de son cul ».

 

1- Armageddon : 4 606 936 entrées

2- Transformers 3 : 2 622 932 entrées

3- Pearl Harbor : 2 514 353 entrées

4- Transformers 2 : 2 276 748 entrées

5- Transformers : 1 984 829 entrées

 

Dernière minute : No pain no gain sera le premier film de Bay à ne pas dépasser le million en France.

 

 

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