Deauville Asie 2009 - Jour 3 : Un peu de compet'

Vincent Julé | 16 mars 2009
Vincent Julé | 16 mars 2009

Après Naked of Defenses et Chant des mers du Sud, il est temps de consacrer cette troisième journée à Deauville Asie aux autres films de la Compétition. Et ils ne sont pas moins de six.

 

 

 

Breathless de Yang Ik-june (Corée du Sud, 2008)

Résumé : Sang-hoon, dont la mère et la sœur meurent devant ses yeux lorsqu'il était encore enfant, a grandi avec la rage au ventre et une haine farouche envers son père, jugé responsable du drame. Un jour, Sang-hoon fait la connaissance de Yeon-hee, une jeune adolescente. Au fur et à mesure de leurs rencontres, ils vont se retrouver eux-mêmes...

 

Shiiiiballl ! Soit l'équivalent de Fuck ou Merde, est l'un des mots les plus utilisés dans le cinéma coréen. L'acteur et réalisateur Yang Ik-june bat pourtant des records avec Breathless. Et quand il n'insulte pas, il frappe, des femmes surtout. Habité par une force du désespoir, son premier long-métrage est un portrait sans concessions de la misère sociale et familiale. Et comme son antihéros, il fonce la tête la première. Que ses personnages se tabassent ou se chamaillent, il réussit toujours à le faire avec ce qu'il faut d'humour et de cœur. Dommage qu'avec 2h10, il se retrouve un moment donné à bout de souffle et cède à la démonstration pure et simple. (4/5)

 

 

 

 

Claustrophobia de Ivy Ho (Hong Kong, 2008)

Résumé : Pearl, la vingtaine, travaille au sein du département marketing d'une entreprise. Elle se sent de plus en plus attirée par son supérieur, Tom, marié et père de famille. Elle est à son service depuis quelques temps déjà. Tom est un patron agréable, aimable et tolérant autant que faire se peut. Mais personne ne sait vraiment qui se cache derrière ce visage avenant.

 

Sur un sujet vu et rebattu (l'adultère), Claustrophobia réussit à proposer un traitement original, que cela soit dans sa construction à rebours ou dans sa mise en scène en espaces clos. De fait, il contourne les choses, pour les rendre encore plus mystérieuses et envoûtantes. Malheureusement, la théorie ne résiste pas complètement à l'épreuve de la pratique, et encore plus du temps. (3/5)

 

 

 

Island Etude  de En Chen (Taïwan, 2008)

Résumé : Avant de terminer ses études universitaires, un jeune homme malentendant décide de longer les côtes taïwanaises à vélo, sa guitare en bandoulière, afin de faire le tour de l'île en sept jours...

 

Et si Forrest Gump n'était pas resté sur son banc, mais avait pris son vélo... c'est un peu le postulat d'Island Etude. De l'asphalte, des rencontres, des sourires, le cœur sur la main. Le film est une drôle de production, entre le documentaire et la publicité. Les personnages n'existant jamais vraiment que dans le message d'espoir, de tolérance et de partage qu'il délivre. Ça fait du bien, mais ça fait bizarre. (2,5/5)

 

Members of the funeral de Baek Seung-bin (Corée du Sud, 2008)

Résumé : Une famille, composée d'un père, d'une mère et de leur fille, se retrouve aux obsèques d'un jeune garçon. Ils ignorent la nature de la relation que chacun d'entre eux entretenait avec le défunt. Ils sont aussi les personnages principaux d'un livre écrit par le défunt avant de mourir.

 

Avec sa structure par personnage d'une même famille qui croise un même jeune garçon sans le savoir ou se croiser... Members of the funeral finit presque par faire oublier de quoi il parle au fond. D'une famille dysfonctionnelle ? De la solitude ? De la mort ? Oui et non, il s'agit finalement surtout de portraits triviaux et morbides. (2,5/5)

 

 

 

The Shaft de Chi Zhang (Chine, 2008)

Résumé : Trois histoires racontent la vie d'une famille de mineurs dans les montagnes de la chine occidentale. La fille veut démarrer une nouvelle vie mais doit choisir entre l'amour ou la réalisation de ses rêves. Son frère veut devenir chanteur plutôt que mineur. Enfin, le père, tout juste retraité, essaie de retrouver sa femme disparue.

 

The Shaft n'était pas un film à faire. La Chine compte déjà ombre de bobines sur le sujet, et malgré la sincérité du jeune réalisateur, il n'apporte aucun nouveau regard sur le fond ou la forme. Par contre, même s'il abuse des fondus au noir, il réussit lors de plans presque documentaires à travailler le son voire le bruit de la mine avec une authenticité déstabilisante. (2/5)

 

 

 

Trivial Matters de Pang Ho-Cheung (Hong Kong, 2008)

Résumé : Sept histoires courtes sur le libre arbitre qui sont en fait le reflet de la comédie humaine agencée par dieu pour s'amuser. Certaines histoires se terminent sur des malentendus, d'autres commencent par des malentendus...

 

Il avait déjà fait le coup l'année dernière avec Exodus le Pang Ho-Cheung. Des idées il en a, des bonnes en plus. Malheureusement comme obnubilé par l'esthétisme de son film, il passe à côté et n'en exploite que la promesse. Avec le film à sketchs Trivial Matters, il ennuie et intéresse, mais lorsqu'il intéresse, un frustre plus encore puisque son histoire se termine là où elle devrait commencer. Petit malin, va ! (2/5)

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