Ambulance, Bruno Reidal, Une mère... les nouveautés cinéma du 23 mars

La Rédaction | 23 mars 2022
La Rédaction | 23 mars 2022

Ambulance, Bruno Reidal, Une mère, RRR... quelles sont les sorties cinéma de la semaine du 16 mars 2022 ?

Chaque semaine, Écran Large fait son marché dans les salles de cinéma, et sélectionne quelques sorties et films incontournables (pour de bonnes ou mauvaises raisons).

Avec MICHAEL BAY QUI EXPLOSE TOUT, Vincent Lacoste de retour dans le passé, du blockbuster indien, du drame français, un meurtre sordide et les débuts prometteurs d'un cinéaste égyptien.

 

Photo Jake GyllenhaalIl y a des films qui portent vraiment bien leur titre

 

LES SORTIES QU'ON CONSEILLE 

 

Ambulance

Durée : 2h20

 

 

De quoi ça parle : De Will, un ex-Marine qui a besoin de payer les soins médicaux de sa femme. Alors qu'il se tourne vers son frère adoptif Danny, celui-ci lui propose de participer à un braquage, qui finit par mal tourner. Les deux comparses se retrouvent à s'échapper avec une ambulance, qui contient à son bord un policier blessé et une infirmière.

Pourquoi il faut le voir : Parce que c'est le grand retour de Michael Bay sur grand écran, cinq ans après Transformers : The Last Knight. Avec son unité de lieu (Los Angeles) et de temps (une journée) resserrée, Ambulance est un film concept qui canalise à merveille la frénésie visuelle et sonore du réalisateur de Bad Boys II.

Toujours attaché à la figure sacrificielle du militaire, ici abandonné par un gouvernement incapable, le cinéaste condense un peu toutes ses obsessions liées à un rêve américain perverti. Certes, l'ensemble s'étale un peu trop, et la folie cocaïnée de Bay a parfois quelques impacts néfastes sur la durée (notamment sur le jeu tout foufou de Jake Gyllenhaal).

Cela étant dit, comment oser se contenter de la fange des blockbusters actuels quand une proposition aussi inventive et généreuse vient exploser la rétine du spectateur ? Au travers de sa course-poursuite qui ne s'arrête jamais, Bay met en scène ses fantasmes autour d'une force proprement inarrêtable. Sa caméra en profite pour chercher en permanence à s'engouffrer dans des lieux improbables, d'un impact de balle dans une vitre aux entrailles d'un homme sur le billard. Le réalisateur a au passage découvert la joie des drones FPV, qui lui offre l'opportunité de développer des plans aériens proprement vertigineux et inédits. Peut-être l'une de ses expérimentations les plus folles !

La note d'Écran Large : 3,5/5

Notre critique de Ambulance

PLUMES

Durée : 1h52

 

 

De quoi ça parle : Une famille, menée de main de fer par son patriarche, se voit complètement bouleversée lors de l'anniversaire d'un des enfants. Un magicien transforme le père en poulet, ce qui oblige la mère à assumer le rôle de cheffe de famille dans une société qui ne le permet pas.

Pourquoi il faut le voir : Récompensé du Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes 2021, Plumes est le premier long-métrage du très prometteur Omar El Zohairy. Ce jeune réalisateur égyptien, très fier de ses origines et du cinéma local, n'hésite pas néanmoins à aborder avec un oeil critique la misogynie de sa société, et l'état de pauvreté terrifiant de l'Égypte du sud (ce qui n'a pas manqué d'engendrer des débats dans son pays lors de la sortie du film).

Pour cela, le cinéaste fait appel à un sens de l'absurde particulièrement déroutant, qui convoque à l'envi Kaurismäki. Mais c'est surtout dans le cinéma de Robert Bresson que le long-métrage pioche avec intelligence, notamment dans ses plans insistants sur des mains. Alors que la mère de famille essaie tant bien que mal de survivre et de trouver de l'aide, elle se rend vite compte que n'importe quelle interaction devient, à un moment ou à un autre, une transaction, avec toutes les injustices que cela suppose.

Les plans fixes sur cette Égypte en ruines aident grandement à enfermer les personnages dans cette prison sociétale. Et même si l'ensemble a tendance à souffrir de ses longueurs, la proposition est hautement passionnante.

La note d'Écran Large : 3,5/5

Bruno Reidal

Durée : 1h41

 

 

De quoi ça parle : Cantal, 1er septembre 1905. Dans la forêt entourant le petit village de Raulhac, un jeune homme de 17 ans décapite un enfant de 13 ans avant de se livrer aux autorités. En prison, à la demande des médecins qui étudient son cas, Bruno Reidal rédige ses mémoires.

Pourquoi il faut le voir : Parce que Bruno Reidal, confession d'un meurtrier a été l'une des découvertes les plus vivifiantes, mais aussi remuantes du dernier Festival de Cannes. En effet, le premier long-métrage de fiction de Vincent Le Port nous plonge dans la tête d'un jeune meurtrier à travers un récit troublant de par son étrange mélange de distance et de sensibilité. Si cette alliance perturbe parfois le spectateur, elle confirme cependant l'objectif du film de ne pas adoucir le profil d'un meurtrier ni d'en faire le procès.

