Films

Stuart Gordon, réalisateur culte de Re-animator et Fortress, nous a quitté

Par Mathieu Jaborska
25 mars 2020
MAJ : 26 mars 2020
16 commentaires
photo, Jeffrey Combs

Ce mercedi 25 mars, le petit monde de la série B perd un de ses maîtres. Mentor d’une plétore de fans d’horreur, Stuart Gordon s’est éteint.

C’est la famille de l’artiste qui l’a annoncé à Variety. Agé de 72 ans, il est décédé mardi dernier dans la nuit. Il laisse derrière lui une filmographie démente, ayant marqué une génération de cinéphiles déviants (ou pas), dont l’auteur de ces lignes avoue humblement faire partie. L’oeuvre de Gordon a influencé tout un pan de pop-culture, que ce soit via le cinéma d’horreur, son genre de prédilection, via des films de science-fiction ou même grâce à une célèbre fresque familiale.

 

photo, Jeffrey CombsJeffrey Combs, irrésistible dans Re-Animator

 

Avant de se mettre au cinéma, il était un homme de théâtre, fondant par exemple l’Organic Theatre Compagny, à l’origine de la pièce Bleacher BumsDès qu’il rencontre la pellicule, le nouveau réalisateur accouche de 2 chef-d’oeuvres adaptés de H.P. LovecraftRe-Animator et From beyond – Aux portes de l’au-delà. Le premier, issu d’une des moins lovecraftiennes des nouvelles de l’auteur, est devenu depuis une oeuvre culte, à la fois horrifique et drôle, une de ces icônes de la série B que tout le monde connait sans forcément avoir eu la chance de se plonger dans l’expérience.

Le deuxième n’a pas connu la même postérité, alors qu’il remettait en scène l’acteur fétiche du cinéaste, Jeffrey Combs, un autre grand nom de l’industrie. Pourtant, il mérite largement d’être reconsidéré : 2 ans avant Hellraiser – Le pacte, il magnifie déjà tous les thèmes chers à Clive Barker, mélant body-horror organique traumatisante et exploration d’une sexualté sans limites. La trilogie d’adaptations de Lovecraft sera cloturée en 2001 avec Dagon. A ce jour, Gordon reste l’un des seuls cinéastes à avoir su rendre l’univers du génie littéraire américain sur grand écran.

 

photoFrom Beyond et ses effets spéciaux spectaculaires

 

En 1987, il s’est attaqué au sous-genre du film de poupée maléfique, avec succès. Dolls est probablement un des meilleurs essais de sa catégorie, considérant les jouets comme une sorte d’armée venue corrompre toute forme d’innocence. Par la suite, le cinéaste s’est plongé dans la science-fiction, avec les Gladiateurs de l’apocalypse et bien sûr Fortress, une des séries B d’anticipation les plus divertissantes jamais réalisées, avec le grand Christophe Lambert en prime. Un régal.

Cependant, il n’oublie jamais ses premières amours horrifiques avec une interprétation très noire de la nouvelle Le Puit et le pendule de Edgar Allan Poe, Castle freak et dans une moindre mesure King of the ants. En tant que scénariste, il se fait connaître auprès du public familial en lançant le film culte Chérie, j’ai rétreci les gosses, un des plus gros succès de Disney de l’époque. Indémodable, le résultat enchante encore les gosses du monde entier. Pas mal, pour un fan de Lovecraft.

 

photo chéri, j'ai rétréci les gossesChéri, j’ai rétréci les gosses

 

Dernièrement, il s’était illustré grâce à des sympathiques épisodes de Masters of Horror, titre qu’il n’a pas usurpé, ou encore le drame Edmond et le thriller Stuck – Instinct de survie. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’Ecran Large l’avait rencontré, pour un entretien dont nous ne sommes pas peu fiers. Alors que les fameuses portes de l’au-delà s’ouvrent à lui, le revisionnage de certaines de ses oeuvres devient indispensable, histoire de se rappeller que ses talents de réalisateur et de scénariste ont largement profité à cette dimension.

 

photo

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ComprendsPas

Quelle tristesse. Revu Re-Animator dernièrement et ce film est toujours aussi efficace.
RIP Mr Gordon.

Stivostine

72 ans c’est trop jeune, je l’avais vu pendant le festival de cannes présentant son reanimator cinéma star salle 2 : du gros délire !!!

Ray Peterson

Dolls m’avait traumatisé jeune surtout quand l’un des personnages se transforme en polichinelle.
Cette bosse au front qui gonfle !!!! A la revoyure ce film est tellement malin et drôle en fait.
A noter aussi qu’il avait co-signé avec son grand collaborateur Brian Yuzna les scénarios des films « The Dentist ». RIP Maestro.

Jason Taverner

Mince, très triste qu’il soit décédé. J’avais revu Re-Animator il y a quelques jours d’ailleurs.
Mais concernant Dagon, je trouve que c’est l’un de ces meilleurs films et il y a des échos très mais très étrange avec Resident Evil 4.

darkpopsoundz

En hommage au monsieur je vais me refaire mon film préféré du monde Re-Animator pour la 9254ème fois depuis que je l’ai vu à sa sortie dans une salle bondée et hystérique!