Mank : le film Netflix de David Fincher dévoile les secrets de ses effets spéciaux en vidéo

Gael Delachapelle | 23 décembre 2020 - MAJ : 23/12/2020 16:25
Gael Delachapelle | 23 décembre 2020 - MAJ : 23/12/2020 16:25

Les effets spéciaux numériques sont bien plus nombreux qu'on ne le pense, dans le sublime Mank de David Fincher sur Netflix, et se dévoilent dans une vidéo.

Après plus de six ans d’absence au cinéma, depuis son excellent Gone Girl, David Fincher est revenu par la petite porte de la plateforme au N rouge, avec qui il a signé l’excellente série Mindhunter et son film le plus intime et le plus personnel, basé sur le scénario de son père, Jack Fincher.

Mank a provoqué des attentes démesurées autour de son statut d’objet cinéphilique ultime, un "authentique film des années 1940", une promesse que le cinéaste a tenu jusqu’au bout, en utilisant notamment des techniques de mixage sonore de cette époque, ou en dégradant l’image, initialement filmée en 8K. Avec le travail sublime du directeur de la photographie Erik Messerschmidt sur la lumière et un noir & blanc somptueux, Mank est bien un objet filmique d’une beauté plastique sidérante.

 

 

Ce travail minutieux a demandé beaucoup plus de retouches numériques que l’on ne pourrait le penser, comme le révèle cet impressionnant montage vidéo, disponible ci-dessus. On peut notamment voir des ajouts d’éléments de décor (bâtiments, arbres, vitraux, lustres, lumières…). Un souci du détail qui n'est pas si surprenant venant de Fincher cela dit, le réalisateur ayant usé des mêmes stratagèmes dans nombre de ses autres oeuvres.

Une vidéo similaire avait été publiée à la sortie de la saison 1 de Mindhunter, révélant également la présence de nombreux effets spéciaux numériques dans la série, beaucoup moins néanmoins que dans le film Netflix de Fincher.

Ici, les retouches numériques sont plus importantes et beaucoup plus visibles que dans la série, mais elles n’enlèvent rien à la splendeur visuelle de Mank. Au contraire, elles contribuent même à renforcer le propos de son auteur sur le vieil Hollywood des années 40. Cette esthétique d’orfèvre avec son noir & blanc et sa lumière sublime, qui pose un regard en soi très mélancolique sur un Hollywood disparu, trahit également un regard très critique, teinté du cynisme habituel au cinéma David Fincher.

 

Photo Gary OldmanLa meilleure scène du film

 

Le cinéaste dépeint en vérité une machine à rêves bercée dans une illusion superficielle, dont les impressionnants effets spéciaux contribuent à dénoncer l’aspect artificiel de cette industrie, avec l’outil numérique qui sert de vernis aux apparences trompeuses dans la filmographie du maître, de Zodiac à Gone Girl, en passant par The Social Network. Du très bel ouvrage, encore une fois.

Bref, ne ratez pas Mank sur Netflix. On vous dit pourquoi c’est un des plus beaux de tours de magie de Fincher dans notre critique. Vous pouvez également découvrir le Top Films 2020 de notre rédaction par là, dans lequel figure évidemment le film de David Fincher.

Tout savoir sur Mank

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commentaires

alulu
25/12/2020 à 20:44

Sur une TV 4K, l'image est trop soignée, j'ai eu le même effet perçu par Fox. Par-contre j'ai revisionné le film avec une box non certifiée Netflix avec l'apk de base sur une TV de moindre envergure et hop on s'approche de la sensation "vieux film".

Rayan Montreal
25/12/2020 à 01:40

Bizarrement la video a enlever un certain charme au film, je ne pouvais pas imaginer autant d effets spéciaux dedans

tnecniv
24/12/2020 à 11:56

@ Fox , Ah voilà merci ! Pendant tout le film je me suis dit que c'était trop propre sur le plan visuel pour faire penser aux années 40, et sur le son j'ai trouvé ça bizarre aussi .

La Classe Américaine
24/12/2020 à 10:05

Purée Fox tu as 100% raison! Et c'est sans compter qu'ils ont étalonné chez un type qui devait porter des lunettes de soleil devant son moniteur tellement les plans sont sombres et illisibles. Mank ou la plus grosse blague du siècle.

KibuK
23/12/2020 à 18:39

Que la palette graphique soit utilisée pour des décors extérieurs de grande ampleur, ma foi, je trouve ça normal. Concernant les décors intérieurs en revanche, ça me laisse perplexe. Quoiqu'il en soir, ces vidéos démo de SFX sont fades à mes yeux.

