Cannes 2021 : on a vu Flag Day, nouveau malaise pour Sean Penn après The Last Face ?

Simon Riaux | 11 juillet 2021 - MAJ : 11/07/2021 16:05
Simon Riaux | 11 juillet 2021 - MAJ : 11/07/2021 16:05

Comme (presque) chaque année, Cannes bat son plein, et fait déferler sur la Croisette des centaines de films plus ou moins attendus. De révélations en confirmations, d'uppercuts en coups dans l'eau, la manifestation poursuit une bien belle édition 2021. Après Paul Verhoeven et Benedetta, c'est au tour de Sean Penn et Flag Day de se risquer devant les festivaliers.

 

Photo Dylan PennLes Moissons du Gladiator du ciel

 

De quoi ça parle ? De la longue quête de liberté et d’autonomie de Jennifer Vogel, qui se débat depuis son enfance avec son père. Aimant, escroc, menteur et romantique, il n’aura de cesse de vouloir lui donner son amour, en dépit des trahisons ou manipulations qui émaillent son quotidien et menacent toujours de blesser les siens. 

C’était comment ? La dernière venue de Sean Penn sur la Croisette s’était soldée par un cataclysme. The Last Face fut reçu avec une telle violence que la carrière du métrage en fut instantanément mutilée, tandis que le raz-de-marée de moqueries et quolibets poussait l’administration du festival à repenser l’organisation de l’évènement pour ne plus laisser la presse découvrir les films avant leur projection de gala (ou alors avec embargo strict à la clé). 

 

Photo Dylan Penn, Sean PennPère et fille dans la même galère

 

Autant dire que le retour du comédien et réalisateur n’avait rien d’anodin. Les inconditionnels de The Indian RunnerThe Pledge ou encore Into the Wild espéraient un retour en grâce, et les contempteurs savouraient déjà la possibilité de se répandre en attaque de plus ou moins bon goût. Les deux camps en seront réduits à se regarder en chiens de faïence, tant le ratage de Flag Day est voué à les décevoir équitablement. Désireux de réaliser à son tour une vibrante chronique de l’Americana, l’artiste semble plus que jamais déboussolé et loin de la puissance de ses débuts. 

Son scénario se déroule sans coup férir, toujours programmatique et désireux de souligner des enjeux pourtant bien classiques. Pire, on sent ici et là que son désir de se reposer grandement sur les comédiens ne bénéficie pas d’un travail assez précis sur la dramaturgie pour que ses grandes scènes de confrontation prennent tout à fait vie. La faute également à une mise en scène qui singe les grandes heures du Nouvel Hollywood sans les comprendre. 

 

Photo Katheryn Winnick, Dylan PennDylan Penn et Katheryn Winnick très bien

 

Portant le grain envahissant d’un 16mm dans la moindre de ses séquences, Penn s’obstine à traiter l’essentiel de son récit à coup de gros plans, focales incertaines ou jeux de montage entre le clip grossier et l’agencement épais de flashbacks à répétition. 

Un constat d’autant plus cruel que Flag Day contient en lui les germes d’un récit autrement plus bouleversant que ce qui nous est donné à entendre via une sentencieuse voix off. Derrière cette relation amère, qui se voudrait pathétique mais vire systématiquement au grotesque, on devine l’idée, belle et forte, de voir les fautes d’un père permettre à son enfant de le dépasser et de prendre sa place dans le monde. 

Un constat d’autant plus cruel que si Penn cabotine jusque dans sa dernière scène, il a su s’entourer d’un beau casting, qui offre quantité de performances réussies, à commencer par celle de Dylan Penn, sa fille. 

Et ça sort quand ? Dans quelques semaines, le 22 septembre 2021.

Tout savoir sur Flag Day

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Kyle Reese
12/07/2021 à 13:50

@terrysir

Je crois que tu es dans le vrai et à tout dit.
Il reste encore bon en tant qu’acteur, la dernière fois que je l’ai vu c’était dans le sympathique la vie rêvée de Walter Mitty de Stiller.

Cannes sans masques
12/07/2021 à 08:38

le Sean Pean , son immense merite: avoir vecu et survecu a Madonna lol
donc rien que pour çà, Respect

Terryzir
12/07/2021 à 00:06

De 1991 à 2001, il avait déjà tout dit de son cinéma, avec Nicholson dans deux rôles magistraux.
Avec The Indian Runner, il a fait son Springsteen (histoire inspirée d'une de ses chansons), avec Crossing Guard, son Cassavetes-Bukowski (clins d'oeil appuyés à The Chinese Bookmaker, l'alcoolisme des deux et surtout la fin shootée juste à côté de la tombe de Hank).
The Pledge est probablement ce qu'il a fait de plus ambitieux. Thriller à part des années 2000 qui annonçait déjà le Mystic River de Clint.
Avec Into The Wild, on sent un certain laisser-aller, des facilités dans la mise en scène, la BO... Il est devenu très consensuel, attendu avec ce road-trip à la Kerouac qui finit mal.
The Last Face ? Je suis sûr qu'il s'est inspiré de son pote Bono ! D'où la déconvenue bien méritée !
Là, il revient en faisant jouer la famille, dans le genre Cassavetes...
On ne se refait pas !

Rayan
11/07/2021 à 19:33

Tiens on dirait qu on dors bien à Cannes comme d'habitude, c'est le vrai cinéma ca, à ce qu il paraît

Hank Hulé
11/07/2021 à 18:55

Penn cabotine depuis toujours.
Revoir Mystic River et mourir de rire

votre commentaire