Le mastodonte suédois Embracer a annoncé avoir racheté Middle-earth Enterprises, l’entreprise détenant l’intégralité de l’œuvre de J.R.R. Tolkien.
Plus tôt dans l’année, Embracer, la société de distribution de jeux vidéo, a annoncé le rachat des studios occidentaux de Square Enix pour la bagatelle de 300 millions de dollars. Près d’une cinquantaine de licences, à commencer par Tomb Raider, Deus Ex, ou encore Legacy of Kain, ont ainsi changé de main pour arborer les couleurs de la Suède. Fin 2021, le groupe avait également racheté Dark Horse, l’éditeur de comics derrière Hellboy et Umbrella Academy.
Plus récemment, c’est par un autre rachat que le groupe a fait parler de lui. Dans ce qui semblerait être l’une des plus grosses opérations commerciales de l’année, le groupe a annoncé le rachat de Middle-earth Enterprises, laquelle ne détient rien de moins que l’intégralité des droits de diffusion et d’adaptation de l’oeuvre de Tolkien.
« On nous a vendu ? » « On nous a vendu »
Cela signifie donc qu’Embracer a désormais la mainmise non seulement sur les films, mais aussi sur les jeux vidéos, les jeux de société, les produits dérivés, ou encore les droits des parcs à thème inspirés du Seigneur des Anneaux, du Hobbit. Rien que ça. Pour ce qui est des droits des oeuvres littéraires telles Le Silmarillion et Contes et légendes inachevés (publiés à titre posthume), ils demeurent la propriété du Tolkien Estate. Suite toutefois au rachat de « droits correspondants » de ces oeuvres par le groupe suédois, il sera désormais contractuellement impossible aux descendants de Tolkien de les céder à un autre acquéreur, sans en proposer préalablement l’achat à Embracer.
Dans un communiqué officiel relayé par Variety, le créateur et dirigeant du groupe suédois, Lars Wingefors, a ainsi communiqué son enthousiasme :« Je suis très heureux de voir Le Seigneur des Anneaux et Le Hobbit, deux des franchises de fantasy les plus épiques qui soient, rejoindre la famille Embracer. Cela va permettre tout un tas de possibilités en termes de transmédialité, mais aussi beaucoup de synergie au sein du groupe dans sa globalité. »
Embracer et son nouveau précieux
Marty Glick, le directeur d’exploitation de la Saul Zaentz Company, a quant lui déclaré, dans le même communiqué : « Nous avons eu l’honneur de détenir les droits de l’oeuvre de Tolkien pendant près d’un demi-siècle, et de proposer aux fans du Seigneur des Anneaux et du Hobbit des films épiques, des jeux vidéos stimulants, et tout un tas de produits dérivés variés. Nous ne pouvions pas être plus ravis maintenant que le flambeau a été passé à Embracer. Nous sommes confiants quant à la capacité du groupe à conférer de nouvelles dimensions à cette formidable oeuvre littéraire, tout en respectant son identité. »
En février, la Saul Zaentz Company avait déjà décidé de mettre en vente ses droits de propriété intellectuelle du Seigneur des Anneaux pour la modique somme de 2 milliards (oui, milliards) de dollars. Plusieurs studios étaient donc pressentis pour le fameux rachat, qu’il s’agisse de la Warner, qui aurait pu en profiter pour alimenter le catalogue de sa plateforme HBO Max, Sony, ou encore Amazon. C’est donc finalement Embracer qui a eu le dernier mot.
Si certains balisent d’acheter un vêtement non soldé, ce n’est clairement pas le cas d’Embracer qui a donc gaillardement ouvert son porte-monnaie. Loin des 2 milliards estimés par la banque ACF Investment (engagée par la Saul Zaentz Company pour assurer la transaction), le groupe suédois aurait tout de même, selon Gamespot, déboursé 8,2 milliards de couronnes suédoises, soit environ 770 millions de dollars pour les droits des licences du Seigneur des Anneaux et du Hobbit.
L’annonce est tombée à quelques semaines seulement de la diffusion sur Amazon Prime des Anneaux de Pouvoir. Récit précédant la trilogie originale de plusieurs millénaires, la série couvrira la forge de l’Anneau Unique, l’ascension au pouvoir de Sauron, et relatera la toute dernière alliance entre les Hommes et les Elfes. Les Anneaux de Pouvoir sera disponible sur la plateforme à compter du 2 septembre.
Vive le Capitalisme!
« Cela va permettre tout un tas de possibilités en termes de transmédialité, mais aussi beaucoup de synergie au sein du groupe dans sa globalité. »
J’ai gerbé.
On nous a vendu? Énorme! merci (écrit en PLS en attente des pompiers)
« Nous ne pouvions pas être plus ravis maintenant que le flambeau a été passé à Embracer. Nous sommes confiants quant à la capacité du groupe à conférer de nouvelles dimensions à cette formidable oeuvre littéraire, tout en respectant son identité. »
Lauuuuul. Moi aussi je serais ravi de vendre des droits pour 770 millions. Meme si c est pour mettre Uwe Boll derriere la camera.
ils vont finit par saccager le theme tout comme ils ont bousiller:
Stars wars
Terminator
Jurassik park
spiderman
superman
batman
et j’en oubli sans doute
a ce niveau ce n’est pas de l’icompetence, c’est voulu
Quel bordel cette saga quand même en terme de droit. Et vla que ça m’appartient, vla que je te l’a vend.
Vla que je peux adapter ça, ça non car antérieur.
Est ce que cela va changer quelques choses entre terme de distribution de support physique? Déjà a l’époque entre New Line/MGM c’était le bordel, tu rajoutais Warner et il me semble Legendary, c’était déjà pas clair.
Dommage que l’intégralité des droits n’appartiennent pas à un seul groupe… Voir « The Sandman » ou les « X-Men » faire des arrangements scénaristique pour cause de Droit passe encore, mais pour l’univers de SDA cela sera plus dur à avaler !
La raison à ça c’est que c’est un univers gravé dans la roche beaucoup moins maléable qu’une BD hebdomadaire pour les enfants, je crains que d’affreux compromis d’exploitation dénature le côté sacré et intouchable de l’oeuvre de Tolkien.
EMBRACER empile les sociétés pour gonfler son chiffre d’affaires bien valorisé en bourse. Le jour où ça va craquer ca fera Krach.
Encore une œuvre artistique, littéraire et poétique majeure du XXème siécle privatisée à coups de milliards par une poignée d’individus qui ne sont pas capables d’y voir autre chose que des histoires de « transmédialités, de synergies dans leur globalité et de toujours plus de produits dérivés… ». Je suis pas naïf et je comprends bien que tout cela est un business qui doit faire circuler des masses d’argent pour vivre et fonctionner mais au bout d’un moment, ça devient un peu obscène ces méthodes et ce langage plaqués sur des œuvres qui devraient appartenir au domaine public de par leur capacité à parler au cœur du plus grand nombre plutôt que d’être perçu uniquement comme des cash machines. Des oeuvres comme celles-ci n’ont certainement pas besoin de quelques fonds d’investissement tentaculaires pour « leur ajouter de nouvelles dimensions tout en respectant leur identité », contrairement à ce qu’ils essayent de nous faire croire.
@loop / Vous avez complètement raison. L’erreur est due à un terme légal mal traduit. C’est corrigé ! Merci pour votre vigilance : ))