Vincent Lindon en a marre que personne n'ose attaquer Gérard Depardieu

La Rédaction | 23 septembre 2020
La Rédaction | 23 septembre 2020

Vincent Lindon garde un mauvais souvenir de notre Gégé international, et en a marre que tout le monde soit si gentil avec lui.

Dans la grande famille hystérique et dysfonctionnelle du cinéma, je demande Gérard Depardieu. Jamais avare en tacles et missiles envers ses collègues, et plus généralement l'humanité entière, l'acteur provoque régulièrement quelques crispations à tous les niveaux, et sans même parler politique et vins de table.

Avec une grande gueule vorace qui cache parfois un simple sourire de chiot, il avait par exemple attaqué sans raison Juliette Binoche, pour la juger totalement surestimée et sans intérêt... avant de lui donner la réplique dans Un beau soleil intérieur quelques années plus tard, dans une scène très douce.

C'est avec ça en tête que Vincent Lindon a eu envie d'aborder son collègue dans une interview avec So Film, pour user de la même franchise.

 

photo, Vincent LindonMéfiez-vous du Lindon qui dort

 

Vincent Lindon a rencontré Gérard Depardieu en 1979 sur Mon oncle d'Amérique, d'Alain Resnais. À l'époque, Lindon n'est personne, et n'est même pas acteur : il fait ses premiers pas sur les plateaux du côté des costumes. Ce qui lui a permis de découvrir le monstre sacré :

"C’est la première fois que je voyais Depardieu en vrai. Et le matin, quand j’arrivais, il me disait, 'la voilà ma saloperie'. Je passais mon temps à aller chercher des choses pour lui. Ça m'a frappé de voir cet ogre, ce personnage. Je pensais que tous les acteurs étaient comme ça, que c'était ça le métier." (...)

J’en ai un peu marre que tout le monde dise tout le temps du bien de Gérard Depardieu parce qu’il en dit peu des autres. Lui, il déchiquette un peu tout le monde tout le temps."

Il a peut-être oublié Sophie Marceau, qui avait parlé de son expérience pas très agréable avec Depardieu, sur Police de Maurice Pialat.

 

photoExpiation

 

Ceux qui suivent la saga Depardieu se souviennent que Vincent Lindon parle régulièrement de l'acteur mythique. Il a souvent clamé son amour pour lui, tout en parlant du caractère démesuré du personnage, à tous les niveaux. Un respect pour l'artiste et un gros doute sur l'être humain, en somme.

Sur une note plus cinéma, Vincent Lindon a au moins un projet immanquable à l'horizon : Titane, le nouveau film de Julia Ducournau (Grave), une mystérieuse histoire de meurtres en série, de père endeuillé et de jeune femme inquiétante.

commentaires

Sisi
10/10/2020 à 12:12

C'est un gros dégueulasse

claudy
24/09/2020 à 13:34

Mwaiman. Quelle connerie, chacun dans la vie a plus ou moins le choix même s'il ne s'en rend pas toujours compte entre plusieurs destinées. Gégé a parlé de nombreuses fois, parce qu'on lui demandait, de son enfance et du fait que le théâtre et le cinéma l'ont orienté vers une meilleurs voie que celle qu'ii aurait pu suivre s'il avait continué à être laissé à lui-même. Où est donc le problème maintenant. Félicitations pour avoir emprunté cette voie qui fut magistrale dans son cas!

KastorLindon
24/09/2020 à 07:22

Les films sociaux sont par définition dans le parti pris Puisque en général sous le couvert de la vertue ils ne présentent qu’un seul point de vue et jugent ou appellent le spectateur à juger
Ceci nous amène au second point
Vincent Lindon utilise sa position d’acteur talentueux pour envoyer des messages nécessitant à minima discussion ce qu’il ne fait pas
Est ce un comportement plus respectable que l’attitude nihiliste de Depardieu ?
Ça mérite discussion

Brady
24/09/2020 à 01:20

Je suis d'accord avec Tim. Et si on se permet de faire un parallèle entre les deux acteurs, Depardieu à tourné dans quelques grands films, mais il a aussi tourné beaucoup de navets (il a tourné un film avec Kev Adams dernièrement, c'est dire le niveau...), ce qui n'est pas du tout le cas de Lindon qui choisit très bien ses rôles, tournant plus rarement que Depardieu, mais choisissant ses films avec soin.
@alaindubourgdubrin. Je ne vois aucune propagande dans les films tournés par Lindon, il s'est fait une spécialité des films sociaux, si vous pensez que le social, c'est de la propagande : et bien il vous manque sérieusement une case.

Tim
23/09/2020 à 22:38

@amainbougrainducon

N'oublions pas que Depardieu, petite putain qui va tourner dans des Z et vendre son âme contre des réductions d'impôts, a fait fort en matière de propagande et népotisme.

C'est quoi Greencard.
C'est quoi Julie ?
C'est quoi le boiteux dégueu qui devait sa carrière à papa.

Alaindubourgdubrin
23/09/2020 à 21:36

Totalement d'accord avec Danydan
Au passage, n'oublions pas que Vincent Lindon a joué dans des films propagandistes.
Un film avec Sigourney Weaver "Escort Girl".

Eddie Felson
23/09/2020 à 21:29

Le talent n’excuse rien!
Beaucoup l’oubli ici.

Simon Riaux - Rédaction
23/09/2020 à 21:25

@fedor85

Le sujet du népotisme est passionnant, mais il se heurte à plusieurs écueils.

Le premier, notre subjectivité à tous. Vous évoquez Lindon, mais en matière de népotisme, le clan Depardieu constitue un exemple autrement plus frappant.
Ensuite, qu'est-ce qu'on comptabilise ? Il y a les "fils et filles de" identifiés. Est-ce qu'on compte ceux et celles que vous ne voyez pas mais qui travaillent dans l'industrie, à des postes tout sauf dans la lumière... mais taffent, tout simplement.
Est-ce que le sujet est plus problématique que dans les autres domaines de notre existence où il s'expriment ? Du petit au grand patron, les descendants reprenant un business sont-ils traités de la même manière et frappés d'indignité ? C'est une question (à laquelle je n'ai pas de réponses satisfaisante).
Enfin, et c'est un embryon de piste de réflexion, le cinéma propose peut-être une réponse intéressante à cette question. Je dis bien peut-être. Faire un film coûte cher. C'est risqué. Que des descendants aient des accès facilités, c'est une évidence, mais est-ce qu'on maintient en place un fils ou une fille de qui fait mal son taf ? On doit pouvoir trouver des contre-exemples mais je ne suis pas sûr que ce soit si systémique que ça.

Et pour être un auvergnat arrive à Paris à peu près autant que Wolverine dans une soirée vegan, c'est un sujet auquel je suis sensible.

fedor85
23/09/2020 à 21:00

ce genre d'histoire je m'en fous, par contre, j'aimerais bien demander à monsieur Lindon ce qu'il pense du népotisme?

Quand on voit sa fille de 20 ans, mettre en scène un film qu'elle a du écrire et en jouer le premier rôle, j'ai du mal a croire qu'elle n'ai pas eu de passe droit. Le film en question c'est seize printemps. Regarder la BA, moi ça m'a fait penser au doutage des inconnus.

D'ailleurs un petit article sur le népotisme dans le ciné Français peut être sympa

Mwaiman
23/09/2020 à 20:43

Tout le public dit du mal sur lui si ça le réconforte, par contre déjà entendu dire par des réa sur france inter, dont celui de cyrano, que si le gégé n'avait pas été acteur, il aurait certainement finit en prison vu son comportement.

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