Fox
23/12/2020 à 17:43

Désolé pour le doublon : petit bug.

Fox
23/12/2020 à 17:42

Bon sang ! Je sais d'avance que je vais me faire démolir, mais je le dis quand même : je trouve le visuel de Mank "raté".
Je m'explique : est-ce que je pense que la photo du film est belle et excessivement travaillée ? Oui, assurément.
Est-ce que le visuel du film est "comme un film des années 40" (dixit Fincher) ? Certainement pas.

Déjà, le ratio en 2.20 : 1 fait qu'on n’y est pas. Je comprends l'idée de vouloir "donner de l'air" au cadre, de pouvoir capter les décors (numériques pour beaucoup, apparemment) ... mais désolé, dans les années 40, c'est du 1.37 : 1 (1.375 : 1 même, si je ne dis pas de bêtises). C’était la norme, même si je sens venir les casse-c******* qui vont me dire « Oui, mais il y avait tel film qui était en… ».
Après, comme dit dans un commentaire sur un autre article : comment ne pas flairer la RED sur chaque plan ? C'est tellement défini qu'on identifie clairement le numérique à des kilomètres ! On est quand même sur des caméras 8K (visiblement le DI est en 6K), comment ne pas sentir une telle différence ? Il a eu beau "dégrader" son piqué, il a quand même chopé tous les détails dans les noirs et les hautes lumières. Dans les années 40, on est quand même sur des photos très "dures" : noirs d'encre hyper bouchés et points chauds en veux-tu en voilà ! Je ne dis pas qu'il n'y avait pas quelques nuances de gris, mais on sentait à chaque plan la puissance monstrueuse des projecteurs de l'époque, des trucs à vous filer une suée sur le plateau au bout de 2 minutes. Là, c'est plus subtil, plus doux parfois.
Alors en fait, on se dit : "Mais pourquoi il n'a pas fait "comme avant", à tourner en 35 ?".
Je pense que c’est parce qu'il est "perfectionniste". En fait, je dirais surtout "obsédé par le contrôle". Quand on regarde le doc « Side by Side », Fincher dit carrément qu’il est passé très rapidement au numérique parce que ça le saoulait de faire confiance à son directeur photo et d’attendre le développement de ses rushes pour pouvoir les contrôler. Il voulait pouvoir le faire tout de suite. En soi, l’argument s’entend et se défend. Et que cette position ne pose pas de problème tant qu’il bosse sur Benjamin Button par exemple. Sauf quand il s’attaque à un sujet comme Mank, avec les ambitions qu’il annonce, là ça commence à coincer. On peut faire énormément de choses avec le digital, et simuler ce qui a parfois été fait. Mais pas tout le temps. Je ne pense pas, par exemple, qu’on pourrait aussi facilement retrouver l’esthétique de Seven avec des caméras numériques. Pour la simple et bonne raison que Khondji avait choisi d’utiliser le potentiel d’une pellicule, mais surtout ses limites (en la flashant). Donc un support donné produit des « défauts », qui doivent donc être copiés ou simulés lorsqu’on en change. Et ce n’est pas forcément si évident de le faire. Ou du moins, il n’est pas si facile de soustraire autant de qualité lorsqu’on en a capté. Ça pose un gros dilemme artistique : à quel point je choisis de « dégrader » mon image (qui est particulièrement belle) pour servir mon propos ? C’est le cas de la dynamique ici : Mank en offre énormément, ce qui n’était pas le cas dans les années 40.

Mon petit post n’est pas là pour démolir Fincher (qui est un réal que j’apprécie d’ailleurs), mais un peu pour tempérer l’enthousiasme que je peux lire fréquemment au sujet du visuel du film. Fincher maniaque du détail ? Oui, et ça se voit.
Photo particulièrement travaillée ? Oui, sans l’ombre d’un doute.
Objectif rempli d’en faire « un film des années 40 » ? A mon sens, absolument pas.