Bruno Reidal, confession d'un meurtrier se questionne donc sur la potentielle monstruosité de son personnage, le tout capté avec un découpage, une composition et un sens du filmage qui dépasse l'élégance et trouve une forme de virtuosité retenue visuellement saisissante. La mise en scène vient sublimer un récit sinueux, brillamment servi par une collection d'interprètes inconnus du grand public, avec en tête Dimitri Doré, sidérant dans le rôle-titre.

La note d'Écran Large : 4/5

 

Les SORTIEs QU'ON N'A PAS ENCORE vues 

RRR

Sortie le vendredi 25 mars - Durée : 3h07

 

 

De quoi ça parle : Pendant l'époque coloniale indienne, un héros du nom de Bheem veut sauver une jeune fille de sa tribu des mains des Anglais.

Pourquoi il faut le voir : Que le cinéma de S.S. Rajamouli soit encore autant ignoré, voire méprisé par le grand public occidental (le sort d'une majeure partie de la production indienne malheureusement), alors les blockbusters polissés squattent nos salles en permanence relève du scandale d'état : Eega reste un des délires populaires filmés les plus hallucinants des années 2010 et le diptyque La Légende de Baahubali (disponible sur Netflix !) met à l'amende à peu près tout ce qu'Hollywood produit depuis des lustres.

La sortie de RRR dans un parc de salles assez large, parfois dans d'excellentes conditions (l'IMAX risque de décoller la rétine) pourrait vous en convaincre. Le sens du spectacle et la générosité du cinéaste semblent être encore une fois au rendez-vous, pour une expérience de cinoche unique. Un divertissement total, un vrai, s'il ne tient que le quart de ses promesses. Alors, laissez vous tenter, on s'y retrouve.

La note d'Écran Large : Probablement entre 89 578 et 89 623/5

Une mère

Durée : 1h27

 

 

De quoi ça parle : Aline a perdu son fils de 17 ans dans une rixe au bas d’une tour. La justice a condamné son meurtrier, Maxime, à neuf ans de prison. Cinq ans plus tard, elle le croise au détour d’une allée de supermarché, fraîchement sorti de prison travaillant comme apprenti plombier. Il ne la reconnaît pas. Alors Aline échafaude ce plan fou de faire venir Maxime aux Adrets avec comme prétexte de refaire la plomberie de sa maison d’enfance. Son idée : l’empoisonner à la mort-aux-rats.

Pourquoi il faut le voir : Au sein de la filmographie éclectique de Karin Viard, on retrouve évidemment Polisse de Maïwenn, ses apparitions chez Cédric Klapish ou Dany Boon, mais aussi des projets plus confidentiels, sans être dénués d'intérêt.

Une mère de Sylvie Audcoeur raconte sa nouvelle métamorphose dans la peau d'une femme endeuillée par la perte de son fils lors d'une rixe, contrainte de voir le meurtrier de ce dernier revenir dans sa vie, avec tout ce que ça comporte d'ambiguïté, d'un jeu sur le fil entre la nécessité de pardonner pour enfin respirer, et le besoin de se venger à tout prix.

Elle donne la réplique au jeune Darren Muselet dans le rôle touchant d'un jeune, pas décidé à faire amende honorable après son crime en tendant l'autre joue, mais jamais fier, toujours maussade. Si on ne vante pas l'originalité d'un drame français sur la famille et le deuil, difficile de ne pas tendre l'oreille face à un récit aussi intimiste qui semble se jouer de son objet en nous laissant des indices quant au fait qu'il pourrait se conclure par un pardon comme un nouveau meurtre.

La note d'Écran Large : Drame français/5

De nos frères blessés

Durée : 1h32

 

 

De quoi ça parle : Alger, 1956. Fernand Iveton, 30 ans, ouvrier indépendantiste et idéaliste, est arrêté pour avoir déposé une bombe dans un local désaffecté de son usine. Il n’a tué ni blessé personne, mais risque pourtant la peine capitale. La vie d’Hélène, devenue la femme d’un « traître », bascule. Elle refuse d'abandonner Fernand à son sort.

Pourquoi ça n'a pas l'air si mal... et en même temps : Parce que De nos frères blessés a l'air d'être cet authentique film historique qui prend le risque du classicisme un peu soporifique pour laisser de la place à son témoignage d'un fait réel. Le réalisateur Hélier Cisterne signe ici un long-métrage aux allures de thriller qui tend à l'espionnage, genre qu'il devrait maîtriser, ayant mis en scène quelques épisodes du Bureau des légendes.

Côté scénario, c'est Katell Quillévéré (Réparer les vivants) et Antoine Barraud (Le Dos rouge) qui viennent donner un coup de main. Mais la raison principale de se lancer dans le film, c'est son duo d'acteurs principaux composé des brillants Vicky Krieps et Vincent Lacoste. Un duo d'interprètes puissamment versatiles qui a largement de quoi séduire. Avec cette jolie équipe et son ampleur historique, De nos frères blessés a du potentiel, à condition qu'il ne sacrifie pas son regard sur l'hôtel du "inspiré d'une histoire vraie".

La note d'Écran Large : Intrigué/5

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commentaires
free spirit
23/03/2022 à 17:05

Bravo excellente Analyse du film Ambulance...Vous sublimez Michael Bay et çà J'Adore ; Respect...Un Réalisateur de Génie ;Tout comme Zack Snyder...Les Virtuose de La Caméra...Merci pour cette Superbe Rubrique...Je vais aller voir Le Film...

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