P.-S. : Bon, si, j’ai une petite pique à l’attention de Fincher quand même.
Puisque tout le monde dit qu’il est exigeant, pointilleux, maniaque, génial…, que le bonhomme s’applique à avoir le plus beau des résultats (caméras 8K, Dolby Vision…), je trouve ça quand même un peu bête de se faire produire par un média qui permettra aux spectateurs de ne voir son magnifique film… que sur une dalle de 160 cm (au mieux).
Je trouve que l’ambition en prend un léger coup…

Fox
23/12/2020 à 17:41

Bon sang ! Je sais d'avance que je vais me faire démolir, mais je le dis quand même : je trouve le visuel de Mank "raté".
Je m'explique : est-ce que je pense que la photo du film est belle et excessivement travaillée ? Oui, assurément. Est-ce que le visuel du film est "comme un film des années 40" (dixit Fincher) ? Certainement pas.
Déjà, le ratio en 2.20 : 1 fait qu'on n’y est pas. Je comprends l'idée de vouloir "donner de l'air" au cadre, de pouvoir capter les décors (numériques pour beaucoup, apparemment) ... mais désolé, dans les années 40, c'est du 1.37 : 1 (1.375 : 1 même, si je ne dis pas de bêtises). C’était la norme, même si je sens venir les casse-c******* qui vont me dire « Oui, mais il y avait tel film qui était en… ».

Après, comme dit dans un commentaire sur un autre article : comment ne pas flairer la RED sur chaque plan ? C'est tellement défini qu'on identifie clairement le numérique à des kilomètres ! On est quand même sur des caméras 8K (visiblement le DI est en 6K), comment ne pas sentir une telle différence ? Il a eu beau "dégrader" son piqué, il a quand même chopé tous les détails dans les noirs et les hautes lumières. Dans les années 40, on est quand même sur des photos très "dures" : noirs d'encre hyper bouchés et points chauds en veux-tu en voilà ! Je ne dis pas qu'il n'y avait pas quelques nuances de gris, mais on sentait à chaque plan la puissance monstrueuse des projecteurs de l'époque, des trucs à vous filer une suée sur le plateau au bout de 2 minutes. Là, c'est plus subtil, plus doux parfois.

Alors en fait, on se dit : "Mais pourquoi il n'a pas fait "comme avant", à tourner en 35 ?".
Je pense que c’est parce qu'il est "perfectionniste". En fait, je dirais surtout "obsédé par le contrôle". Quand on regarde le doc « Side by Side », Fincher dit carrément qu’il est passé très rapidement au numérique parce que ça le saoulait de faire confiance à son directeur photo et d’attendre le développement de ses rushes pour pouvoir les contrôler. Il voulait pouvoir le faire tout de suite. En soi, l’argument s’entend et se défend. Et que cette position ne pose pas de problème tant qu’il bosse sur Benjamin Button par exemple. Sauf quand il s’attaque à un sujet comme Mank, avec les ambitions qu’il annonce, là ça commence à coincer. On peut faire énormément de choses avec le digital, et simuler ce qui a parfois été fait. Mais pas tout le temps. Je ne pense pas, par exemple, qu’on pourrait aussi facilement retrouver l’esthétique de Seven avec des caméras numériques. Pour la simple et bonne raison que Khondji avait choisi d’utiliser le potentiel d’une pellicule, mais surtout ses limites (en la flashant). Donc un support donné produit des « défauts », qui doivent donc être copiés ou simulés lorsqu’on en change. Et ce n’est pas forcément si évident de le faire. Ou du moins, il n’est pas si facile de soustraire autant de qualité lorsqu’on en a capté. Ça pose un gros dilemme artistique : à quel point je choisis de « dégrader » mon image (qui est particulièrement belle) pour servir mon propos ? C’est le cas de la dynamique ici : Mank en offre énormément, ce qui n’était pas le cas dans les années 40.
Mon petit post n’est pas là pour démolir Fincher (qui est un réal que j’apprécie d’ailleurs), mais un peu pour tempérer l’enthousiasme que je peux lire fréquemment au sujet du visuel du film. Fincher maniaque du détail ? Oui, et ça se voit.
Photo particulièrement travaillée ? Oui, sans l’ombre d’un doute.
Objectif rempli d’en faire « un film des années 40 » ? A mon sens, absolument pas.

P.-S. : Bon, si, j’ai une petite pique à l’attention de Fincher quand même.
Puisque tout le monde dit qu’il est exigeant, pointilleux, maniaque, génial…, que le bonhomme s’applique à avoir le plus beau des résultats (caméras 8K, Dolby Vision…), je trouve ça quand même un peu bête de se faire produire par un média qui permettra aux spectateurs de ne voir son magnifique film… que sur une dalle de 160 cm (au mieux).
Je trouve que l’ambition en prend un léger coup…

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